Comment partager les responsabilités avec les métiers

Arrivée du web 2.0 et de nouveaux terminaux intelligents en entreprise, cloud computing et Saas… Les bouleversements technologiques et organisationnels ne manquent pas. L'occasion, pour le DSI, de reprendre la main sur le terrain de l'innovation, à condition de se donner de la marge sur le plan budgétaire.
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Les années à venir s'annoncent passionnantes pour les DSI. Depuis la bulle internet et les grands chantiers de l'euro et de l'an 2000, le secteur informatique n'avait pas connu autant d'ébullition et de défis à relever. Le DSI doit déjà reprendre la main sur le terrain de l'innovation. Menée par Capgemini Consulting, l'enquête Global CIO Survey 2008 montre un décalage entre le rôle important de l'informatique pour concevoir des offres et des solutions innovantes, et le peu d'influence des DSI sur ce sujet.

Et si l'innovation a parfois déserté le monde de l'entreprise, pourquoi ne pas s'inspirer des usages du secteur grand public ? Après avoir surmonté les blocages sécuritaires, le web 2.0 (blogs, wikis, flux RSS, réseaux sociaux…) commence à pénétrer la sphère professionnelle. Selon le cabinet d'études Forrester, les investissements dans ces technologies devraient atteindre 4,6 milliards de dollars d'ici à 2013, à raison d'une croissance annuelle de 43 %. Autre apport du grand public : la vague des micro-ordinateurs ultraportables à bas coût, avec en chef de file l'EeePC d'Asus, et de la dernière génération de smartphones de type iPhone.

Consacrer de 2 à 3 % des dépenses courantes à l'innovation

Ces terminaux intelligents sonnent le glas du PC de papa. D'autant qu'aujourd'hui, un navigateur et une connexion haut débit suffisent pour accéder aux applications disponibles en ligne, dites en mode Saas (Software as a service). Ce qui renvoie au concept d'entreprise étendue. Selon l'étude de Capgemini Consulting, “ de plus en plus, les systèmes d'information ne dépendent plus du lieu d'activité ou de l'entreprise. Ils “ s'externalisent ”, de telle sorte que les informations et services deviennent utilisables par n'importe quelle personne ou n'importe quelle machine, à l'intérieur ou à l'extérieur de l'organisation. ”

Face à ces changements technologiques mais aussi organisationnels, le DSI n'aura d'autre choix que d'accompagner le mouvement s'il ne veut pas être court-circuité. D'autant qu'une nouvelle génération d'individus fait son entrée sur le marché du travail, à savoir la fameuse Génération Y, qui a grandi avec une Playstation dans les mains. Ces “ digital natives ” savent configurer leur messagerie ou créer un wiki sans faire appel au service informatique.

Mais pour s'engager sur la voie de l'innovation, encore faut-il disposer du budget ad hoc. Or, la tendance est, dans le meilleur des cas, à une légère augmentation. Comment, dès lors, à budget constant, dégager de la marge financière pour les nouveaux projets ? Selon BIT Group, 70 % du budget du DSI sont consacrés aux dépenses récurrentes (maintenance, exploitation ou mises à niveau). Pour inverser le ratio d'ici à 2020, il faudrait, selon le cabinet d'analystes, basculer, chaque année, de 2 à 3 % de ces dépenses vers l'innovation, et ce pendant quinze ans. Plusieurs leviers sont possibles, parmi lesquels figurent l'open source, la virtualisation, l'industrialisation des processus (Itil, CMMi, Cobit…), ou encore la mise en place d'architectures orientées services (SOA).

Autre piste pour dégager de la marge de manœuvre : l'externalisation. Avec la difficulté de placer le curseur au bon endroit. Quelles activités externaliser ? Quelle part réserver à l'offshore ? Comme le montre l'étude de Capgemini Consulting, les DSI évoluant dans les entreprises les plus innovantes sont davantage portés sur l'externalisation. L'écart n'est toutefois pas très sensible par rapport à l'ensemble des DSI interrogés.

Les DSI innovants externalisent davantage

Selon cette étude, 43 % des DSI qui évoluent dans les entreprises les plus innovantes à recourent l'externalisation.

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