Yves Languepin (Eyeka) : “ Ruby on Rails est un framework rapide, flexible et sûr ”

En choisissant le framework web libre pour sa plate-forme multimédia, le DSI d'Eyeka est sorti des sentiers battus. Il en tire aujourd'hui les bénéfices.
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Pourquoi avoir fait le choix peu commun de Ruby on Rails pour vos développements ?

Yves Languepin : Ce framework propose différents niveaux de validation du code au cours de chacune des étapes : développement, test et production. Pour une entreprise comme la nôtre, dont l'activité repose entièrement sur un site internet, cette méthode est un gage de sécurité.

Mais vos critères de choix n'ont pas été uniquement technologiques…

YL : Je n'avais pas d'expérience Ruby, pas plus que l'équipe que nous avons embauchée. En choisissant un nouveau framework, nous avons créé une cohésion, appris à travailler autrement et à nous défaire de nos méthodes habituelles. Ce fut une source de motivation pour les développeurs. Et l'occasion de se remettre en cause. Je sortais de quinze années de pratique des outils Microsoft. Il était temps de regarder ailleurs.

Vous étiez lassé du développement façon Microsoft ?

YL : Non. On peut faire du bon travail avec leurs outils. Mais nous voulions disposer du code source. Lors de ma collaboration avec Microsoft, j'ai souvent dû recourir à des consultants aux tarifs de prestations élevés. Dans le cas de Ruby on Rails, nous nous sommes entourés de quelques experts de chez Nuxos qui nous ont guidés pas à pas. Et pour des coûts plus intéressants.

La collaboration avec Ruby semble bien se passer. Cela a-t-il toujours été le cas ?

YL : Reconnaissons que les débuts furent plus difficiles. Pour choisir l'hébergeur, d'abord. Peu d'entre eux connaissent l'environnement Rails. Pour nous adapter ensuite. Nous avions besoin de temps avant de tirer pleinement parti de l'outil, notamment pour tout ce qui concerne l'écriture de tests. Si vous ne passez pas par cette phase d'écriture ce qui est possible-vous passez à côté des avantages natifs du framework et vous perdez tout l'intérêt de Ruby on Rails. Il a donc fallu pousser nos équipes à l'utiliser en suivant bien les directives. Quant aux ingénieurs réseau, ils ont aussi dû passer du temps pour bien maîtriser le déploiement. Enfin, nous avons rencontré quelques soucis lors du passage à la deuxième version de Rails. Certains éléments ont alors été réécrits. Mais avec le recul, je m'aperçois qu'il y a eu plus de peur que de mal, puisque tout cela ne nous a pris qu'une semaine.

Pensez-vous que ce framework présente aujourd'hui moins de risques ?

YL : Tout à fait. Au départ, il n'y avait pas de grosse plate-forme de production utilisant Ruby et donc aucun retour d'expérience, particulièrement sur sa tenue en charge. En outre, la communauté autour de Ruby on Rails était réduite. Ce qui nous a fait hésiter. Aujourd'hui, le risque est plus faible. Cette technologie a gagné en visibilité, grâce aux articles parus dans la presse et aux prises de positions assez favorables d'éditeurs comme Apple, Sun ou Oracle. Ce n'était pas le cas il y a deux ans. Aujourd'hui, si vous rencontrez un problème, vous trouverez toujours des moyens pour le corriger. La communauté, très active, travaille sur tous les aspects du framework, dont la performance et la simplification du déploiement en production. Il n'y a pas de langage qui surpasse les autres, mais en ce qui concerne la partie développement, Ruby on Rails est rapide et flexible. C'est incontestablement un très bon framework.

Bio express

50 ans. Obtient son diplôme de l'Ensam en 1981 et démarre une carrière de journaliste.
En 1984, il fonde Ivao, sa société de développement.
En 1994, il revend Ivao à France Telecom et devient directeur du développement de la filiale VTCom/Computer Channel.
En 2000, il rejoint Chateauonline.com en tant que directeur.
En 2006, il devient DSI d'Eyeka.

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