XBRL prêt à investir les places boursières
La bourse américaine devrait adopter le langage XBRL pour le reporting financier. Son homologue français traîne un peu les pieds, mais les entreprises hexagonales pourraient être amenées à s'y intéresser.
01 Informatique
le 12/06/2008 à 00h00
Les faits
L'autorité boursière américaine a lancé une consultation sur l'usage du langage XBRL par les sociétés cotées. Le parlement européen, lui, a incité la commission européenne à publier une feuille de route pour l'introduction de XBRL dans le reporting financier.
L'analyse
La SEC (Security Exchange Commission) déclare vouloir obliger les 500 plus grosses entreprises cotées aux Etats-Unis (chiffre d'affaires supérieur à 5 milliards de dollars) à transmettre leurs rapports financiers en s'appuyant sur la norme XBRL. Ce dérivé de XML permet d'extraire plus rapidement et de manière automatisée l'information financière contenue dans ces rapports, facilitant ainsi la tâche des régulateurs et des analystes. Si cette première phase se déroule correctement, la SEC prévoit d'étendre la mesure à toutes les sociétés cotées qu'elle contrôle, d'ici à 2010. Et donc de l'appliquer à certaines entreprises françaises cotées aux Etats-Unis, comme Dassault Systèmes.
De ce côté de l'Atlantique, la dynamique est européenne : le Parlement a demandé à la commission européenne de se pencher sur le sujet. Mais en France, les chantres du XBRL regrettent les atermoiements de l'Autorité des marchés financiers (AMF), qui tarde à se prononcer. “ Une communication sur la thématique XBRL devrait intervenir à la fin juin ”, précise-t-on à l'AMF.
Les logiciels sont prêts
Associé au sein du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers et membre du bureau de l'association XBRL France, Bruno Tesnière juge que “ la France perd du temps par rapport au marché américain ”. Pourtant, certains éditeurs de logiciels fournissent déjà des outils de reporting prenant en compte le format XBRL. En France, Invoke propose ses logiciels FAS et son tableur Imagine, adapté à la norme. Hyperion et Cartesis prennent également en charge le langage XBRL dans leurs outils respectifs.
Les décisions prises par les différentes bourses obligeront ou non les entreprises à transmettre leurs informations financières via XBRL. Ce qui, au premier abord, représente une contrainte. Mais pour ses défenseurs, ce langage structuré constitue un atout s'il est utilisé au moment de la production de l'information financière. XBRL pourrait alors faciliter et accélérer le reporting financier, notamment pour les entreprises dotées de nombreuses filiales.