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Logica : les impacts du plan en France en trois points

Si la SSII limite la casse sociale en France, le plan de relance annoncé par le nouveau PDG du groupe modifiera en profondeur la physionomie de l'ex-Unilog.
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Les faits

Le 7 mai dernier, Logica présentait la déclinaison, en France, du plan de réorganisation annoncé deux semaines plus tôt par Andy Green, le nouveau PDG du groupe britannique de services informatiques.

L'analyse

1. Monter en puissance dans l'offshore

Alors qu'Unilog pêchait par la faiblesse de ses ressources dans les pays à moindre coût, Logica France met les bouchées doubles. La filiale se fixe comme objectif de faire appel à plus de 1 000 collaborateurs en offshore courant 2009, dans le cadre de prestations réalisées pour des entreprises françaises. “ Actuellement, ces services sont assurés par 300 personnes au Maroc et par quelques dizaines en Inde ”, précise Patrick Guimbal, président de Logica France.

Ce renforcement de l'offshore conduit à un repositionnement des centres de services en province. Ces sites, situés à Bordeaux, Lyon, Grenoble ou Amiens, se recentreront sur les prestations de proximité de front office, et moins sur le développement pur et dur. Présentées fin 2007, les prévisions de recrutement ambitieuses – 2 000 personnes sur cinq centres d'ici à fin 2009, contre 600 en 2007 – sont donc revues à la baisse. Hubert Macone, délégué syndical CGT, évoque même un gel total des embauches dans ces centres. Selon lui, “ Logica abandonne la prestation traditionnelle qui ne rapporte pas assez, pour les grands contrats incluant un volet offshore, au risque de faire fuir les clients de taille plus modeste ”.

2. Réduire les coûts

Pas de plan social, mais des suppressions de postes qui se concrétiseront par un non-renouvellement des CDD et un non-remplacement des départs naturels. “ Quelques dizaines de postes sont concernés dans les fonctions centrales telles que la comptabilité ou la paie, annonce Patrick Guimbal. Certains processus administratifs seront automatisés pour partie, quand d'autres pourront donner lieu à un traitement offshore. ”

Nous serions donc loin des 180 suppressions de postes annoncées dans un premier temps par la CFE CGC. Le syndicat appliquait alors le ratio de 2 % des effectifs hors Royaume-Uni évoqué par Andy Green, le nouveau PDG du groupe. Par ailleurs, cette réduction d'effectifs ne remettrait pas en cause le prévisionnel de recrutement de 2008, fixé à 2 000 embauches. En ce qui concerne la rationalisation des locaux, l'un des trois sites parisiens sera libéré. Il s'agit de celui situé rue de Châteaudun, dans le IXe arrondissement. Son personnel rejoindra la tour Reflets à La Défense.

3. Se conformer à la culture du groupe

Andy Green l'a pointé du doigt. Une des faiblesses du groupe concerne l'absence de processus et d'outils unifiés. Il s'agit donc de parachever l'intégration d'Unilog et de WM-data, acquis en 2005 et 2006. Il convient de raisonner “ groupe ”, en adoptant une marque – Logica – et des valeurs communes. Pour Hubert Macone, de la CGT, la nouvelle direction “ a choisi de déployer, en France, la machine à perdre Logica. En 2005, Unilog réalisait 60 millions d'euros de bénéfice avec 6 500 employés, contre 5 millions de perte pour LogicaCMG en France, avec 1 500 salariés. ”

Pour le syndicaliste, le succès d'Unilog reposait sur une forte autonomie des responsables de business unit. “ Des baronnies en quelque sorte, mais qui permettaient de coller aux spécificités locales et de suivre les collaborateurs au plus près. Le taux d'intercontrat était très bas. ” Un modèle remis en cause par “ l'hypercentralisation à l'anglo-saxonne ”.

Le départ précipité en juillet dernier de Didier Herrmann, “ défenseur du système Unilog ” face à Jim McKenna, alors dirigeant par intérim, a marqué un tournant. “ Il s'agissait d'un conflit de personnes dans un contexte de succession, se souvient Patrick Guimbal. Il y avait beaucoup d'affectif à cette période, mais pas d'opposition entre la France et le reste du groupe. ” Il se réjouit d'ailleurs qu'en retenant la marque Logica et non LogicaCMG, tous les pays ont dû changer en même temps. Y compris les Anglais.

Le plan de relance d'Andy Green

Accélérer le modèle global de livraison de services (blended delivery). Les effectifs en nearshore et offshore doivent plus que doubler d'ici à la fin 2009, pour atteindre 8 000 salariés.
Renforcer l'activité de conseil en France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Scandinavie, et en Allemagne. L'effectif passerait de 2 500 à 3 500 consultants d'ici à 2010.
Se concentrer sur les domaines porteurs tels que le test logiciel et les systèmes de paiement intelligents.
Réduire les coûts par une optimisation de l'informatique interne et du parc immobilier, une rationalisation des achats, et la suppression d'environ 1 300 postes sur les 39 000 du groupe.

40 ans d'une histoire qui s'accélère

1968 : création d'Unilog en France.
1969 : en fondation de Logica Grande-Bretagne.
2002 : la fusion de Logica et du Néerlandais CMG donne naissance à LogicaCMG.
2005 : LogicaCMG rachète Unilog.
2006 : LogicaCMG acquiert WM-data.
2007 : courant juillet, le conseil d'administration du groupe demande la démission de Didier Herrmann. Patrick Guimbal le remplace en octobre pour diriger la filiale française.
27 février 2008 : le nom Unilog disparaît au profit de Logica.
22 avril 2008 : nommé PDG du groupe en début d'année, Andy Green présente le plan Revitalising Logica.

2 questions à… : Patrick Guimbal, président de Logica France et responsable de l'activité consulting à l'échelle européenne

Quelle est la portée de ce plan ?

“ C'est un raccourci simpliste que d'associer réduction d'effectifs et délocalisation offshore. Non seulement il ne s'agit pas de la même nature de postes, mais ces mesures visent à donner une marge de manœuvre et à créer de la croissance sur investissement. L'impact de ce plan sera significatif dès 2009. ”

Quel est le poids de la France au sein du groupe ?

“ Nous sommes dans un groupe européen et non britannique. L'uniformisation ne se fait pas au détriment des spécificités nationales. Elle se surajoute de façon à offrir un cadre commun de travail. La France impose ses vues. Ainsi, nous avons influencé la réflexion sur le développement du conseil, en s'inspirant de la réussite d'Unilog Management. ”

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