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Après avoir acquis Neoware, HP a présenté une nouvelle gamme de clients légers portables. Le constructeur a plus que doublé ses investissements dans les terminaux ces 18 derniers mois. NEC, un des pionniers du secteur, et Wyse, spécialiste du client léger, viennent de livrer, eux, leur deuxième génération de machines portables sous Windows XP enfoui.
Cela ressemble à un PC portable. Ça fonctionne comme un PC portable. Mais c'est un terminal. Un client léger, comme on dit aujourd'hui. Depuis l'écran vert des 3270, le petit monde du terminal a beaucoup changé. Châssis d'ordinateur portable, autonomie de six heures, des Go de mémoire, processeurs de plusieurs GHz, accélérateur graphique, Wi-Fi, 3G+… On est loin du Network Computer totalement dépouillé. Plus surprenant, certains modèles sont carrément équipés de Windows XP. Ils peuvent donc exécuter des applications en local. Le terminal aurait-il perdu son âme, remplacé par de banals PC où l'on aurait oublié d'installer un disque dur ?
Pas du tout. Il s'agit toujours de clients légers purs et durs. Ils ont juste gagné en polyvalence. Jusqu'ici, la première motivation d'achat de ces machines était la réduction des coûts de gestion du poste micro. Aujourd'hui, c'est plutôt la sécurité des données qui séduit les directions informatiques. De même, la précédente génération de clients légers se cantonnait à des niches comme les centres d'appels ou des applications de type remplissage de formulaire. Aujourd'hui, la nouvelle remplace fièrement les PC portables classiques dans l'équipement des flottes commerciales. Que s'est-il passé ? Comment, en se changeant en portable, le terminal est-il devenu la première alternative au PC ?
Une raison principale explique à elle seule ce changement : l'arrivée de Windows XP enfoui. Le système de Microsoft a largement changé la donne. Les clients légers fonctionnent en général sous Linux, Windows CE ou des systèmes propriétaires. Problème, si l'on souhaitait y connecter un lecteur de codes-barres ou de carte à puce, il fallait développer ses propres pilotes et gérer soi-même les transferts d'informations par le protocole écran clavier (ICA ou RDP). Au mieux, cela revenait très cher, au pire c'était impossible. Tout est beaucoup plus simple avec Windows XP enfoui. Rappelons qu'il s'agit du même XP que nous connaissons sur les PC de bureau, mais dans une version allégée des composants inutiles (jeux, utilitaires, etc.), et surtout, capable de démarrer depuis une mémoire Flash en lecture seule. Toutes les applications et les pilotes du marché sont donc pris en charge. Il suffit de les intégrer à l'image système du terminal, puis de flasher le tout dans sa mémoire interne.
Au final, l'ensemble fonctionne exactement comme un PC sous Windows. Que ce soit pour la gestion des accès Wi-Fi ou la navigation web avec Internet Explorer 6. Seule différence, le système de fichiers reste bloqué en lecture seule, bien protégé des virus et des bidouilles de l'utilisateur, tandis que la mémoire vive locale, elle, sert de cache.
Cette capacité à installer des pilotes du marché a dopé le développement de clients légers portables et de modèles destinés aux industriels. Les premiers peuvent facilement adopter les cartes réseau Wi-Fi ou 3G du marché. Quant aux seconds, ils gomment le surcoût de l'installation de périphériques (une douchette code-barres, par exemple). Dans les deux cas, le terminal offre un avantage de taille par rapport à un PC traditionnel : il est beaucoup plus fiable sans disque dur, ni ventilateur, ni lecteur optique. A noter qu'en plus des pilotes, rien n'empêche la direction informatique d'installer en local des applications comme Acrobat Reader, Windows Media Player, Java, un client RPV voire, pourquoi pas, une suite bureautique complète si la mémoire le permet.
Reste que, en général, ce Windows XP enfoui n'est utilisé que pour lancer un client Citrix, Microsoft Terminal Server ou des applications web. Mais cette polyvalence accrue ouvre les clients légers portables à des marchés jusqu'ici réservés aux PC portables : experts ou courtiers en assurances, commerciaux de terrain en grande distribution ou gestionnaires de stock en entrepôt, par exemple.
Un industriel du textile y a même trouvé un moyen de faire passer la pilule du client léger. Jusqu'ici, il se heurtait à la défiance des utilisateurs, qui acceptaient mal d'échanger “ leur ” PC par un “ bête ” terminal. “ Mais quand, je leur ai proposé un portable à la place de leur PC de bureau, personne n'a protesté ”, explique-t-il. On les comprend : posséder un portable, fusse-t-il un terminal, est toujours plus valorisant. D'autant que, à l'usage, il fonctionne exactement comme un PC classique : les documents stockés sur une clé USB se consultent sans connexion réseau, quant aux applications de l'entreprise, elles sont accessibles même depuis la Box ADSL de la maison. Sauf que, cette fois, les enfants ne risquent plus de corrompre l'image système.
Mieux, le responsable informatique conserve un contrôle total. “ Imaginez qu'un gestionnaire financier pris dans un traquenard, avec un pistolet sur la tempe, explique Pascal Ozanne, directeur Marketing chez Citrix. Notre contrôle d'accès détectera qu'il se connecte hors du pare-feu, et il sera redirigé vers une version dégradée de l'application qui limite le montant de certaines transactions. ” La sécurité a ainsi bondi en tête des critères lors du remplacement d'un PC par un client léger. Selon une étude alarmante publiée par McAfee et Datamonitor, la valeur des informations stockées sur les PC portables se chiffrait entre un et cinq millions d'euros en 2007. Sans disque dur ni données locales, ces terminaux portables apparaissent donc comme la solution ultime pour éviter d'exposer des informations sensibles.
Reste un problème non résolu par ces nouveaux appareils : celui du coût. L'investissement de départ reste encore difficile à avaler, avec des clients vendus au prix de PC portables de milieu de gamme. C'est d'autant plus incompréhensible que leurs spécifications rappellent celles des EEE PC vendus moins 300 euros TTC. S'ajoute à cela le coût de l'infrastructure serveur et réseau à mettre en place pour gérer ces terminaux. Et, surtout, le prix des licences logicielles, qui atteint parfois des sommets (en moyenne 25 % de la facture globale, selon le Gartner). Dommage, les produits avaient évolué dans le bon sens. Aux tarifs de suivre maintenant.
Les dernières versions du protocole écran-clavier (ICA) de Citrix transportent tout type de signal (USB, téléphone, périphérique série, etc.). Elles gérent même de multiples écrans sur le terminal. Beaucoup de clients légers disposent aussi d'un accélérateur graphique local. Le protocole compresse les données pour offrir un affichage vidéo fluide même sur une liaison à faible débit.
“ Notre activité nous amène à manipuler des données sensibles comme le dossier médical des patients. La sécurité est donc essentielle, d'autant que nos collaborateurs sont souvent sur le terrain. Dès le départ, nous avons opté pour une architecture où les applications sont accessibles via Terminal Server. A l'origine, les équipes disposaient de PC de poche Psion. Ils se connectaient via une carte GPRS au site central pour obtenir des informations pratiques sur les patients et envoyer leurs comptes rendus. Les technologies évoluant, nous avons décidé de passer à autre chose. Après avoir évalué des Tablet PC (trop chers) et des portables classiques, nous avons opté pour des terminaux portables NEC équipés de cartes 3G+. Ce qui m'a séduit, c'est l'absence de disque dur. Il s'agit d'un élément très fragile, qui peut coûter très cher en maintenance et en immobilisation. Enfin, sans disque ni données locales, la sécurité est totalement garantie. Nous avons bloqué le système de fichiers en lecture seule, verrouillé les ports USB, la copie d'écran et l'enregistrement sur disque externe. Il aurait été impossible d'en faire autant avec un Tablet PC ou un portable traditionnel. ”
“ Ce n'est plus PC contre terminal, mais PC avec terminal ”
“ Il existe aujourd'hui toute une série d'architectures client. Les PC virtuels hébergés sur des serveurs comme le proposent VMware et Citrix, les technologies plus classiques de télédiffusion d'applications…Toutes sont des alternatives au bon vieux PC lourd. Et dans bien des cas, ces technologies gagnent à être exploitées les unes en complément des autres. ”
“ Le client léger portable a un bel avenir ”
“ Il y a encore quelques années, ces machines étaient considérées comme des Ovnis. Avec l'avènement de la mobilité et les déploiements des réseaux 3G, ils ouvrent de nouvelles perspectives. Chaque constructeur se doit d'en avoir à son catalogue. Ils dynamisent le marché. Pour l'instant, les modèles portables représentent moins de 3 % des ventes des terminaux, mais ce chiffre va quadrupler. ”
















