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Capwap, l'interopérabilité Wi-Fi dont personne ne veut
Destiné à connecter bornes d'accès et contrôleurs multimarques, le protocole Capwap est dans sa dernière phase de normalisation. Mais, pour l'instant, personne ne sait vraiment à quoi il va servir.
Gilbert Kallenborn,
01net., le 04/06/2008 à 14h20
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Dans l'univers du Wi-Fi professionnel, les architectures contrôleurs / points d'accès sont devenues la règle. Lorsqu'une entreprise décide de s'équiper, elle est obligée d'acheter tous les composants auprès du même
fournisseur, car il n'existe pas d'interopérabilité entre points d'accès et contrôleurs de marques différentes.
Il y a quelques années, l'organisme de normalisation IETF (Internet Engineering Task Force) a décidé de combler ce manque. Il a créé un groupe de travail pour créer un protocole universel :
Capwap
(Configuration and Provisioning of Wireless Access Points). Après un appel à contribution auprès des fournisseurs, c'est finalement le protocole
LWAPP d'Airespace (racheté par Cisco) qui a servi de base pour son élaboration.
Un service minimum non suffisant
Aujourd'hui, le protocole Capwap est presque terminé. Une demande de publication de la norme a été faite en avril dernier.
« La version finale sera donc disponible avant un an. Nous n'allons pas tarder à le rendre
disponible sur nos équipements »,
estime Vincent Blavet, consultant chez Cisco France. Une fois disponible, ce protocole permettra de combiner librement des points d'accès à des contrôleurs, même de marques différentes. Exit
donc le verrouillage des marques ?
Pas si simple. Selon l'avis des fournisseurs et intégrateur interrogés, Capwap ne permettra de fournir que des services minimum, comme l'association des points d'accès ou le transport des données. Les services de gestion avancés comme
la surveillance de l'environnement radio ou l'adaptation de la puissance d'émission en fonction du nombre d'utilisateurs ne seraient pas pris en compte. Or c'est justement ces services qui font la différence et qui intéressent les
entreprises.
Dans ces conditions, une société qui décide d'équiper son site en Wi-Fi ne va certainement pas choisir des contrôleurs et des points d'accès différents.
« Chez les entreprises, il n'y a pas de demande particulière
pour un protocole d'interopérabilité. En effet, l'hétérogénéité rend plus difficile l'administration et le diagnostic en cas de panne »,
explique Laurent Lepage, chef de projet mobilité chez l'intégrateur Bluesafe.
Capwap sera utile dans certains cas précis
Chez le constructeur Wi-Fi Trapèze, on est également dubitatif.
« L'interopérabilité est un but louable, mais qui ne prendra son sens qu'avec des tests. Le succès du marché du Wi-Fi vient de la Wi-Fi Alliance qui
a testé l'interopérabilité entre les terminaux clients et le réseau. Il faudrait refaire la même chose pour Capwap »,
explique Olivier Carbonneaux, directeur commercial de Trapèze Network France.
En l'absence de services avancés et de tests certifiants, il est probable que, dans un premier temps, l'utilité de Capwap ne se fera sentir que pour certains cas d'application, comme la reprise d'un parc ou le respect de conditions
environnementales (des points d'accès anti-explosifs pour l'industrie de la chimie par exemple).
Capwap risque donc d'avoir les mêmes problèmes que le protocole de téléphonie SIP dont l'adoption a été freinée par le manque de services avancés.