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Saas : les choix techniques des éditeurs divergent

Si, pour certains éditeurs, un logiciel commercialisé en mode Software as a Service (Saas) doit être multitenant, d'autres estiment cette architecture peu adaptée à leurs produits et misent sur la virtualisation.
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Les faits

L'éditeur nord-américain Lawson, qui avait fusionné avec le Suédois Intentia, vient de lancer Strategic Human Capital Management, un progiciel de gestion des ressources humaines. Cette offre n'est pour l'instant disponible qu'en mode Software as a Service.

L'analyse

Derrière l'acronyme marketing Saas se cachent des réalités techniques différentes. S'il s'agit, dans tous les cas, d'applications accessibles en ligne contre un loyer locatif, l'architecture n'est pas toujours la même. Pour certains éditeurs, seules les applications multitenants relèvent vraiment du Software as a Service : celles-ci ne présentent qu'une seule base de données et qu'une seule instance logicielle, disposant chacune d'une interface personnalisée, et accessibles par de nombreux utilisateurs de sociétés différentes. Salesforce.com fait partie des hérauts de cette technologie. Ce choix technique permet de mutualiser les serveurs d'exploitation de l'éditeur ou de l'hébergeur, de réduire ainsi les coûts et de se montrer plus compétitifs.

Pourtant, pour son logiciel de gestion des ressources humaines Human Capital Management (HCM), l'éditeur américain Lawson a préféré l'approche monotenant. “ L'architecture multitenant peut très bien convenir à une société comme Salesforce.com, qui a choisi l'application la plus facilement mutualisable ”, juge Harry Debes, directeur général de Lawson. Mais elle ne peut convenir, selon lui, à des logiciels plus complexes tels que le progiciel de gestion intégré ou la gestion des ressources humaines, “ car le besoin de personnalisation des entreprises est beaucoup plus important pour ce type d'applications ”, poursuit le directeur technique de Lawson Dean Hager.

Infor réécrit ses PGI

Pour que son offre en ligne HCM bénéficie néanmoins de certains avantages de la mutualisation, et faire baisser ainsi les coûts, Lawson parie sur la virtualisation. “ HCM tourne sur des serveurs virtualisés, hébergés par IBM sur des System p. Nous mutualisons ainsi les ressources matérielles. Pour le logiciel, il n'y a que deux versions possibles : celle en exploitation, et celle en développement ”, précise Dean Hager. Cela simplifie la maintenance pour l'éditeur, qui n'a pas à prendre en charge de versions obsolètes.

Pour son cœur de métier, le PGI, Lawson n'envisage pas d'offre Saas. Au contraire de certains de ses concurrents, comme Cegid, qui s'appuie sur une architecture multitenant. Quant à Infor, qui dispose de nombreux progiciels, il redéveloppe une partie de ces applicatifs pour les rendre multitenants. Une volonté stratégique qui, techniquement, ne va pas forcément de soi : “ Cette récriture n'est pas évidente. Elle peut impliquer de refondre toute l'architecture, et nous savons que cela sera trop complexe pour certains de nos produits ”, reconnaît le directeur général d'Infor, Jim Schaper.

Trois types d'architectures

Le choix monotenant ou multitenant n'est en réalité pas si tranché, des architectures intermédiaires peuvent exister :
Instance commune, base de données et tables communes. Pas d'étanchéité logique native entre les données de différents utilisateurs : elle doit être programmée.
Instance commune, base de données commune, tables de données séparées. Permet de réduire les coûts en conservant une certaine étanchéité logique entre les données.
Instance commune, bases de données séparées. Pour assurer la sécurité des données.

2 questions à… : Francis Weill, directeur des services managés chez l'hébergeur Colt

Les architectures multitenants sont-elles majoritaires chez vous ?

“ Non. Nous travaillons avec de nombreux éditeurs, dont certains très petits. Mais même parmi les plus importants d'entre eux, seuls deux proposent une architecture réellement mutualisée. Or c'est là le grand intérêt du mode Saas, la mutualisation de toutes les couches de l'infrastructure et du logiciel. ”

Comment expliquez-vous cette faible quantité ?

“ Récrire ses applications pour les rendre mutualisables demande un important effort de recherche et développement. Or, nombre d'éditeurs n'ont pas eu les moyens ou le temps nécessaires pour cela. Cela devrait venir progressivement. ”

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