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Les négociations annuelles obligatoires (NAO) ont débouché sur des augmentations salariales jugées insuffisantes par les syndicats au regard des bons résultats enregistrés par les SSII et les éditeurs. Cela a d'ores et déjà entraîné des débrayages chez Business Objects et Altran Sud-Ouest.
Alors que l'année 2008 démarre sous de bons auspices pour les SSII et les éditeurs, le ciel s'assombrit sur le front social. A cela deux raisons. La première porte sur les plans de restructuration qui, en dépit de la bonne conjoncture, se multiplient. Des plans le plus souvent consécutifs à des fusions-acquisitions. Après Peoplesoft et Siebel, Oracle en est à son huitième plan social avec le rachat de Hyperion. Selon la CFDT (Confédération française démocratique du travail), l'éditeur prévoit de supprimer 34 postes dans l'Hexagone, dont plus de la moitié concerne du personnel affecté à la gestion administrative et financière. Son délégué syndical, Franck Pramotton, redoute une “ réplique ” avec l'acquisition de BEA. Les fonctions de support seraient, une fois de plus, prises pour cible. Manque de dynamisme commercial, productivité insuffisante, frais de structure excessifs… Team Partners, lui, avoue avoir mal digéré le rachat de Datem, intervenu en novembre 2006. Avec, pour corollaire, une réduction des effectifs de 150 personnes plus d'un an après.
La deuxième ombre au tableau porte sur les augmentations salariales. Au tournant de l'année, elles n'ont pas été à la hauteur des espérances. Depuis la sortie de crise, en 2003, l'effet de rattrapage se fait attendre. Ce qui entraîne des mouvements d'humeur. Depuis décembre, des salariés d'Altran Sud-Ouest mènent une grève à la japonaise sur les sites de leurs clients, avec soit port de brassard, soit de bandeau autour de la tête. Ils débraient aussi pendant une heure deux fois par semaine, tandis qu'une pétition circule en ligne. Leur objectif : obtenir, entre autres, une prime de fin d'année et une participation aux bénéfices.
C'est parce qu'ils ont été privés de participation et d'intéressement que plus de 150 salariés de Business Objects, selon la CGT (Confédération générale du travail), ont débrayé deux heures le 22 février devant le siège, à Levallois-Perret. Une première pour l'éditeur ! Des grèves qui en appellent peut-être d'autres, notamment chez et Atos Origin et Capgemini.
Pour Gilbert Caillat, délégué syndical FO (Force ouvrière) chez Capgemini, le relèvement des minima conventionnels intervenu en milieu d'année dernière en faveur des plus bas salaires a eu paradoxalement un effet négatif : “ Capgemini a pris ces augmentations, qui ne sont en fait qu'un rattrapage à peine suffisant, sur l'enveloppe destinée à la masse salariale. Ce qui laissait bien peu pour les augmentations individuelles. ” Actuellement en phase de consultation des salariés, l'intersyndicale pourrait réclamer une augmentation générale de 6 % hors relèvement conventionnel pour compenser “ la perte du pouvoir d'achat depuis trois ans ”.
Même bras de fer chez Atos Origin. La CFDT dénonce une individualisation de la politique de rémunération de la SSII pour 2008. La masse salariale progressera de 2,5 %, dont seulement 0,086 % dédié à une augmentation générale. Cette annonce intervient alors qu'Atos Origin mène depuis avril un plan de redéploiement de 700 salariés de son activité intégration de systèmes. Une partie de ces employés franciliens devait rejoindre les centres de services de province, et une autre être affectée à des postes “ lus en adéquation avec les besoins du marché ”. Un temps retoqué par la justice, ce plan dit “ des 700 ” devrait déboucher, selon le site Miroir Social, à plus de 460 départs volontaires d'ici à juin. Ce qui n'était pas, a priori, le but premier de la manœuvre.
Grève à la japonaise depuis décembre. Débrayages, pétition pour obtenir, entre autres, une prime de fin d'année et une participation aux bénéfices.
Protestation contre l'individualisation de la politique salariale 2008, plan de redéploiement de 700 salariés pour l'activité intégration.
Débrayage afin de protester contre la suppression des primes d'intéressement et de participation.
Constitution d'une intersyndicale pour réclamer une augmentation générale substantielle.
















