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SSII
Logica veut expliquer à ses salariés comment bien travailler avec l'Inde
La SSII, qui axe son développement sur le sous-continent, met en place un programme de formation pour ses salariés français.
Sandrine Chicaud,
01net., le 03/06/2008 à 10h50
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A la fin d'avril dernier,
Logica
a clairement annoncé son intention d'augmenter ses effectifs dans les pays à bas coût, ce qui suscite d'ailleurs quelques
inquiétudes du côté des salariés. Fort de 39 000 personnes réparties dans 36 pays (dont 9 000 collaborateurs en France), le groupe de services informatiques compte faire du développement de l'utilisation des centres
de services
offshore
un axe stratégique et, pour cela, passer de 2 500 à 9 000 salariés en Inde.
Pour accompagner cette ouverture, Logica a décidé de proposer des formations à ses collaborateurs, en partenariat avec
Akteos,
un spécialiste du management interculturel. Il a ainsi organisé à Paris une conférence - ouverte aux salariés mais aussi à d'autres professionnels - sur ce thème, pour leur
en donner un avant-goût...
Stéphane Roche, consultant chez Akteos, spécialiste de l'Inde, a rappelé d'emblée que les entreprises avaient trop tendance à rapporter les problèmes qu'elles rencontraient avec les Indiens à des différences culturelles.
« Il faut,
conseille-t-il,
se demander si ces difficultés n'existeraient pas dans une filiale à Clermont-Ferrand. Outre l'aspect interculturel, il est aussi question, en effet, d'organisation et de
processus. »
Lorsque l'on démarre une activité
offshore,
le plus dur est justement d'être confronté à ces processus.
Ne pas imposer ses outils
C'est ce que confirme Jean-Marie Barret, directeur de mission
outsourcing
chez Logica, responsable d'un contrat global d'
offshore
pour un grand compte de la chimie française :
« Il y a une période de transition importante où il faut réussir à adapter nos processus - notamment en tenant compte de leur niveau de certification CMMI - et mettre en place les bons outils de gestion
de projet, par exemple, sans chercher à imposer les nôtres. »
« L'autre difficulté est de respecter les procédures d'escalade qui consistent à savoir vers quelles personnes il faut se tourner dans le
cadre d'un projet. Chaque niveau hiérarchique chez eux est très précis. Il faut donc les connaître parfaitement »,
souligne-t-il.
Au quotidien, les Français doivent - pour résumer - laisser leur arrogance de côté et remettre en question leurs habitudes. En matière d'accueil, ils peuvent même faire profil bas.
« J'ai
fait venir un manager indien en France, je lui ai réservé un hôtel, et nous avons dîné ensemble au restaurant,
raconte Alexandra Byr, directrice de projet
outsourcing
chez Logica.
Mais, lorsque je suis
allée en Inde, il m'a invitée dans sa famille tous les soirs, il m'a amenée voir un spectacle traditionnel, sa tante est venue m'aider à mettre un sari...
»
Les Indiens cloisonnent moins leurs relations professionnelles
et privées et sont généralement plus dans l'affectif que les Français.
D'ailleurs, parler un peu trop directement avec un Indien peut être complètement déconcertant pour lui. Il faut donc s'arranger pour qu'un retour négatif soit perçu positivement !
« Beaucoup d'Indiens ont une soif d'apprendre sans commune mesure avec celle des Européens »
Jean-Louis Simoneau, président d'Omega Hightech et spécialiste de l'
outsourcing
en Inde, nous donne son point de vue :
« Il y a en Inde une très forte aspiration à la consommation : 230 millions d'Indiens ont des téléphones portables, près de la moitié de la population a moins de 20 ans.
Beaucoup d'Indiens ont une terrible envie d'apprendre, sans commune mesure avec la motivation des collaborateurs européens, par exemple.
Mais attention : les entreprises françaises ne doivent pas espérer diviser par six le coût de leur main d'oeuvre là-bas. Les cadres supérieurs, par exemple, deviennent quasiment aussi chers qu'en
Europe. »
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