si les sondages lui était comptés
de
parti pirate
, posté le 02 juin 2008 à 17h22
Christine Albanel, Ministre de la culture, se félicite de ce que, sondage à l'appui, '74 % des Français sont favorables au projet de loi anti-piratage et 90 % indiquent qu'ils arrêteraient de télécharger après deux avertissements'.
Diantre!!!!
En y regardant de plus près, on constate que c'est d'une part la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques) qui a commandé le questionnaire à l'institut IPSOS et que, selon Sébastien Delahaye, 'près de 80 % des sondés n'ont jamais téléchargé de contenu illégal'.
Les grands-mères de ces messieurs auraient-elles été mises à contribution?
Face à ces données qui en laissent plus d'un perplexe, on imagine aisément les questions: 'Préférez vous que l'on suspende votre abonnement internet ou que l'on vous envoie en prison pour trois ans avec trois cent mille euros d'amende ?' et autres couleuvres circonstancielles.
Si l'on ne peut que remettre en question le sérieux de ce sondage, qu'il devienne l'ultime béquille de Christine Albanel, envers et contre les avis négatifs des instances françaises (CNIL, ASIC, ARCEP...) et européennes qui ont dernièrement dénoncé sa disproportion, est en soi significatif.
En matière de matraquage propagandiste, de Dadvsi à Hadopi, l'industrie musicale n'aura pas ménagé ses efforts et peu lui importe si les chiffres qu'elle assène depuis quelques années sont démentis régulièrement.
Ainsi, pour n'en citer que quelques uns :
En 2006, L'Institut de Criminologie Australienne annonce que les chiffres sur le piratage mis en avant par l'industrie du disque et du logiciel seraient 'absurdes [...], invérifiés et scientifiquement douteux' puisque que pour atteindre les 361 millions de dollars de perte, il aurait fallut acheter tous les morceaux à leur prix maximal, ce qui est aussi illogique qu'impossible (fluctuation des prix, promotions, achats par lots, Internet...).
En 2008, c'est la MPAA (production cinématographique aux Etats-Unis) qui doit revoir ses chiffres à la baisse. Alors que sa précédente étude chiffrait à 44% les pertes de l'industrie du film, directement imputables aux étudiants américains, (collèges et universités) elle corrigera deux années plus tard en indiquant que son chiffrage était érroné et que les pertes n'étaient que de 15%.
Tous ces chiffres ne sont enfin pas objectifs et ils ne prennent pas en compte l'ensemble des facteurs comme les nombreuses taxes créées pour l'occasion (taxes sur les supports vierges, sur les DVD et CD, les lecteurs, les baladeurs, les téléphones, etc).
L'industrie musicale veut par principe limiter la copie. Ses dirigeants évitent donc de parler de ces sommes. L'explication est simple : 'la vente de disques physiques rapporte davantage au producteur, alors que l'auteur touche davantage en copie privée' explique Christophe Espern, cofondateur de EUCD.info, une filiale française de la Free software foundation (FSF).
Avec la loi de Riposte Graduée, (en Conseil des ministres le 11 juin et cet été au Sénat) c'est un important pourcentage d'internautes qui verra son accès Internet bloqué et plus grave encore, sa ligne téléphonique amputée dans le cas des offres triple-play, avec l'obligation de continuer à payer l'abonnement initial souscrit auprès du FAI.
Difficile avec ça pour le gouvernement de nous vendre ses Assises du Numérique et leur Internet innovant, accessible à tous et luttant contre l'exclusion sociale...
Droits d'auteurs obligent, on téléchargera ou on téléphonera au Samu, à son employeur, à ses proches, il faudra désormais choisir!
Non qu'une possibilité de ligne téléphonique préservée lui donnerait un surplus de légalité à défaut de légitimité, mais là, on atteint des sommets que l'on croyait déjà avoir allègrement franchi avec DADVSI.
Sondages ou pas, aucune loi ne palliera la détestation grandissante que ces lobbies inspirent, en sciant frénétiquement la branche sur laquelle ils sont assis, c'est même tout l'inverse.
Il est plus que jamais urgent de rappeler que la culture, le divertissement et même la Princesse de Clèves, ne sont pas des données variables et ajustables au porte-feuilles de quelques uns et que l'on ne fera pas porter aux internautes le chapeau de la scandaleuse redistribution des revenus de ces industries, pas plus du reste que le désintérêt criant de ce gouvernement pour la chose culturelle.
La désertion annoncée des réseaux P2P ne remplira pas comme de bien attendu, les rayons de l'industrie du disque ni les caisses des majors et les mélomanes, les lecteurs, les cinéphiles, bref les pillards, n'ont plus envie de renflouer ce conglomérat malfaisant qui les harcèle, les maltraite et s'engraisse sur le dos des auteurs qu'il prétend défendre.
Tiens, on nous annonce, sondage à l'appui, qu'à la parution de ce billet, 125% des français nous soutiennent.

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on aura tout vu
de
insoumis75
, posté le 09 avril 2009 à 14h34
Ce Marc Guez me fait bcp rire,il ose meme parler de "1984" de Orwell,doit on lui rappeler dans quelle monde nous vivons?ce n'est pas parce qu'une majorité de francais ne se rend plus compte des atteintes a nos libertés,que l'on doit oublier que nous vivons dans des démocraties aux relents de facisme!demandez vous si ces lois profitent aux artistes ou aux majors et a l'etat,qui continue a taxer le cinema et la musique comme une vulgaire marchandise(19,6%) et non comme la littérature a 5,5%!Demandez vous pourquoi les jeunes téléchargent et aussi a qui profitent ces lois liberticide (j'insiste!!!)

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