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Le retour de l'extension soviétique

En Russie et en Ukraine, le cybersquatting reste un phénomène endémique. Cette forme de piratage s'étend aux noms de domaine soviétiques toujours bien vivants, malgré la disparition de l'Union soviétique.
Jean-François Poussard (MailClub), 01net., le 22/05/2008 à 11h45
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Les entreprises intéressées par le marché russe doivent prendre en compte dans leur stratégie Web le choix de l'extension de leur nom de domaine. Si le .ru est incontestable, il connaît de nombreux cas de cybersquatting. Phénomène qui touche également le .su de l'ex Union soviétique et le limitrophe ukrainien .com.ua comme le démontre notre étude de cas sur dix grandes marques de luxe françaises.
13e extension mondiale, le .ru a passé le cap du million de noms de domaine depuis septembre 2007. Sa croissance exceptionnelle (+ 7 % au dernier classement mensuel 01net. / MailClub des enregistrements de noms de domaine) lui permet de compter plus de 1 400 000 noms de domaine. Ce phénomène s'explique par des conditions d'enregistrement ouvertes et des tarifs peu élevés.
Deux critères qui attirent les cybersquatteurs. Encore aujourd'hui, un hermes.ru ou un lancome.ru sont enregistrés par des cybersquatteurs. Pour les sociétés françaises positionnées sur ce marché, le .ru permet de mettre en valeur une version linguistique locale. C'est le cas de Chanel, Lacoste ou Dior, avec chanel.ru, lacoste.ru ou dior.ru. Longchamp ou Louis Vuitton ont préféré renvoyer leurs .ru vers leur page d'accueil monde. Notre étude est claire sur un point, tous les .ru concernant ces marques sont enregistrés, soit par les marques françaises elles-mêmes (60 %) soit par des cybersquatteurs (40 %).

Le .su ne veut pas mourir

Et le .su me direz-vous ? Souvenez-vous, il y a déjà un an, nous vous parlions de ces extensions vouées à disparaître. Le .su, vestige de feu l'URSS, ne voulait pas mourir et comptait 8 000 noms de domaine. Le condamné ne veut toujours pas passer l'arme à gauche et dénombre désormais 45 000 noms de domaine.
Ouvert à tous, au même tarif attractif que le .ru, il est devenu un symbole pour les nostalgiques de l'ancien régime. Son « exécution » a été reportée par l'Icann. On parle désormais d'un délai de 10 à 15 ans.
De quoi faire gonfler des statistiques d'enregistrement. Un projet de .su en caractères cyrilliques est même dans les tuyaux. Bref, le dépôt préventif en .su devient nécessaire pour les sociétés distribuant en Russie. Un boucheron.su est cybersquatté. Baccarat, Givenchy ou Lacoste ont leur .su pris par des tiers. 80 % des noms sont enregistrés. Aucun par les marques françaises !

L'Ukraine et son .com.ua

Il est rare que les sociétés distribuant en Russie, ne regardent pas également du côté de Kiev. Le voisin ukrainien compte deux extensions naturelles (.com.ua et .ua), dont la première écrase largement l'autre en termes de dépôts. Seulement 1,3 % des noms de domaine ukrainiens sont des .ua, réservés aux marques enregistrées avec un droit au nom strict.
Peu de marques françaises sont déposées en .ua (30 %). Lacoste détient et utilise lacoste.ua quand chanel.ua est lui parqué sur des liens sponsorisés.
Notre étude a constaté des dépôts plus importants en .com.ua (70 %), même si seul Chanel utilise son chanel.com.ua. Ouvert aux sociétés du monde entier, le .com.ua compte 100 000 noms de domaine, devant le .kiev.ua (55 000), le .org.ua (55 000 également) ou le .net.ua (15 000). Bref, le .com.ua n'est pas à négliger. Lacoste.com.ua vous le confirmera !
Chronique publiée en partenariat avec le MailClub.
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