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Caractère : Avec l'annonce de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques nationales, où les reports des investissements publicitaires vont-ils se faire ?
Pierre Marty : En 2007, les investissements publicitaires pour France Télévisions s'élèvent à 1 043 millions d'euros. Les reports de budgets vont se faire sur les chaînes privées TF1 et M6, mais également sur les chaînes de la TNT. En 2007, les chaînes de la TNT ont représenté 6 % des investissements publicitaires du média TV et ont un fort potentiel de développement. Enfin, ce report de budget pourra se faire également sur les autres médias.
C. : La montée en puissance des gratuits ne perturbe-t-elle pas les investissements publicitaires dans la presse ? Quelle est la part des gratuits dans votre échantillon ?
P. M. : Nous mesurons la presse gratuite d'information (quotidiens et magazines) depuis 2003. En 2007, ce segment de presse représente 8 % des investissements publicitaires du média presse, tous segments confondus. Il accroît son activité publicitaire de 30 % et atteint 612 millions d'euros en 2007. C'est l'unique segment de presse à progresser à la fois en volume et en valeur. Les quotidiens gratuits sont très actifs. Nous avons assisté, en 2007, à l'arrivée de Direct Matin Plus et au développement d'un réseau national. Le titre 20 minutes est le quotidien gratuit d'information le plus dynamique de l'année 2007.
C. : Comment se comporte la presse, entre imprimé et Internet. Et quel est le modèle qui séduit les annonceurs ?
P. M. : Bien qu'étant toujours le média qui génère le plus d'investissements publicitaires, la part de marché de la presse passe de 32,8 à 31,6 % entre 2006 et 2007.
C. : Quelles sont les raisons de ce léger effritement du poids de la presse au sein du marché plurimédia ?
P. M. : Au-delà de la montée en puissance du média Internet et malgré un nombre d'annonceurs croissant, la presse observe un taux de présence en repli : 85 % en 2006 contre 83 % en 2007. Le média se fait de moins en moins attrayant, le poids du média dans les investissements publicitaires des annonceurs présents en presse perd 1 point (33,9 à 32,9 %). La presse doit donc s'adapter au marché, optimiser sa présence sur Internet, voire se diversifier sur le mobile par du contenu, des petites annonces. En 2007, Internet est le média qui enregistre la plus forte progression en nombre d'annonceurs par rapport aux autres médias nationaux. Le référencement d'Internet est plus important qu'en radio et deux fois plus important qu'en télévision. La presse reste cependant le média avec le taux de référencement le plus élevé. En 2007, la presse magazine a enregistré 12 964 annonceurs (en progression de 3,5 % par rapport à 2006), et Internet, 3 339 annonceurs (+56,2 %).
C. : Que pouvez-vous nous dire de l'évolution du marché publicitaire ?
P. M. : Il est en pleine mutation. Tout d'abord, parce que tout est devenu support publicitaire : les Smart, les pizzas, les taxis ou encore, plus récemment, les trottoirs qui se transforment en supports de communication. Les médias tactiques sont arrivés. Aujourd'hui, la publicité s'exprime sur tous supports. Cette publicité est désormais multiforme. On constate une fragmentation des médias : un média ne fait plus corps avec son support d'origine. On écoute la radio sur Internet ou en podcast. On regarde la télévision sur son téléphone mobile. La presse est, elle aussi, en pleine mutation avec le kiosque numérique ou encore le papier électronique.
C. : Du côté de l'affichage extérieur, les panneaux sont de plus en plus grands, la publicité se dissémine dans la ville, mais vous annoncez que ce média a souffert en 2007 ?
P. M. : Ainsi que notre bilan complet des investissements publicitaires plurimédias « Une Année de pub 2007 » l'a mis en évidence, le média qui a le plus souffert est la radio. Il est le seul à avoir enregistré une baisse de ses investissements publicitaires. La publicité extérieure est, quant à elle, en progression de 2,6 % par rapport à 2006. En revanche, c'est un média qui a effectivement souffert du désengagement des distributeurs au profit de la télévision. Toutefois, le nouveau règlement local de la publicité prévoit une diminution de la publicité dans l'espace urbain avec notamment une réduction du nombre total de panneaux d'ici à deux ans, en 4 x 3 comme en affichettes. Une diminution qui aura un impact sur la part de marché de ce média dans les années qui viennent.
C. : Pouvez-vous faire quelques commentaires sur le média courrier ?
P. M. : Le média courrier est un média important. Sur les neuf mois de mesure en 2007, ce média a représenté 1,4 milliard d'euros, c'est-à-dire 7,3 % des investissements publicitaires bruts tous secteurs. L'encombrement publicitaire est limité : en moyenne ; un foyer a reçu douze documents publicitaires par semaine, soit trois documents adressés et neuf non adressés. Cela représente en moyenne deux documents reçus par jour ouvrable. Une large palette d'annonceurs - 4 479 annonceurs actifs -, ainsi que les analyses que nous conduisons permettent de constater que le média courrier est bel et bien ancré dans l'univers plurimédia. En effet, 57 % des annonceurs de ce média ont aussi utilisé au moins un autre support et, dans le même temps, ces annonceurs ont pesé pour 88 % des recettes du courrier.
C. : Allons-nous de plus en plus vers des publicités personnalisées et de nouveaux modes à inventer ?
P. M. : Oui. Désormais, à travers la téléphonie mobile, on peut s'adresser à un public précis, à une cible définie avec l'envoi de SMS ou de MMS. Le mobile crée des communautés qui permettent aux annonceurs de toucher un public ciblé. Sur Internet, on remarque le lancement de nouvelles offres de ciblage comportemental, avec la diffusion de campagnes en fonction des profils individualisés des internautes, comme c'est le cas avec la nouvelle offre Yahoo!. En ce qui concerne les codes-barres, les antennes RFID ou les connexions téléphoniques à partir des zones imprimées sur les publicités, nous n'avons pas de données sur le sujet. Et, même si ces formes de publicité tendent à se développer, elles restent encore marginales. Certains secteurs et/ou annonceurs en sont plus utilisateurs que d'autres.
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L'invité |
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Pierre Marty, au sein de TNS Media Intelligence, dirige le pôle Investissements publicitaires. Il anime une équipe d'experts qui ont une connaissance approfondie des marchés. S'appuyant sur une trentaine d'années de connaissance, les membres de son équipe peuvent offrir une analyse exhaustive des investissements publicitaires dans tous les médias. Ainsi, le service de veille des investissements publicitaires explore l'ensemble des supports de communication : publicité extérieure, Internet, cinéma, médias tactiques, nouveaux canaux, etc. Pierre Marty offre ainsi des outils d'évaluation, et pratique une analyse croisée ou dédiée afin d'offrir aux annonceurs comme à la presse une vision sectorielle pointue. |
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L'entreprise : le groupe TNS est installé sur le marché mondial de l'information |
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Depuis trente-cinq ans, le groupe international collecte et analyse l'information, au sein du pôle TNS Media Intelligence, pour conduire des analyses sur les investissements publicitaires. Le groupe s'appuie sur une large couverture des médias. En ce qui concerne la presse écrite, l'équipe remonte les informations de 750 titres de presse quotidienne nationale et régionale, des magazines, de la presse professionnelle et de la presse gratuite d'information. Au total, plus de 1 500 supports, suppléments et hors séries sont examinés. Du côté de la radio, |
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TNS réunit les données de 19 stations nationales et de 16 stations en Île-de-France. Pour ce qui est de la télévision, TNS entre les investissements concernant les six chaînes nationales, les 90 chaînes du câble, du satellite et de la TNT, ainsi que France 3 Régions. En matière de la publicité extérieure, 15 afficheurs grand format (mobilier urbain, transports piétons et points de vente) fournissent leurs données. Du côté du cinéma, deux régies nationales sont prises en compte. Quant à Internet, 36 régies, soit près de 350 sites FAI, moteurs et sites éditoriaux sont mesurés en relation avec l'IAB. Les médias tactiques et de proximité sont eux aussi comptabilisés grâce à un panel de régies. Enfin, le média courrier (qu'il soit adressé ou non) est analysé en partenariat avec le groupe La Poste. L'analyse de ces données a ainsi mis en évidence que la presse a souffert de l'ouverture des écrans TV à la grande distribution. Certains titres de la presse féminine et magazine ont été arrêtés comme Top Famille et 20 ans. |
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