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emploi
Le malaise persiste dans les services informatiques
1 500 collaborateurs d'IBM et 200 d'EDS sont en grève aujourd'hui en France, selon les syndicats. Les premiers dénoncent la politique salariale ; les seconds, l'absurdité du plan social.
Sandrine Chicaud,
01net., le 20/05/2008 à 17h10
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Encore une fois, c'est la grogne dans les services informatiques de grands groupes qui fait la Une de l'actualité. Après les
grèves à répétition de Capgemini,
c'est à nouveau au tour d'IBM et d'EDS d'être confrontés à des mouvements de grève. Chez le constructeur informatique, des
salariés italiens
s'étaient mobilisés
il y a déjà quelques mois, sur Second Life, pour obtenir une revalorisation de leurs salaires. Ils avaient
d'ailleurs obtenu gain de cause.
« IBM n'a pas connu une telle mobilisation sur les salaires depuis dix ans »
Aujourd'hui, c'est en France que pas moins de 1 500 personnes issues des différents établissements d'IBM (Montpellier, Lyon, etc.), dont plus de 600 sur Paris, se sont mis en grève pour défendre leurs salaires.
« Chez IBM, c'est comme chez l'Oréal, il n'existe pas une culture syndicale forte et une habitude d'aller dans l'action. Mais aujourd'hui, force est de constater que le personnel dit stop. Il y a déjà eu des mobilisations lors
des plans sociaux mais pour les salaires IBM n'a jamais connu une telle mobilisation depuis dix ans »,
affirme Gérard Chameau, délégué syndical central CFDT d'IBM.
En mars, la direction a annulé la réunion annuelle obligatoire sur les salaires. Après avoir été sommée de convenir d'une nouvelle date par l'inspection du travail, elle l'a reportée au 28 mai 2008. L'intersyndicale compte donc
faire pression sur la direction avant cette date.
Au coeur de ses revendications, un retour aux augmentations générales - avec une hausse de plus de 4,5 % pour tout le monde - et une dénonciation de l'individualisation des salaires
« poussée à l'extrême avec des différences qui peuvent aller jusqu'à 120 % entre un salaire minimum et maximum pour un même coefficient »,
peut-on lire dans le
tract de la CFDT.
Enfin, selon Gérard Chameau,
« IBM, l'an dernier, a distribué en stock options 9,5 % de la masse salariale à 16 % du personnel. Il
serait donc légitime,
explique-t-il,
qu'aujourd'hui, elle distribue à l'ensemble des salariés le fruit de leur travail ».
Grand ménage après le rachat par HP
Du côté d'EDS, le climat social s'est aussi dégradé. Après avoir clamé haut et fort leurs revendications salariales, lors d'
actions de
débrayage en avril dernier,
200 salariés (source syndicale) se sont mobilisés aujourd'hui devant le siège d'EDS France à Nanterre, pour stopper le plan social. Celui-ci prévoit notamment la fermeture de trois sites (Freyming, Lingolsheim
et Villeneuve d'Ascq), avec à la clé, près de 80 suppressions d'emplois.
L'annonce récente d'une future
acquisition d'EDS par HP
a envenimé la situation.
« Le rachat devrait être formalisé au cours du deuxième
semestre 2008 et il risque d'être précédé par un grand "ménage" parmi les activités d'EDS, suivi d'un autre quand HP aura fixé la nouvelle stratégie »,
argumente Jean-Paul Garagnon, délégué syndical
Centrale Sud EDS.
Ce matin, la réunion du CE sur le plan social a été suspendue durant quelques heures, sur demande des délégués du personnel, au motif que le rachat par HP est un nouvel élément à prendre en compte.
Que ce soit chez IBM ou chez EDS, une chose est sûre : avant la prochaine réunion avec leurs directions respectives, - prévue le 3 juin 2008, chez EDS -, un rapport de force s'est instauré avec les
salariés.
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