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application Web
Amazon, l'hébergeur « low cost » du Web 2.0
Le libraire du Net propose un service sur mesure pour les start-up, sans contrat et à la demande. Objectif : héberger sur ses propres serveurs, y compris en Europe, le prochain Google.
Jean-Baptiste Su, à San Francisco,
01net., le 14/05/2008 à 17h00
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« Nous produisons de l'électricité, pour que vous n'ayez pas à le faire. »
Non, ce n'est pas le nouveau slogan d'EDF mais celui d'Amazon ! Car, non content d'être l'un des plus grands
sites mondiaux de commerce électronique, Amazon a désormais l'ambition d'héberger les applications du Web 2.0 du futur.
Amazon partage son infrastructure avec le reste du monde
« Amazon Web Services (AWS) est un ensemble de services (stockage S3, processeur EC2, plate-forme de paiement...) accessibles à la demande par les applications déployées sur nos serveurs. AWS est
particulièrement attractif pour les start-up qui sont sur le point de lancer leurs applications sur le Net mais qui n'ont pas forcément l'expertise, le temps ou les moyens de construire leur propre centre de données pour répondre aux pics
d'utilisation »,
explique Werner Vogels, le directeur technique (CTO) d'Amazon.
Avec AWS, Amazon n'en est pas à son coup d'essai. En 2002, le libraire du Net avait ouvert la base de données de tous ses produits aux développeurs du Web. En contrepartie, les sites Internet devaient orienter les acheteurs potentiels
vers le site d'e-commerce, recevant au passage une petite commission. Cette première version d'AWS a connu un succès immédiat et a attiré plus de 200 000 développeurs en quatre ans.
« Maintenant que l'on sait
partager nos données, pourquoi ne pas aussi partager notre infrastructure avec tous ces développeurs, nous sommes-nous dit. Une infrastructure que nous avons mis des années à construire et à optimiser pour nos propres
sites »,
se souvient Werner Vogels.
AWS, une offre « low cost »
Mais ce n'est qu'en mars 2006 qu'Amazon lance sa première offre d'infrastructure Internet, avec le service de stockage en ligne S3 (Simple Storage Service).
« J'économise plus d'un million de dollars par an en
archivant nos téraoctets de photos les moins populaires sur S3, car cela revient moins cher que de les garder sur nos propres disques. En revanche, je garde les photos les plus demandées sur nos serveurs, car la bande passante de S3 nous coûterait
plus cher. AWS n'est pas idéal pour tout »,
explique Chris MacAskill, le PDG du site de photo Smugmug.
Environ six mois après S3, Amazon lance EC2 (Elastic Compute Cloud), un méga « cluster » de serveurs. Avec EC2, les développeurs paient environ 10 cents (de dollar) par heure pour l'utilisation d'une
« instance », qui n'est autre qu'un serveur virtuel Linux (RedHat, Ubuntu...) ou OpenSolaris (du type Intel Xeon ou AMD Opteron 32 bits) doté de 1,7 Go de mémoire vive et de 160 Go de disque dur. Associé
a EC2, Amazon propose aussi deux bases de données à la demande, SimpleDB et MySQL, un service de fil de messages (SQS) et deux offres de paiement, toujours à destination des développeurs : DevPay, pour facturer l'usage d'une application
AWS, et Flexible Payments Service (FPS), une plate-forme de paiement grand public semblable à Google Checkout ou à Paypal.
Cependant, malgré un prix très abordable et l'absence de contrat, certaines entreprises hésitent encore à faire le pas, notamment après les récentes coupures de service chez AWS, qui ont affecté des sites comme Twitter ou celui du
New York Times.
« Amazon n'offre toujours pas de qualité de service pour AWS. Donc, si on tombe en panne ou si le service ralentit, c'est pour notre pomme. AWS est peut-être intéressant pour un site
Web 2.0 grand public, mais il n'est pas assez fiable pour un site avec une clientèle entreprise »,
estime Ron Avignone, le PDG de Giva, un site de gestion de la relation client hébergé chez l'opérateur télécom
Verizon.
Tout AWS bientôt depuis l'Europe
Reste que les services Web d'Amazon ont le vent en poupe chez les start-up américaines, comme Twitter, Ooyala, Justin.tv ou l'éditeur vidéo Animoto, ainsi que chez les développeurs d'applications Facebook (Booze Mail, iLike, Family
Tree...). Plus de 400 000 développeurs ont déjà signé avec AWS, qui recevrait plus de 10 000 nouvelles inscriptions par mois.
« Pour une start-up, l'infrastructure grandit automatiquement avec le succès de l'application. Plus besoin de courir installer de nouveaux serveurs dans un centre de données dès qu'il y un pic de
trafic »,
ajoute le CTO d'Amazon.
En Europe, seul le service S3 est actuellement hébergé dans un centre de données d'Amazon de la région, avec un facturage en euros.
« Tous les services AWS sont accessibles aux développeurs européens
[depuis les serveurs américains, NDLR].
Après S3, nous avons l'intention de proposer prochainement nos autres services à partir de nos centres de données européens. Pour ce qui est des plates-formes de paiement, AWS est uniquement en
dollars, et les développeurs doivent avoir un compte bancaire aux Etats-Unis pour utiliser FPS. Toutefois, FPS accepte les cartes de crédit internationales »,
précise Kay Kinton, porte-parole d'Amazon.
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