Une offre d'emploi d'informaticien en Inde enflamme les esprits
L'annonce publiée sur le site de l'ANPE destinée à recruter un informaticien pour moins de 300 euros par mois à Pondichéry suscite une vive polémique dans les médias.
Ce week-end, le journal
Le Parisien
a trouvé une annonce, publiée sur le site de l'Anpe, qui propose, à
Pondichéry, en Inde, un poste d'informaticien bac+2 (« anglais courant, 40 heures hebdomadaires de travail, protection sociale et avantages à négocier »), spécialisé dans la conception de sites Internet... avec
une rémunération de 10 000 à 20 000 roupies par mois, soit environ 160 à 330 euros. L'offre a provoqué de vives réactions dans la presse
(Métro, Le Figaro,
etc.) et dans la blogosphère (Munci, etc.), qui
ont dénoncé les effets odieux de la mondialisation.
Aujourd'hui, lundi 5 mai, l'annonce en question a été réactualisée. A la rubrique salaire indicatif, figure désormais la mention « base salaire local ». Le nom de l'employeur n'est toujours pas rendu
public, néanmoins
l'Anpe
a livré, dans l'après-midi, quelques informations supplémentaires et, oh surprise, l'entreprise qui recrute serait une société de services informatiques indienne, créée par un Français.
Contrairement à ce qu'indique un article du
Journal du dimanche,
qui avance le nom de Hangar 17, une société française qui développerait des sites Web depuis Pondichéry.
Pourquoi cette SSII locale se tourne-t-elle vers l'étranger pour trouver des candidats bac+2 ? La question reste entière, mais il faut savoir qu'en Inde il existe un fort turn-over dans le secteur de l'informatique (près de
16 %), et les
SSII indiennes s'arrachent les ingénieurs.
Valoriser son CV, avant tout
Du côté de l'Anpe, Christian Charpy, son directeur, interrogé sur RTL s'est étonné de la polémique.
« Le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde,
a-t-il précisé.
Chacun est libre de faire ou non une expérience d'expatriation, et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas ».
Parmi les candidats qui scrutent des annonces à l'international, de nombreux jeunes diplômés sont tentés par une expérience à l'étranger.
« Elle constitue un tremplin et, de retour en France, ils peuvent demander
aux entreprises un salaire plus important que s'ils étaient restés travailler en France »,
précise-t-on à la direction de la communication de l'ANPE. Mieux vaut toutefois bien négocier son départ, s'informer sur le prix des
logements et obtenir de son employeur des garanties (les avantages sociaux, billet retour en cas de fin de période d'essai, par exemple).
Interview (1) de Jacqueline La Blanche, déléguée CFTC à l'ANPE :
Témoignage (1) de Valentin, franco-indien vivant à Paris, qui vient de louer sa maison de Pondichéry pour 320 euros :