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Une montée en puissance de l'offshore Pierre Hardoin et Boris Mathieux

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Cet article est extrait de : 01 Informatique

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Comment l'informatique bancaire s'industrialise

[ EXTERNALISATION ]
Une montée en puissance de l'offshore
Le secteur bancaire français tend davantage à conserver son informatique en interne que d'autres secteurs économiques. Le recours à des prestataires hors des frontières peut servir de levier à l'industrialisation des SI bancaires.

Pierre Hardoin et Boris Mathieux , 01 Informatique (n° 1946), le 30/04/2008 à 07h00

Y aller ou pas ? Au sein du groupe Crédit Agricole, la question de l'externalisation offshore d'une partie de l'informatique n'est toujours pas tranchée. Sa filiale Calyon a bien lancé un projet dans ce sens en 2007, mais le groupe cherche encore à « se faire une opinion sur le sujet » , confie Eric Baudson, responsable informatique de la banque d'investissement. Une réflexion qui reflète bien la situation du secteur, encore aux phases de projets pilotes en terme d'offshore. « Il n'y a pas une grande banque qui n'y réfléchisse pas » , assure Patrick Navarro, directeur de la branche finance de Logica. Pour Jean-Marc Deniau, associé d'Accenture en charge de l'activité externalisation pour les services financiers, « on cherche à obtenir des procédures plus automatisées. Cette vague a démarré en 2007 ». Un constat qui peut surprendre, mais jusqu'à présent, le secteur bancaire faisait traditionnellement moins appel à ce type d'externalisation que d'autres branches (industrie ou télécoms). Par exemple, l'offshore représente moins de 5 % de l'activité finance de Logica France.

Les raisons de décalage sont multiples. D'abord, il y a le frein culturel, qui incite à conserver l'informatique localement. Puis le frein social, notamment dans la banque de détail. Mais aussi des causes plus techniques : « La loi informatique et libertés pose des contraintes quant à l'utilisation hors d'Europe de données personnelles » , explique Patrick Navarro. Pour d'autres, ce problème est jugé comme mineur, pour peu que l'on rende anonyme ces données.

Une promesse d'économies

Ces réticences seraient en train d'être dépassées, selon les SSII interrogées. Il est vrai que la promesse de 15 à 40 % d'économie et la disponibilité de bassins d'emploi lointains peuvent tenter les responsables informatiques de banques. « La crise des subprimes déplace le problème : il s'agit maintenant de s'appuyer sur l'offshore pour faire baisser les coûts, plutôt que de gérer la croissance » , juge Jean-Marc Deniau. Enfin, dans le cadre d'une politique d'industrialisation du système d'information bancaire, « le recours à l'offshore peut représenter un levier d'action supplémentaire, même s'il ne se suffit pas à lui-même » , estime Bernard Lauquin, en charge du secteur banque-assurance chez IBM Global Services. Car opter pour l'offshore impose de s'y préparer en fournissant un travail préalable de rationalisation des procédures. « L'effort de formalisation est plus important que d'habitude. Il s'accompagne en outre d'un changement organisationnel » , avertit Yann Tréal, directeur de la branche finance d'Atos Origin.

De nombreuses applications transférables

Au cas où se concrétiseraient ces frémissements, les grands intégrateurs s'appuient déjà pour la plupart sur d'importantes ressources basées en Inde. Ils se sont également installés dans d'autres pays. Soit pour répondre au problème du décalage horaire (implantations au Pays de Galles, en République tchèque), soit pour dépasser la barrière de la langue (Maroc, Vietnam, Roumanie). Il faut également s'adapter aux spécificités de l'informatique bancaire qui s'appuie encore largement sur des programmes en Cobol ou en Java tournant sur de grands systèmes.

Atos Origina ainsi identifié en Arménie des compétences particulières en mainframe. D'ailleurs, il semblerait que les applications historiques sur mainframe soient tout autant transférables à l'offshore que les progiciels, qu'il s'agisse de développement technique ou de maintenance. Le projet de Calyon, mené avec Accenture et Capco, s'inscrit d'ailleurs dans ces deux directions. L'expérience satisfait pour l'instant Eric Baudson, qui compte « monter encore en puissance pour atteindre en 2010, 250 équivalents temps plein en offshore » . Soit environ 20 % des effectifs de l'informatique « marché de capitaux » de la banque.

À l'international, les banques de détail ont déjà franchi le pas

A l'échelle mondiale, 38 % des banques ont recours à l'offshore pour leur informatique pour le développement d'applications (85 %) et pour la maintenance (67 %), surtout avec l'Inde. Ces statistiques se sont appuyées sur une enquête réalisée auprès de 50 banques de détail dans le monde.





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