Un modèle éclaté
01 Informatique
le 24/04/2008 à 11h00
Et si Google était en train de faire tomber un nouveau pan de l’informatique d’entreprise dans le bain de l’externalisation. En effet, même si le géant américain s’en défend –“App Engine n’est pas encore taillé pour les entreprises”, ce sont tout demême elles, les premières concernées (voir p.10 et p.70). Développer une application web sans se soucier de l’infrastructure, de l’hébergement, de la gestion des serveurs ou d’une éventuelle montée en charge a de quoi séduire. Plus simple, plus rapide, bon marché. On a connu meilleur slogan pour ne rien vendre. La proposition de Google –mais aussi d’Amazon, de Salesforce, voire d’IBM ou de Microsoft – d’héberger sur leurs propres plates-formes les développements d’applications web de leurs clients risque de faire mouche. Une fois les premiers obstacles franchis tout du moins. Reste aux DSI à se convaincre eux-mêmes, à persuader leurs équipes, leur écosystème, et à démontrer aux directions métier l’opportunité d’héberger à l’extérieur le développement de leurs applications web. A défaut de cloud computing, on risque toutefois de sombrer dans le “ fog computing ”. Le DSI joue serré dans cette partie. Il doit montrer que, quel que soit le schéma type de l’organisation, il reste le maître de l’information. Il doit prouver qu’il reste capable de livrer et de faire fonctionner les nouveaux systèmes en temps et en heure. Qu’il assure la disponibilité des applications. Qu’il garantit le respect des budgets. Bref, qu’il respecte ses fondamentaux. C’est à lui qu’il revient de trouver les bons arguments pour expliquer qu’une partie de la valeur patrimoniale de l’entreprise, celle des actifs informatiques, va rejoindre ce que l’on appelle le capital immatériel du système d’information. Un capital qui, pour le coup, sera entreposé hors des murs de l’entreprise.
* rédacteur en chef de 01 Informatique