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marché
L'Insee regarde l'externalisation high-tech à la loupe
29 % des entreprises françaises font appel à la sous-traitance informatique. Très peu se fournissent à l'étranger.
Gilbert Kallenborn,
01net., le 18/04/2008 à 17h14
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L'Insee vient de publier une
étude
sur la pratique de la sous-traitance informatique en France en 2006, suite à une enquête réalisée auprès de 14 600 entreprises de plus de
dix salariés. Voici les principaux résultats.
Quelles entreprises font appel à l'externalisation informatique ?
En 2006, 29 % des entreprises françaises de plus de dix salariés sous-traitent une ou plusieurs fonctions informatiques. Cette pratique est d'autant plus courante que la société est grande (20 % pour les petites
entreprises contre 72 % pour les grandes), sans doute parce qu'il faut un minimum de structure interne pour effectuer ce type d'opération.
Certains secteurs sont plus demandeurs que d'autres. La sous-traitance se rencontre le plus fréquemment dans l'énergie (74 %) et la finance (69 %), où les besoins informatiques sont très importants. A l'inverse, les secteurs
de la construction ou des services aux particuliers s'intéressent le moins à ce type de prestations. L'appartenance à un groupe favorise également le recours à des services informatiques externes, dans un souci de mutualisation.
Quelles sont les fonctions sous-traitées ?
Développement, mise en oeuvre, support technique et administration sont des fonctions sous-traitées par plus de 78 % des entreprises françaises. A l'inverse, elles ne sont que 22 % à externaliser des fonctions de
management informatique (conseil, stratégie, plan directeur, e-business).
Ce résultat varie en fonction des secteurs. Les entreprises financières aiment bien sous-traiter le développement mais pas le support technique ou l'administration. Les entreprises du commerce n'hésitent pas à faire appel à des services
de management des TIC.
Où les entreprises achètent-elles ces services informatiques ?
95 % des entreprises qui sous-traitent font appel à des prestataires situés en France. Seuls 8 % se fournissent à l'étranger (7 % dans l'Union européenne et 3 % en dehors, certains utilisant l'un et l'autre). Ces
8 % correspondent à 2,2 % des entreprises françaises, qui ont finalement recours à des sociétés étrangères pour leur informatique.
Les secteurs qui font le plus appel à des services étrangers sont ceux qui connaissent bien l'informatique : SSII, opérateurs télécoms, R&D. Dans l'énergie, la finance, le commerce, la construction et l'immobilier, on préfère
acheter français.
Pourquoi les entreprises font-elles appel à la sous-traitance ?
Les entreprises sous-traitent car elles n'arrivent pas à recruter. 43 % des entreprises qui cherchent à embaucher des informaticiens éprouvent des difficultés. Parmi elles, 88 % citent comme obstacle le manque de postulants.
Les exigences salariales ne sont une difficulté que pour 45 % d'entre elles.
Celles qui sont le plus rebutées par l'aspect financier sont les grandes entreprises de l'audiovisuel, de la construction ou de l'informatique, peut-être particulièrement proches de leurs sous. C'est moins le cas, paradoxalement, pour
les entreprises financières.
Comment se situe la France par rapport à ses voisins européens ?
Les entreprises françaises n'aiment pas tellement sous-traiter. En moyenne, 44 % des entreprises européennes font appel à des prestataires informatiques. Avec un taux de 29 %, la France se situe en queue de classement, en
vingtième position sur vingt-sept. Les champions de la sous-traitance sont les pays nordiques (Danemark, Norvège, Finlande) où elle est pratiquée par plus de 70 % des entreprises.
Mais l'interprétation de ce classement est difficile, car les structures économiques (taille des entreprises, poids de certains secteurs...) varient fortement d'un pays à l'autre.