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marché
SSII et éditeurs gardent le sourire malgré la morosité ambiante
Croissance 2007 de 6,5 % et bonnes perspectives pour 2008, le marché des logiciels et des services est en forme selon le Syntec.
Stéphanie Renault,
01net., le 27/03/2008 à 17h30
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« Il y a un contraste majeur entre le moral des dirigeants de notre secteur et le pessimisme ambiant de l'industrie française, entre la crise financière et la demande client qui reste active »,
constate Jean Mounet, président du
Syntec informatique (1),
à la suite de l'étude des résultats du secteur des logiciels et des services en France. Et pour cause, en 2007, la croissance
moyenne du marché a été de plus de 6,5 %.
« 2007 a été une très bonne année
, assure Jean Mounet.
Et le premier trimestre 2008 est très bon ! »
Pour 2008, le Syntec table sur une croissance comprise entre 5 et 7 %,
« soit près de 3,5 fois plus que celle du PIB ! »,
assène le président. Le secteur des logiciels et
services est évalué à 40,2 milliards d'euros en 2007 et devrait être, selon les prévisions du Syntec, supérieur à 42 milliards d'euros à la fin de 2008.
+12 % pour l'embarqué
Parmi les secteurs qui marchent, le conseil en technologies a crû de 6,5 %. L'offshore a lui augmenté de 50 % en deux ans, passant de 2 à 4 % du marché. Enfin, du côté de l'édition de logiciels, l'embarqué a fait un bond
de 12 %, c'est le secteur le plus dynamique. La fourniture de logiciels en ligne,
Software as a Service
(SaaS), progresse de 15 %, mais sa valeur reste faible.
Pour la chambre professionnelle, cette bonne santé du secteur s'explique par l'existence de quatre puissants moteurs de croissance. Le premier est la remise à niveau nécessaire des entreprises à leur environnement économique, comme les
dérégulations dans le secteur de l'énergie ou la traçabilité dans l'agroalimentaire.
« Par exemple, le besoin de s'adapter à la réglementation existante. Pour une banque, 50 à 80 % de l'investissement informatique est
utilisé pour se mettre en conformité avec les réglementations »,
explique Jean Mounet.
Deuxième moteur, l'innovation des usages amenée par les entreprises. Tel le billet électronique, qui a permis aux compagnies aériennes de baisser leurs coûts de production des titres de transport tout en satisfaisant les usagers.
Troisième moteur, la rationalisation : fusions et acquisitions, optimisation du système informatique sont des points d'investissements importants pour les entreprises.
Enfin, l'externalisation des services ou des applications est le dernier des moteurs.
« Ces quatre moteurs sont sur des cycles différents : l'adaptation est indépendante des cycles économiques, tandis que
l'innovation est liée à une conjoncture économique favorable, etc. »,
détaille Jean Mounet.
Des profils difficiles à trouver
Quoi qu'il en soit, tout n'est pas rose dans le monde du Syntec informatique.
« La tension sur les talents est toujours présente, il reste difficile d'embaucher des ingénieurs de bon
niveau »,
affirme le président. Le secteur des logiciels et des services emploie plus de 350 000 personnes. Pour 2008, le Syntec estime le nombre de créations nettes d'emploi de 15 000 à 20 000, avec un
turnover de 10 %.
« Les salariés ne passent plus d'une entreprise du secteur des logiciels et services à une autre, mais pour aller chez le client »,
note Jean-François Rambicur, président de la
commission Economie-Marchés du Syntec informatique.
Une situation que l'on retrouve dans certains pays d'Europe, notamment en Allemagne.
« Nous estimons que nous aurons une lacune d'environ 24 000 profils par an,
témoigne Fabian Bahr,
directeur des affaires internationales du Bitkom, pendant germanique du Syntec.
La solution à court terme est l'immigration, mais elle pose des problèmes politiques. Il nous faut aussi convaincre les jeunes de choisir les formations
informatiques. »
Autre point noir, les prix qui, même s'ils ont légèrement remonté en 2007, restent bas par rapport à ceux des autres pays, avec des écarts allant de 20 à 50 %.
« Le secteur du service en France a
historiquement des marges qui sont faibles. La politique salariale du secteur est supérieure à l'inflation, en revanche, les prix n'augmentent pas aussi vite. Du coup, il peut exister des tensions salariales »,
reconnaît
Jean-François Rambicur.
(1) Le Syntec informatique est la chambre professionnelle des sociétés de conseil et de services informatiques des éditeurs de logiciels et des sociétés de conseil en technologies.