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marché
Sun veut doper ses puces au laser
L'entreprise développe des circuits imprimés reliés entre eux par des connexions optiques. Objectif : concevoir des supercalculateurs plus rapides et bon marché.
Philippe Richard,
01net., le 25/03/2008 à 17h00
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Le laser serait-il l'avenir de l'informatique ? C'est l'opinion de
Sun Microsystems
qui vient de décrocher un contrat de 44 millions de dollars avec le ministère de la Défense américain. Le
programme Unic
(Ultraperformance Nanophotonic Intrachip Communications) de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) vise en effet à concevoir à moindre
coût des puces électroniques interconnectées par des rayons laser à la place de liaisons câblées.
L'industriel américain travaille depuis quelques années sur cette technologie baptisée « silicon photonics ». II s'est notamment associé à une start-up américaine spécialisée dans ce domaine,
Luxtera.
« Jusqu'à présent, on envisageait de mettre des lasers sur des processeurs pour assurer la communication entre les puces ou les cartes. Avec l'approche
"silicon photonics", on imagine de faire aller la lumière jusqu'au sein des circuits intégrés. C'était déjà envisagé au niveau de la recherche
[en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie, NDLR].
On assiste donc à un
mouvement général où l'optique constitue une alternative au signal électrique pour le transport de l'information »,
explique Christian Seassal, chercheur du CNRS à l'Institut des nanotechnologies de Lyon.
Des supercalculateurs « low cost »
Selon Sun Microsystems, cette solution présente deux avantages principaux. Premièrement, elle permettrait de bénéficier d'une bande passante plus importante, soit des dizaines de milliards de bits d'informations par
seconde. Deuxièmement, les connexions optiques sont beaucoup moins consommatrices d'énergie que les liaisons physiques.
« L'utilisation de pistes métalliques pour véhiculer l'information entraine des
complications : augmentation de la puissance consommée - dont plus de la moitié peut être perdue dans ces communications - plus de latence et limitation de la bande passante. Or, l'optique permet de faire passer un
flux d'information plus important, ce qui est capital pour atteindre une puissance de calcul plus élevée »,
indique Christian Seassal.
Ces atouts permettraient de faire fonctionner plus rapidement des puces classiques, aux performances assez moyennes, mises en réseau. Pour Sun, l'un des objectifs est de concevoir des supercalculateurs moins onéreux.
A plus long terme, cette technologie pourrait se retrouver dans des ordinateurs grand public ou des consoles de jeux vidéo. Sun n'est d'ailleurs pas le seul à plancher sur ces nouvelles puces. Sony et Intel s'y
intéressent aussi.