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marché
Les entreprises françaises lorgnent vers l'Inde
Un colloque sur les opportunités du marché indien pour les PME innovantes a eu lieu hier au Sénat. Grands comptes et petites sociétés informatiques sont venus témoigner.
Sandrine Chicaud,
01net., le 07/03/2008 à 17h35
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Cap sur l'Inde. Hier,
l'IE-Club,
un club des acteurs de la high-tech, a fait salle comble, au Sénat, avec un colloque organisé sur le thème « Comment la PME innovante française peut-elle bénéficier de l'essor
indien ? ». L'événement intervient quelques jours après la
réunion organisée par Hervé Novelli,
secrétaire d'Etat chargé des entreprises et du commerce extérieur,
qui a rassemblé 21 grands groupes exportateurs français pour réfléchir aux meilleures formules pour accompagner à l'international les PME françaises.
Avec une croissance du marché indien qui avoisine les 8 %, une classe moyenne, en constante évolution - qui représente aujourd'hui plus de 300 millions de personnes - et une présence accrue des Européens, et
notamment de l'Allemagne, les entreprises hexagonales doivent - plus que jamais - prendre le train en marche. Aujourd'hui, les incursions françaises y sont encore timides. Toutefois, plus de quatre cents grandes entreprises françaises
y sont implantées, notamment dans le domaine de la high-tech.
Un gros travail de préparation
Pour Jean-Roch Varon, responsable du bureau indien
d'Ernst & Young
à Paris, l'installation en Inde suppose un gros travail de préparation. Quitte à déléguer une équipe sur place pendant plusieurs mois.
« Les conditions d'une implantation réussie sont intimement liées au travail préparatoire de l'opération et notamment aux choix du ou des partenaires et du type de partenariat (accords commerciaux ou industriels ou mise
en place de joint ventures),
précise-t-il.
Les trois clés de la réussite sont : des objectifs clairs et partagés avec les partenaires indiens, une gestion attentive du personnel, prenant en compte le système social local,
et des systèmes d'informations et de reporting fiables. »
D'ores et déjà, des grandes mais aussi des petites sociétés informatiques ont relevé ce défi. C'est le cas de Steria, par exemple. En septembre 2007, elle a choisi de
racheter la SSII britannique Xansa
(9 000 collaborateurs dont 7 000 en Inde) pour s'imposer en Inde.
« L'Inde nous offre surtout l'opportunité de trouver des diplômés bien formés et constitue, à l'heure où les SSII se livrent à une véritable guerre des talents, un réservoir important pour développer les offres à destinations
de nos clients européens »,
explique Olivier Vallet, le directeur des opérations du groupe.
Pour faciliter l'intégration des équipes européennes et indiennes, Olivier Vallet a insisté sur l'importance de nommer un directeur général indien (Mukesh Aghi) à la tête de la structure. Il a d'ailleurs rejoint le comité exécutif de la
SSII. Steria est également en train de développer la Steria Academy, une école de formation technique, intégrant aussi des cours sur le management ou le commerce. Elle sera l'occasion de former des futurs ingénieurs indiens à ses méthodes de travail
et d'offrir à ses collaborateurs européens l'opportunité d'aller en Inde.
Les PME aussi
D'autres structures, de taille plus modeste, comme
Geoconcept,
éditeur de Systèmes d'Information Géographique,
VoxMobili,
spécialisé dans les services mobiles,
Telisma,
dans les outils de reconnaissance vocale ou encore Leirios, éditeur français de logiciels de génération automatique des tests, ont investi le marché indien, malgré ses fragilités
(infrastructures défaillantes, inflation salariale des ingénieurs, etc.). VoxMobili, par exemple, s'est fait racheté, en 2007, par la société indienne OnMobile.
« En deux jours, l'accord commercial était signé. Les
sociétés indiennes se décident très vite. Dans l'industrie des télécoms, par exemple, elles sont très friandes de nos technologies. Et, plutôt que les copier, elles préfèrent les racheter »,
argumente Eric Vieillevigne,
cofondateur de Voxmobili.
« Le travail avec les Indiens est très facile, même s'il y a un peu de bureaucratie »,
poursuit-il.
De son côté, Telisma a rencontré des difficultés en amont.
« Nous avons mis du temps à décrocher la première commande
[3,5 ans, NDLR]
mais après, une fois la première affaire signée, avec
Wipro, tout le marché indien a été au courant et d'autres acteurs ont voulu distribué nos produits »,
assure Laurent Balaine, PDG de Telisma.
Quel que soit le cas de figure, plusieurs structures peuvent aider les entreprises dans leurs démarches. A commencer par
Ubifrance,
l'agence française pour le développement international des entreprises, qui devrait jouer un rôle moteur, selon les termes d' Hervé Novelli. Les chambres de commerce et d'industrie, la
mission économique du consulat, les sociétés de conseils, les associations franco-indiennes, etc., sont aussi des pistes à ne pas négliger pour ne pas rater son virage indien.