











L'année 2008 s'annonce comme une cuvée d'exception pour le marché de l'emploi informatique. DRH, patrons de SSII, sociétés d'intérim, et chasseurs de têtes sont unanimes : l'année à venir devrait confirmer 2007, voire la dépasser si les prévisionnels de recrutement annoncés sont tenus. Responsable du site Lesjeudis.com, Alexandre Xiradakis ne perçoit, pour l'heure, aucun signe de ralentissement. “ Notre site enregistre un record du nombre d'annonces sur les deux derniers mois, avec une montée en puissance des utilisateurs finals comme BNP Paribas ou La Poste. Notre dernier salon, qui s'est tenu en septembre, a également battu un record de fréquentation. ”
Dans le tableau qui clôt ce dossier, nous avons recensé plus de 17 600 offres d'emploi. La majorité d'entre elles émanent des SSII – grandes pourvoyeuses de postes –, mais aussi des éditeurs et des DSI de banques. Dans le secteur financier, l'effet “ subprimes ” ne se fait pas (encore) sentir. “ La demande s'avère importante dans la banque de détail, notamment pour optimiser les canaux de la relation client. A cela s'ajoutent des chantiers réglementaires ou liés à des fusions. ”
Et si les volumes de recrutement sont comparables à ceux de l'âge d'or – au tournant des années 2000 –, les fondamentaux sont plus sains qu'à l'époque. Ce qui éloigne le risque d'une nouvelle “ bulle ”. “ Les projets initiés adressent de vrais besoins. Nous assistons également à un effet de rattrapage. La France consacre de 2 à 2,5 % de son PIB à l'informatique, contre 5 % aux Etats-Unis. ”
En revanche, le marché connaît des tensions sur les profils types que s'arrachent les recruteurs. A savoir des ingénieurs rôdés aux technologies Java, J2EE, et .Net, ainsi que des consultants en progiciels, gestion de la relation client ou décisionnel. Ces candidats bénéficient de deux à cinq ans d'expérience, et d'une double compétence technique et métier. Selon l'Apec, la difficulté pour trouver le bon profil est le premier facteur de réajustement à la hausse du salaire d'embauche.
Dans cette chasse à l'oiseau rare, Alexandre Xiradakis note un raccourcissement du cycle de décision. “ Pour ne pas risquer de perdre un candidat de valeur, une SSII cale parfois deux entretiens dans la journée, puis fait une proposition dans les 24 heures. ” Les SSII sont aussi friandes des salons de recrutement, où elles multiplient, en peu de temps, les préselections.
Pour autant, nous n'assistons pas à une surenchère salariale. Soumises à une pression sur leurs tarifs, liée à la politique de référencement des grands comptes mais aussi au phénomène offshore, les SSII tentent tant bien que mal de contenir leur masse salariale. Ce qui favorise les jeunes diplômés, au détriment des seniors, véritables laissés pour compte de cette foire d'empoigne.
Les SSII ne pouvant déroger sur la qualité des recrues, elles élargissent leur cible aux universitaires et aux non-informaticiens. Des prestataires spécialisés dans l'infogérance d'infrastructures font également le pari de recruter des techniciens, puis de les faire monter en compétences jusqu'au diplôme d'ingénieur.
Une fois leurs recrues en poste, les SSII prient pour qu'elles y restent. Le turnover peut, en effet, grimper jusqu'à 30 %, voire plus. Selon Alain Donzeaud, de Syntec informatique, les SSII ne sont pas seules en cause. Les DSI participent aussi à ce turn-over, débauchant en masse dans les sociétés de services.
