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e-commerce
Amazon mobilise les internautes pour défendre la livraison gratuite des livres
Bien qu'il ait été condamné par la justice, le cybermarchand persiste à offrir les frais de port pour les livres. Il suggère à ses clients de signer une pétition, en vue d'un procès en appel.
Julie de Meslon,
01net., le 14/01/2008 à 19h17
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L'affaire qui oppose les plus grands sites de vente de livres et le Syndicat de la librairie française (SLF) tourne au bras de fer. Géant du secteur, Amazon n'en démord pas : il refuse de facturer à ses clients la livraison des
livres achetés sur Amazon.fr, jusqu'ici offerte sans montant minimum d'achat.
Le site marchand a pourtant été
condamné
en décembre dernier pour cette pratique, jugée illégale en France. Aujourd'hui, il préfère payer une amende
de 1000 euros par jour pour continuer à offrir les frais de port. Et Amazon ne s'avoue pas vaincu et veut rallier l'opinion publique à sa cause.
Samedi 12 janvier, la société a adressé un e-mail à ses clients, de la part de son PDG américain, Jeff Bezos. Il les invite sans ambage à signer une pétition en ligne, pour
« faire entendre [leur] voix dans
ce combat pour la livraison gratuite ».
De quoi gonfler le dossier d'Amazon pour son prochain procès (le libraire en ligne a décidé de faire appel), même si une pétition n'a théoriquement pas de poids juridique.
Amazon avait déjà
demandé
le soutien de ses clients peu avant son procès en première instance, visiblement sans succès. Et selon
Xavier Garambois, directeur général d'Amazon.fr,
« l'idée de l'appel à pétition vient de nos clients, qui nous l'ont suggéré après ce premier e-mail ».
Ce lundi 14 janvier au soir, la pétition
compterait 120 000 signatures.
La France serait un cas unique
Dans son message, Jeff Bezos en profite pour critiquer les motivations du Syndicat de la librairie française (SLF) :
« Les poursuites de ce syndicat ne sont ni plus ni moins qu'une tentative cynique
d'éliminer la concurrence d'Amazon.fr. »
Selon lui, Amazon va tout à fait dans le sens de la loi sur le prix du livre (loi Lang) brandie par le SLF, en proposant
« la plus vaste offre de livres en
français disponibles dans le monde (...), quels que soient la renommée de leurs auteurs et le prestige de leurs éditeurs »
. Et de conclure que la France serait le seul pays au monde où la gratuité de la livraison serait
déclarée illégale.
Outre l'appel à pétition, l'e-mail invite aussi les clients d'Amazon à débattre sur un forum dédié. Plusieurs centaines de discussions y ont déjà cours mais beaucoup vont aussi à l'encontre de la position du site marchand : la
gratuité ne suffit pas forcément à s'attirer les faveurs de l'opinion publique. C'est en tout cas un avantage concurrentiel qu'Amazon fera tout pour conserver.
« Sinon, nos livres deviendront plus chers que dans le
commerce... »,
souligne Xavier Garambois. Et à une époque où le marché de la vente de livres est en forte croissance, ce n'est pas une astreinte de 1000 euros par jour qui l'arrêtera.
D'autres marchands sur la sellette
Amazon n'est pas le seul site marchand visé par le Syndicat de la librairie française. Ainsi, Alapage a déjà été
condamné
deux fois pour les mêmes motifs. Actuellement en cassation, la filiale de France Télécom fait aussi de la résistance
et ne facture toujours pas les frais de livraison. La décision de la Cour de cassation est attendue courant 2008.
De son côté, Fnac.com n'a pas encore subi les foudres judiciaires du SLF. Comme le SLF nous
l'indiquait
le mois dernier,
« la Fnac n'offre la gratuité "que" depuis avril
2007 »,
justifiant une certaine clémence. Idem pour le site Chapitre.com, qui offre les frais d'envoi depuis peu.
Mais ces sites ont déjà été « contactés » par le syndicat. Fnac.com lui aurait alors assuré qu'il stopperait cette pratique, si Alapage perdait à nouveau en cassation.