Pour le Syntec informatique, il n'y pas de problèmes majeurs à craindre pour le marché des logiciels et des services informatiques (L&S). « 2007 a été une année exceptionnelle. 2008 sera également une très bonne année », explique Jean Mounet, président du Syntec informatique, à l'occasion des voeux traditionnels à la presse.
Le temps est donc au beau fixe. L'année passée a été marquée par une croissance significative du secteur : 6,5 %. Plus de 55 000 cadres ont été recruté, avec à la clé plus de 15 000 créations nettes d'emploi. Enfin, la chambre patronale constate un quasi-doublement de ses adhérents, passant de 540 à 850. Beaucoup de sociétés provinciales et d'éditeurs ont, semble-t-il, rejoint le syndicat.
Les carnets de commande sont pleins
Pour l'année à venir, Jean Mounet balaye allègrement toutes les craintes conjoncturelles d'un revers de la main. « Les carnets de commandes sont pleins. Les TIC sont devenus un outil essentiel de compétitivité et de productivité pour les entreprises. Notre marché gardera une croissance soutenue », souligne le président.
Même la crise financière dite des subprimes, que certains économistes comparent pourtant à la dépression des années 1920, n'arrive pas à jeter une ombre sur cet horizon radieux. « Certes, les banques représentent près de 15 % du chiffre d'affaires de notre secteur. Mais pour l'instant, aucun projet informatique bancaire n'a été remis en cause en France », constate Jean Mounet. Au contraire, la crise financière pourrait donner lieu, à moyen terme, à de nouvelles réglementations concernant la gestion des liquidités, générant à leur tour de nouveaux projets informatiques.
Les services d'externalisation devraient augmenter
Le Syntec concède toutefois que cette crise risque de peser quand même sur la croissance générale de l'économie. Une augmentation des services d'externalisation est donc à prévoir. L' offshore devrait également croître, mais de manière limitée. « L'offshore fait partie du paysage, mais les entreprises ont bien compris les limites de cette pratique », ajoute le président.
Durant les douze prochains mois, le Syntec informatique veut se battre sur tous les fronts, en particulier politiques. Il souhaite une réduction des délais de paiements du secteur public, propose l'instauration d'un monsieur TIC dans le gouvernement, aimerait remplacer le crédit impôt Recherche par un crédit impôt Innovation et veut soutenir l'investissement dans l'industrie du logiciel par la création de sociétés de financement dite Soficiel, à l'instar des Sofica dans l'industrie audiovisuelle.
Jean Mounet a d'ailleurs personnellement travaillé sur un rapport traitant de l'économie des TIC, avec à la clé des recommandations pour faire de la France « un leader numérique ». Long de 75 pages, ce rapport devrait être présenté officiellement dans les semaines qui viennent.