











Dotée d'une capacité d'accueil de 30 000 patients par an, la clinique Pasteur a vu croître rapidement son système d'information avec l'informatisation du dossier médical. “ Le nombre de serveurs est passé en quelques mois de 4 à 30, ce qui posait à la fois un problème de place et de maintenance avec une équipe de seulement quatre personnes. En outre, l'informatisation à 90 % du dossier médical empêchait tout arrêt de production dépassant quelques minutes ”, dit Denis Di Santo, administrateur système et réseaux de la clinique. Face à ces contraintes, le service informatique envisage de déployer un logiciel de réplication des données de type Double-Take. “ Notre prestataire nous a convaincu qu'avec un double objectif de consolidation et de disponibilité des serveurs, la solution de virtualisation de VMware était plus pertinente. ”
Début 2004, décision est prise de virtualiser avec VMware ESX 2.5 les applications les plus exigeantes sur deux serveurs. Cela inclut les serveurs d'infrastructure (DNS, DHCP…), les applications du dossier médical et les bases de données associées. “ IBM a assuré l'installation car elle s'accompagnait du déploiement d'un SAN, une architecture nouvelle pour nous ”, explique Denis Di Santo. Les résultats donnant toute satisfaction, la clinique poursuit l'opération sur les serveurs de bureautique, de messagerie et de préproduction. Cette montée en charge impose l'acquisition d'un troisième serveur physique et l'installation de la console Virtual Center pour rationaliser l'administration. Enfin, une troisième étape est franchie début 2007 avec la migration vers Virtual Infrastructure 3, la suite logicielle complète de VMware.
“ Les capacités de réplication de Virtual Infrastructure 3 nous ont permis de dupliquer aussi le SAN. Un plan de reprisesur accident avec deux salles entièrement redondantes a été mis en place ”, dit Denis Di Santo. Cette redondance répond à l'objectif de disponibilité permanente des applications. “ Nous n'avons plus à réfléchir à la réplication des systèmes, cet aspect est pris assuré par la plate-forme de VM-ware ”, explique Denis Di Santo. Le module HA (High Avalability) récemment déployé déclenche pour sa part la bascule sur incident à chaud des machines virtuelles en cas d'arrêt d'un serveur physique. “ Récemment, un serveur a connu une panne d'alimentation. Nous l'avons découvert seulement quelques heures après, car toutes les applications avaient continué de fonctionner normalement ”, illustre Denis Di Santo.
Le bénéfice le plus visible est l'espace gagné. Toute l'informatique est hébergée sur quatre serveurs physiques, au lieu de trente auparavant. “ Ce n'est pas anecdotique, quand on sait le prix du mètre carré dans le centre de Toulouse ”, relève Denis Di Santo, qui pointe aussi un autre aspect : “ Mes collègues, habitués aux grands systèmes, voyaient d'un mauvais œil les serveurs Windows qui commençaient à s'empiler. Avec la console centralisée de VMware, ils se retrouvent davantage dans leur élément. ”
La virtualisation apporte également de la souplesse au niveau de la maintenance. “ Auparavant, des opérations sensibles comme les mises à jour importantes se faisaient la nuit pour limiter les conséquences d'un éventuel arrêt de production. Désormais, nous le faisons quand bon nous semble : il est possible d'arrêter les machines une à une sans bloquer les applications. Par ailleurs, la possibilité de créer très simplement des serveurs de tests nous rend beaucoup plus réactifs pour faire évoluer le système d'information ”, confie Denis Di Santo.
Enfin, la puissance des serveurs actuels assure une confortable marge demontée en charge. Avec quatre serveurs IBM X3850 (quadri Xeon bi cœur avec 32 Go de RAM), la clinique Pasteur exécute 80 serveurs virtuels et ne consomme que 20 % des ressources matérielles lors des pics de charge. “ La plate-forme actuelle peut monter facilement à 120 serveurs virtuels, ce qui devrait nous laisser un répit d'au moins douze mois avant de réinvestir dans du matériel ”, prédit Denis Di Santo.
La virtualisation montre encore certaines limites. Tout d'abord, la clinique a consolidé tous ses serveurs… à l'exception de deux I5/OS (ex AS/400) dont les applications ne peuvent être portées sous Windows ou Linux. Ensuite, même si les logiciels de VMware sont réputés pour leur richesse fonctionnelle, ils montrent des lacunes sur le plan de l'administration. “ Ils sont efficaces pour allouer des ressources, mais nous restons fidèles à la console open source Nagios pour superviser la remontée des services réseaux. Le module de sauvegarde, quant à lui, mériterait une interface plus conviviale. Nous lui préférons Time Navigator, qui propose une gestion bien plus granulaire des fichiers, surtout en environnement Linux ”, explique Denis Di Santo.
Enfin la virtualisation entraîne une dégradation des performances. “ La baisse est de l'ordre de 10 %. Mais ce n'est pas pénalisant, car nous ne sommes pas dans un environnement de calcul intensif ”, relativise Denis Di Santo.
Des inconvénients finalement minimes vus les gains qu'apporte la virtualisation. “ C'est tellement simple de créer un serveur virtuel… Un bémol toutefois : l'inflation des licences Windows. L'addition grimpe, mais c'est là la rançon du succès ”, conclut Denis Di Santo.
Activité : clinique chirurgicale.
Siège : Toulouse (31).
Effectif : 800 salariés, 1 200 personnes sur site, 6 personnes au service informatique.
CA 2006 : 67 M d'euros
Gérer la croissance rapide de la structure informatique et anticiper les problèmes de maintenance pour assurer la haute disponibilité des applications.
D'abord, l'hyperviseur ESX 2.5 avec Virtual Center et Vmotion pour l'administration et l'allocation des ressources. En 2007, migration vers Virtual Infrastructure 3.0 dans deux salles redondantes.
Le déploiement d'une architecture SAN a nécessité de faire appel à des consultants externes.
Les applications des serveurs I5/OS ne peuvent pas être virtualisées.
300 000 euros pour 16 licences (tarification au nombre de processeurs), le support de niveau 1 et 2 pour trois ans, les serveurs et le SAN.
Fin 2003 : définition des besoins avec IBM.
Avril 2004 : VMware 2.5 sur deux serveurs IBM X445. Mise en place du SAN.
Nov. 2004 : ajout d'un serveur X445 pour pallier l'augmentation du nombre de serveur et d'une console Virtual center. Utilisation de Vmotion.
Janvier 2005 : tous les serveurs de la clinique sont virtualisés.
Janvier 2007 : migration vers VMware 3, SAN et serveurs redondants dans deux salles distinctes.
À venir en 2008 : l'ajout de capacités serveurs ou de disques selon les besoins.
“ Nous avons voulu avancer prudemment en commençant par virtualiser la moitié de nos serveurs avec un SAN non dupliqué. Pourtant, associer virtualisation, cluster et baies de disques en réplication synchrone donne une infrastructure beaucoup plus robuste. Si c'était à refaire, je commencerais directement par cette deuxième solution. Contrairement à une idée reçue, la virtualisation simplifie à l'extrême la mise en place d'un plan de reprise d'activité. Quant au coût du projet de virtualisation, 300 000 euros, c'est une somme relativement modeste au regard des investissements que nous avons engagés pour câbler et équiper nos deux salles informatiques. ”
L'infrastructure repose sur deux salles machines séparées de 80 m et trois étages. Elles sont reliées par une liaison Ethernet 10 Gbit/s. Chacune accueille deux serveurs hôtes. Avec la possibilité de migrer à chaud les machines virtuelles et la réplication synchrone des baies du SAN (17 To), une salle peut supporter 100 % de la charge si l'autre est arrêtée.
