











Les actionnaires de l'américain Activision ont approuvé la fusion de leur société avec la branche jeux vidéo du français Vivendi pour donner naissance au groupe Activision Blizzard. Des actionnaires représentant 92 % du capital ont voté en faveur de la fusion, qui devrait être effective ce 9 juillet.
Au terme de l'opération, Vivendi, le créateur du jeu World of Warcraft, détiendra 52 % dans la nouvelle société qui affichera un chiffre d'affaires de 3,8 milliards de dollars.
L'opération, qui avait été annoncée en décembre 2007, a obtenu le feu vert de la Commission européenne en avril dernier. Elle place l'actuel numéro un mondial du secteur, l'américain Electronic Arts, en position défensive.
Celui-ci a fait une offre de deux milliards de dollars en juin sur son compatriote Take Two Interactive Software, connu pour sa série Grand Theft Auto. Take Two a rejeté l'offre, l'estimant trop basse.
Avec Reuters
Première parution le 3 décembre 2007
Vivendi Games fusionne avec l'américain Activision, le père de “ Guitar Hero ”. Valorisé 18,9 milliards de dollars, le nouvel ensemble devient le numéro 1 des jeux vidéo.
C'est le mariage de World of Warcraft et de Guitar Hero. Vivendi a annoncé la prochaine fusion entre sa filiale Vivendi Games, et l'éditeur de jeux américain Activision. A l'issue de l'opération qui devrait être effective au premier semestre 2008, le groupe français détiendra 52 % du nouvel ensemble. Le coût de l'investissement est estimé entre 1,7 milliard et 2,4 milliards de dollars.
Baptisé Activision Blizzard, la nouvelle société deviendra le numéro un mondial des jeux vidéo. Avec un chiffre d'affaires cumulé pour l'exercice fiscal 2007 de 3,8 milliards de dollars, elle double d'une courte tête l'actuel numéro un mondial, Electronics Arts, et ses 3,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires.
Pourtant, Vivendi Games revient de loin. Durant l'année 2002, sa maison mère avait envisagé de s'en séparer pour réduire ses pertes abyssales, accumulées pendant “ l'ère Messier ”. Pour combler son passif de 19 milliards d'euros, Vivendi procéda finalement à d'autres cessions et à une large restructuration. Bien lui en a pris.
Aujourd'hui, Vivendi Games est devenu un important relais de croissance du groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy, principalement grâce à World of Warcraft, un jeu multijoueur en ligne vendu par abonnements. Fin septembre dernier, il comptait plus de 9,3 millions d'adeptes à travers la planète.
Blizzard Entertainement, le studio de développement maison est aussi à l'origine de quatre des cinq jeux sur PC les plus vendus dans le monde : World of Warcraft, Warcraft, Diablo II, et Starcraft. Cette division de Vivendi Games représente à elle seule 1,1 milliard de dollars de chiffre d'affaires pour un résultat opérationnel de 517 millions de dollars.
Sierra, l'autre studio de développement de Vivendi spécialisé sur les jeux sur consoles, est en revanche déficitaire. Sa perte opérationnelle pour l'année 2007 devrait avoisiner les 159 millions de dollars en raison d'achat de licences pour le lancement de nouveaux jeux en 2008.
En fusionnant avec Activision, le français entend combler son retard sur ce marché, face à Electronics Arts. Ce pionnier des jeux vidéo compte parmi son catalogue l'un des best-sellers des jeux sur console Guitar Hero III, ou encore les célèbres Call of Duty, Spider-Man, X-Men, etc. Lors de la publication de son chiffre d'affaire pour le troisième trimestre de l'année, Activision a relevé ses prévisions annuelles à 2,3 milliards de dollars.
Le rapprochement industriel des deux parties prend tout son sens. “ Cette opération va nous permettre de mieux tirer parti de nos franchises en exploitant toutes les nouvelles opportunités en ligne comme Blizzard l'a fait (...). Nous diversifions nos sources de revenus entre les jeux en ligne, sur consoles, pour PC, et aussi les activités de développement telles que les jeux sur mobiles et le casual online [jeu occasionnel en ligne, NDLR] ”, se félicite Robert Kotick, le PDG d'Activision dans une webconférence.
Les synergies devraient même aller au-delà des jeux vidéo. Guitar Hero devrait s'enrichir du catalogue musical d'Universal Music, la major du groupe Vivendi. Un autre frenchie des jeux vidéo s'est dernièrement illustré dans ce domaine. Pour le lancement de son jeu Rayman contre les lapins encore plus crétins Ubisoft a sorti un single en partenariat avec EMI. La société qui fait figure de Petit Poucet comparée à Activision Blizzard, a renoué cette année avec les bénéfices.
Sur Euronext, l'annonce de la fusion a profité à Vivendi et autres sociétés du secteur. Ubisoft en progression de 4,42 % cote à la fin de journée à 62,14 euros. Les marchés ont salué ce rapprochement, tout comme Christine Albanel, le ministre de la Culture, pour qui le rachat par Vivendi d'Activision confirme “ la capacité des entreprises françaises à prendre des positions importantes dans les industries culturelles au niveau mondial. ”
1979 : naissance de la société
1981 : Premiers jeux pour la console Atari (Pitfall, River Raid)
1983 : introduction en Bourse
1989 : premier jeu sur CD-Rom The Manhole sous la marque Mediagenic
1994 : Return to Zork, le premier jeu d’aventures interactif
1997 : Activision acquiert les droits de Quake II
1998 : ouverture d’un bureau en France
2001 : Spider-Man nommé jeu de l’année
2002 : acquisition des droits de Doom III
2005 : acquisition des droits de Shrek
2007 : fusion avec Vivendi Games
















