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Flashback. Le 16 septembre 2005, le plan social met près de 1 000 salariés de HP dans les rues de Grenoble. Michel Destot, député-maire de la ville, se rend à Palo Alto, tandis que André Vallini, président du conseil général de l'Isère, réclame le remboursement de 1,26 million d'euros d'aides départementales. L'“ affaire HP ” fait la une des journaux, et le divorce entre Grenoble et l'industriel semble consommé. Près de deux ans plus tard, l'histoire d'amour qui les unit depuis 1971 a finalement résisté aux épreuves. Bien qu'amputé de deux bâtiments, le centre de compétence HP isérois reste le plus grand en Europe, avec quelque 1 900 collaborateurs.
Symbople d'un réancrage dans le tissu local, HP a annoncé le mois dernier sa participation à Minalogic, le pôle de compétitivité né du mariage des nanotechnologies et du logiciel embarqué. HP mettra à la disposition des équipes de recherche une puissance de calcul d'environ 2 Tflops. Un beau revirement de l'histoire. Deux ans plus tôt, on avait reproché au constructeur de bouder ce pôle grenoblois, alors qu'il s'engageait dans ceux de Sophia-Antipolis et de Saclay.
Quant au bilan des reclassements, Véronique Bouhafs-Blanchard, directrice des sites internationaux de HP en France, le déclare positif. Sur les 272 salariés partants – tous volontaires –, 90 % auraient trouvé une solution, dont un quart en créant ou reprenant une entreprise. Chaque entrepreneur générant en moyenne 1,5 poste sur le bassin. Délégué syndical CGT, Laurent Viallard relativise ce bilan. “ Il faut différencier projet et démarrage d'activité. La grande majorité de ces entrepreneurs n'ont pas encore de Kbis. ” Il déplore, par ailleurs, l'absence de dispositif de suivi, une fois le lien rompu. Quant aux “ survivants ”, certains ont dû se plier au jeu des chaises musicales. Les personnes parties n'étant pas forcément celles dont le poste était supprimé. Les partenaires sociaux avaient négocié que le nombre de postes proposés soit illimité. Or, dans les faits, il ne le serait pas. “ Au bout du deuxième poste refusé, les salariés sont dirigés vers le cabinet d'outplacement. Lequel les convainc que leur avenir est en dehors de HP ”, observe Myriam Martinet (CGT).
Pour sa part, Didier Pasquini (CFE-CGC) salue l'entrée de HP au pôle Minalogic. Même si son financement s'inscrit dans le programme de revitalisation signé avec le préfet. Ce dispositif contraint les entreprises à contribuer à la création d'un nombre d'emplois équivalent à celui qu'elles ont supprimé. Il se félicite aussi des résultats du groupe dédié au développement de nouvelles activités en France. Cette bourse à projets où les salariés étaient mis à contribution a fait émerger de nouveaux services sur Grenoble, notamment dans les télécoms.
En revanche, il déplore que le budget de formation ait chuté de moitié entre 2005 et 2006. Enfin, il ressent un malaise au sein des équipes. “ Les salariés ne se sentent pas payés des lourds efforts accomplis lors de la restructuration, alors que l'entreprise n'a jamais fait autant de profits. ” Dernièrement, la remise en cause d'une prime collective versée depuis des décennies (01 Informatique n 1899) a jeté le trouble.
x.biseul@01informatique.presse.fr
Le nouveau PDG de HP, Mark Hurd, annonce la suppression de 14 500 emplois dans le monde. Avec 1 240 postes à la trappe – un quart des effectifs –, la France paie le plus lourd tribut.
Plus de la moitié des salariés des sites d'Issy-les-Moulineaux (92), des Ulis (91) ou de Grenoble (38) descendent dans la rue.
Ramené à 816 suppressions de postes, le plan social suscite plus de candidats au départ que prévu avec 137 volontaires excédentaires. La direction les laisse partir et, en contrepartie, s'engage à procéder à 80 embauches d'ici à la fin 2007.
















