« Il y a en permanence un à deux postes à pouvoir dans les directions informatiques des grandes collectivités », constate Bernard Méliet, directeur du pôle collectivités territoriales du cabinet de conseils Mazars. Les villes de plus de 60 000 habitants, les départements, les régions multiplient les chantiers informatiques. Dans le cadre de l'administration électronique, elles déploient de nouveaux services en ligne, destinés aux citoyens et aux entreprises. Elles doivent aussi s'adapter à la dématérialisation des échanges avec l'Etat et les autres administrations.
Mais les collectivités informatisent également leurs opérations courantes. Et, là encore, la tâche est énorme. « Dans la fonction publique territoriale, on recense plus de 250 métiers qui ont besoin ou vont avoir besoin de s'informatiser », souligne Hervé Rathat, directeur des systèmes d'information et des télécommunications (DSIT) de Reims et son agglomération.
L'activité des communes est multiple : elle s'étend de la gestion des cimetières aux enregistrements des actes d'état civil, en passant par l'organisation des élections, la gestion des crèches, des écoles, de la voirie, etc. La direction des systèmes d'information et des télécommunications de Reims emploie 41 personnes et compte aujourd'hui plus de 130 applicatifs sur 40 à 50 serveurs. « Les collectivités ont des besoins très forts, car elles passent d'une informatique de production à un système d'information de communication et de pilotage », explique Bernard Méliet.
En théorie, les 36 000 communes françaises ont toutes besoin de compétences informatiques. Toutefois, 90 % d'entre elles comptent moins de 10 000 habitants. Elles n'ont donc pas les moyens de recruter un informaticien. Ce qui n'est pas le cas d'autres structures moins connues du grand public. « En mutualisant leurs moyens, les communautés urbaines, de communes ou d'agglomérations, de même que les syndicats intercommunaux, sont devenus les plus gros employeurs d'informaticiens », souligne Eric Salvo, responsable informatique et téléphonie du Syndicat de valorisation des déchets ménagers de la Charente.
Des métiers proches de ceux du privé
Les métiers du secteur informatique dans les collectivités locales sont très proches de ceux du privé. « Notre travail consiste, à 70 %, à déployer, à maintenir et à administrer le réseau, les postes de travail et les serveurs. Et à 30 % à faire du développement spécifique », estime Bertrand Cariou, responsable TIC à la communauté de communes de l'agglomération Saint-Loise (Manche).
On trouve donc des DSI, des architectes techniques et fonctionnels, des RSSI, des responsables réseaux et télécoms, des chefs de projet, des développeurs, etc. Seuls, peut-être, les administrateurs de base de données géographique (SIG) et les chefs de projets multimédias sont-ils des postes plus demandés que dans le privé.
Plus la collectivité est grande et plus les profils recherchés sont spécialisés. A l'inverse, les structures de taille moyenne recherchent plutôt des touche-à-tout. « Quel que soit leur cursus ou leur diplôme, les informaticiens peuvent trouver des débouchés dans la fonction publique territoriale », dit Eric Salvo.
Les collectivités qui gèrent de nombreux sites ont notamment de gros besoins d'interconnexion. « Les ingénieurs systèmes et réseaux sont toujours très recherchés, ainsi que les personnes spécialisées dans les systèmes d'information géographique », estime Oumar NDiaye, responsable du service informatique du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et chargé du pôle national « systèmes d'information et TIC » du même CNFPT.
Les compétences Unix, Linux, PHP, et plus généralement open source, sont également très appréciées car les collectivités tentent de s'organiser pour déployer du libre lorsque c'est possible. Les plus grandes collectivités, qui sous-traitent à des prestataires externes, cherchent aussi à recruter des chefs de projet qui connaissent bien leur organisation et la réglementation, notamment en termes de marché public.
40 % de contractuels dans les DSI
Sur les métiers informatiques, il n'y a pas assez de fonctionnaires pour répondre à tous les besoins, et les concours n'arrivent pas à fournir assez de nouveaux titulaires. Les collectivités recrutent donc de nombreux contractuels, jeunes diplômés ou informaticiens issus du privé. « En moyenne, les DSI emploient 60 % de titulaires et 40 % de contractuels », constate Bernard Méliet, de Mazars.
Il estime que rejoindre une collectivité peut s'avérer un bon choix. « Pour un débutant, mieux vaut travailler dans une collectivité que dans une société de services. Il y mènera des projets beaucoup plus intéressants et ne sera pas cantonné à la programmation. Très vite, ses responsabilités seront celles d'un chef de projet. »
Et si les grandes collectivités apprécient les bacs +5, le niveau d'études ou l'âge n'est pas une barrière pour les collectivités de taille moyenne. Les bacs +2 notamment sont toujours appréciés. « Embaucher des autodidactes, s'ils sont opérationnels, ne nous fait pas peur, car ce qui nous intéresse, c'est d'abord la personnalité des candidats, leur dynamisme et leur capacité à s'investir dans nos projets », explique Sylvie Mercier, adjointe au maire de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) chargée des TIC. Elle conseille donc à ceux qui seraient tentés par l'aventure d'entrer comme contractuel dans une collectivité : « En quelques mois, on sait si on est fait ou non pour y rester. »
Bien entendu, les écarts de salaire entre le public et le privé perdurent, mais ils sont beaucoup moins importants que par le passé. « Si une collectivité a vraiment besoin de compétences, elle paiera un contractuel au prix du marché », indique Bernard Méliet. Lorsqu'elles chassent les mêmes profils que les entreprises privées et que les candidats viennent à manquer, les collectivités n'ont pas le choix et doivent s'aligner... Il ne faut pas hésiter à négocier son salaire, d'autant qu'il restera ensuite bloqué pendant tout le temps de la mission.
Évoluer en passant les concours
Lorsqu'elles embauchent un contractuel, les collectivités lui demandent souvent de s'engager à préparer un concours pour devenir titulaire. « Un contractuel, même avec un diplôme d'ingénieur, doit repasser le concours d'ingénieur de la fonction publique territoriale avec l'option informatique pour être reconnu », explique Hervé Rathat, directeur des systèmes d'information et des télécommunications de Reims et son agglomération.
Ces concours requièrent une préparation conséquente, mais ils constituent souvent le seul moyen de progresser au sein de la collectivité. Bertrand Cariou a ainsi passé le concours d'ingénieur territorial à 48 ans. « La situation de contractuel ne me permettait pas d'évoluer et surtout de bénéficier de la mobilité et de la diversité offerte par l'administration. » Un contractuel perd son ancienneté lorsqu'il change de collectivité et les renouvellements de contrat sont limités. Les contractuels disposent d'un avantage de taille par rapport aux autres informaticiens du privé qui s'inscrivent aux concours. Ils connaissent déjà l'environnement réglementaire et le mode d'organisation.
Mais attention, cela doit faire partie d'un choix de vie. Le salaire d'un titulaire est souvent, en effet, bien moins intéressant que celui d'un contractuel. Par conséquent, il faut être prêt à troquer un bon salaire contre la sécurité de l'emploi... Mais comme le rappelle Oumar NDiaye, « pour travailler dans la territoriale, il faut avant tout aimer rendre service et satisfaire les usagers. Bref, oeuvrer pour l'intérêt général ! »
Par ailleurs, il est possible de faire carrière dans la fonction publique territoriale : « La formation professionnelle tout au long de la vie est très importante. Les collectivités aident leurs agents à accéder aux concours jusqu'aux plus hauts grades », explique Sylvie Mercier. Ces concours autorisent, par exemple, un technicien supérieur, souvent d'un niveau bac +2, à passer l'épreuve d'ingénieur territorial, réservée en externe aux titulaires d'un bac +5. Ce système de promotion ouvre des opportunités de carrière intéressantes pour les informaticiens peu diplômés à qui le privé ne propose guère de possibilités d'évolution.
De plus, un agent territorial peut postuler à tous les postes proposés dans l'ensemble des collectivités locales du pays. En passant d'une commune de 20 000 habitants à un conseil général par exemple, il pourra exercer son métier de façon très différente. Etant donné les besoins actuels des collectivités, changer de service informatique s'avère relativement simple lorsqu'on est titulaire. Enfin, il est également possible dans la fonction territoriale, toujours via les concours, de changer de service et d'emploi. Et une palette de plus de 250 métiers, cela ne laisse que l'embarras du choix !
26
régions.
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96
départements.
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14
communautés urbaines.
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169
communautés d'agglomérations.
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24 000
communautés de communes.
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36 565
communes (36 villes de plus de 100 000 habitants, 76 de 50 à 100 000 habitants, 129 de 30 à 50 000 habitants et 633 de 10 à 30 000 habitants).
Conseil régional :
22
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Conseil général :
32
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Communauté urbaine :
25
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Communauté d'agglomérations :
8
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Ville de plus de 100 000 habitants :
35
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Ville de 60 à 100 000 habitants :
25
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Ville de 30 à 60 000 habitants :
11
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Ville de 10 à 30 000 habitants :
4
Régime : le titulaire est un fonctionnaire territorial. A ce titre, il bénéficie de la sécurité de l'emploi.
Rémunération : elle est fixée en fonction du grade et de l'échelon de l'agent. Un ingénieur débutant gagne environ 1 600 euros bruts par mois et un technicien supérieur débutant 1 500 euros. A cela s'ajoutent primes et indemnités. Elles varient en fonction des collectivités et représentent jusqu'à 50 ou 60 % du salaire brut.
Mode de recrutement : après avoir obtenu son concours, l'agent dispose de trois ans pour trouver un poste en répondant aux annonces des collectivités et en passant des entretiens d'embauche. Les mutations n'existent pas. Pour changer de collectivité, il doit repasser des entretiens. Mais, le plus souvent, il garde le bénéfice de son ancienneté.
Le contractuelRégime : il est engagé avec un contrat à durée déterminée renouvelable et limité normalement à six ans. Apparition de quelques CDI avec la réforme de la fonction publique territoriale.
Rémunération : contrairement à celui des titulaires, le salaire est négociable lors de l'embauche. Il est souvent assez proche de ce qui est pratiqué dans le privé. Cependant, il reste ensuite figé pendant toute la durée de la mission (à fonctions égales), même lors du renouvellement.
Mode de recrutement : il s'effectue via un entretien d'embauche. Le turnover des contractuels est beaucoup plus élevé que celui des titulaires, peut-être parce qu'ils n'ont aucune possibilité d'évolution de carrière au cours de leur mission s'ils ne passent pas de concours.
Quels sont les concours accessibles aux informaticiens ?
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Spontanément, on pense aux concours de la filière technique : technicien supérieur, ingénieur et ingénieur en chef, etc. Mais la filière administrative, avec les concours d'attaché, d'administrateur ou de rédacteur territorial,
donne aussi accès à un métier lié à l'informatique.
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Les dates des épreuves, le programme à connaître et le nombre de postes ouverts sont fixés par les centres de gestion et le Centre national de la fonction publique territoriale, qui se partagent l'organisation des concours.
Quelles sont les conditions à remplir pour s'inscrire ?
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Pour les concours de catégorie A (comme ingénieur, attaché ou administrateur), il faut avoir au minimum un bac +3. Le bac, ou un bac +2, aide à concourir pour les catégories B (technicien supérieur, rédacteur).
Les catégories C sont ouvertes aux personnes moins diplômées.
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Les pères et mères de trois enfants et plus sont dispensés de ces conditions. Il faut également être de nationalité française ou ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, jouir de ses droits civiques et remplir les
conditions physiques exigées pour exercer la fonction.
Est-il important de connaître la culture des collectivités ?
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Pour le concours externe, des épreuves écrites évaluent les capacités d'analyse et de synthèse des candidats. A l'oral, il faut bien se préparer et connaître l'environnement spécifique des collectivités territoriales : le code
des marchés publics, l'intercommunalité, l'organisation des collectivités, etc. Ces connaissances sont indispensables pour espérer être retenu. L'expertise technique ne suffit pas.
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Sylvie Mercier : « Ils ont parfois du mal à s'acclimater à notre organisation » | |
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Eric Salvo : « Dans une petite collectivité, aucune journée ne ressemble à une autre » | |
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Semaine du 3 au 9 octobre 2008
B3G et Keyyo plongent En une semaine, la note moyenne globale est passée de 93,04 à 92,47 points. Cette baisse de plus d'un demi-point ne reflète pourtant pas la tendance générale, qui est à la hausse, avec 7 des 10 opérateurs qui voient leurs indices s'améliorer
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