Actualités
|
![]() |
Emploi
|
![]() |
Start-up
|
![]() |
Evénements 01 | ![]() |
Avis d'expert | ![]() |
Vidéos | ![]() |
Indicateurs
|
![]() |
Distribution
|
![]() |
Telecharger Pro
|
![]() |
Livres blancs | ||||||||||||||||||||||||












Notre maison brûle… et ses serveurs avec. Si aucune mesure n'est prise par les DSI, l'informatique produira 3,5 % des gaz à effet de serre en 2012. Soit près du double de l'aviation aujourd'hui. Jusqu'à présent, ce sujet était réservé aux militants écologistes. Mais, “ durant les cinq prochaines années, des pressions croissantes - coût de l'énergie, risques juridiques et environnementaux, etc. - vont contraindre les entreprises à devenir plus “ vertes ” et à envisager sérieusement le développement durable ”, anticipe Simon Mingay, vice-président de la recherche au cabinet d'analyse Gartner.
Heureusement, selon Forrester Research, 85 % des DSI en Europe et aux Etats-Unis sont désormais conscients de leur impact sur l'environnement. “ Ils prennent conscience qu'ils ont un rôle à jouer car ils savent qu'on leur reprochera bientôt d'être des pollueurs. Il est donc temps pour eux de prendre des mesures concrètes et de le faire savoir ”, estime Christopher Mines, analyste chez Forrester Research. Si bien que l'environnement sera un point clé de la stratégie informatique d'une entreprise sur deux dès 2010.
Par où commencer ? “ Quasiment aucune DSI n'est actuellement capable de mesurer sa consommation d'énergie. C'est pourtant l'un des principaux postes sur lesquels on peut obtenir rapidement des résultats probants ”, affirme Simon Mingay. Les gisements d'économies sont très importants dans ce domaine, car le matériel informatique n'a jamais été réellement optimisé pour consommer moins. “ Dans beaucoup d'entreprises, l'informatique consomme encore deux fois plus d'énergie que l'éclairage des bureaux ”, constate Christian Grellier, DSIO Bouygues Immobilier. En moyenne, plus de 33 % de la facture électrique concerne les postes clients. Et ce chiffre dépasse allégrement les 50 % dans les activités tertiaires comme la banque et l'assurance. L'exemple des datacenters est révélateur, 50 % de leur budget de fonctionnement partent chez les fournisseurs d'énergie. La réduction de la consommation électrique liée à l'informatique sera donc le premier chantier des DSI.
Les éléments de progrès sont nombreux. Les postes clients intègrent ainsi des alimentations électriques dont le rendement est très faible, de l'ordre de 40 à 60 %. Et, “ même si le processeur d'un PC n'est utilisé que 10 % du temps, la machine est continuellement alimentée ”, remarque Bernard Seité, directeur technique d'AMD France. Si bien que plus de la moitié de la facture électrique d'un PC se dissipe en chaleur. Et “ ultime paradoxe, il faut encore deux fois plus d'énergie pour évacuer la chaleur produite par cet équipement ”, complète Christian Grellier. Différents fabricants d'alimentation électrique pour PC se sont donc regroupés au sein de l'association 80plus pour garantir un rendement supérieur à 80 %. De leur côté, AMD et Intel optimisent la consommation électrique de leurs processeurs. En réduisant les courants de fuite, en gérant différentes tensions d'alimentation au sein d'un même processeur, en mettant en veille des fonctions inutilisées, en réduisant dynamiquement la fréquence du processeur, “ on peut économiser jusqu'à 30 % d'énergie ”, évalue Bernard Seité. Et il ne se passe plus une semaine sans que des spécialistes des serveurs et des datacenters - dont Sun et IBM - n'annoncent une initiative visant à réduire le coût énergétique : Green Grid, Big Green, etc. Rappelons que la facture électrique d'un datacenter équivaut à plus de 50 % de son budget de fonctionnement.
La technologie ne fait pas tout. Il faut aussi changer les comportements. Environ 60 % des PC de bureau restent par exemple allumés la nuit. La DSI a donc un important travail d'information et d'évangélisation à faire en interne. “ Il faut, entre autres, sensibiliser nos collaborateurs aux gestes simples du quotidien, qui, sur le long terme, font une grosse différence ”, suggère Philippe Agazzi, DSI de CMS Bureau Francis Lefebvre. Les usagers ne doivent pas être les seuls à changer de comportement, certains éditeurs de logiciels seraient bien inspirés d'adapter les leurs. “ Comment voulez-vous dépenser moins d'énergie et allonger la durée de vie des postes de travail avec Windows Vista ? ”, s'interroge Philippe Agazzi. Dans cette configuration, “ on peut sauter une génération de Windows et opter pour des clients légers pour certains métiers de l'entreprise ”, avance Christian Grellier.
Selon Forrester Research, les DSI sont désireux d'en savoir plus sur les efforts des fabricants de matériel. Mais seulement 15 % d'entre eux sont au fait de leurs initiatives écologiques. Pourtant, Gartner prévoit que, d'ici à 2008, 40 % des DSI intégreront un ou plusieurs critères écologiques dans leur cahier des charges. “ D'ici à 2009, l'efficacité énergétique d'un serveur sera par exemple un critère de choix aussi important que sa performance ”, anticipe Simon Mingay. Les fournisseurs - qui sont pour la plupart engagés dans des initiatives de réduction de la consommation de leurs PC, serveurs ou processeurs - ont donc un rôle important à jouer pour soutenir les efforts des DSI. Certains labels écologiques et/ou liés à la réduction de la consommation d'énergie ont vu le jour - 80plus, TCO, Blue Angel, Energy Star, Epeat, GreenGuard, etc. - pour faciliter le travail de sourcing des services achats. Mais rien n'empêche les DSI d'inclure leurs propres critères dans leurs exigences : produit labellisé, rendement énergétique des alimentations supérieur à 80 %, etc. Ils y sont de toute façon déjà contraints par des directives européennes telles que WEEE et RoHS.
Enfin, avec autant de projets regroupant l'environnement, la consommation électrique et l'informatique, certains analystes considèrent que c'est la DSI - plutôt que les services généraux - qui devrait désormais prendre en charge la gestion de l'énergie dans l'entreprise.
redaction@01informatique.presse.fr
Les DSI veulent s'investir dans l'informatique durable comme les économies d'énergies et l'utilisation et le recyclage de matériels moins polluants.
Le nombre de DSI intégrant des critères écologiques dans leurs processus d'achat de matériel va presque doubler en un an pour atteindre 40 % en 2008.
Les fournisseurs doivent mieux informer les DSI qui connaissent peu leurs programmes écologiques. L'information sur les produits devrait être une priorité.
Le nombre de DSI entreprenant des actions concrètes va plus que doubler en quatre ans. Sont concernés : postes clients, serveurs, impression, télécoms.
Les postes clients (850 millions de PC) polluent plus que les serveurs dont l'efficacité énergétique est pourtant bien moins importante.
Si aucune mesure n'est prise par les DSI d'ici à 5 ans, l'informatique polluera plus que l'aviation qui représente environ 2 % des rejets de CO2 en 2007.
Sensibiliser les utilisateurs aux gestes quotidiens préservant l'environnement et réduisant la consommation électrique des postes de travail.
Optimiser le back office (serveurs, etc.) en mutualisant au maximum l'infrastructure afin d'augmenter le taux d'occupation des serveurs et améliorer l'efficacité des dispositifs de refroidissement.
Mener une réflexion de fond sur la définition du poste client pour allonger sa durée de vie et éventuellement le remplacer par des clients légers.
Sourcer ses achats en imposant aux fournisseurs d'indiquer clairement les caractéristiques écologiques de leurs matériels (consommation électrique et respect des normes écologiques en vigueur en Europe, notamment).
Elargir la réflexion “ environnement ” au développement durable afin de répondre à l'ensemble des enjeux stratégiques de l'entreprise.
“ Il ne faut pas se limiter aux aspects écologiques, mais embrasser la totalité des problématiques du développement durable : enjeux sociaux, respect des droits humains et de la diversité ; et économiques, répartition des richesses entre les pays du nord et du sud. La DSI peut ainsi répondre à l'ensemble des pressions que les clients et actionnaires exerceront de plus en plus sur l'entreprise. Les DSI doivent mener une réflexion de fond sur les exigences vis-à-vis des fournisseurs et établir des chartes d'éthique qui ne se limitent pas à l'environnement. En traitant ainsi l'ensemble de la problématique, la réduction de la consommation d'énergie apparaîtra comme une démarche naturelle. On ne doit d'ailleurs pas se limiter aux économies d'énergie, mais viser aussi le recyclage des matériels, la prolongation de leur durée de vie, etc. Avec une vision plus large du problème, l'informatique peut aider à réduire les émissions de CO2 et la consommation d'énergie au sens large. Ce qui est déjà le cas de la visioconférence qui limite les voyages d'affaires. ”
“ Il n'est plus temps de s'interroger sur le bien fondé de “ l'informatique verte ”. Le DSI se doit d'être dès aujourd'hui acteur et éducateur sur ce sujet sensible. Acteur par ses choix technologiques au niveau du poste de travail : allongement de sa durée de vie, déploiement de PC plus économes en énergie, clients légers, meilleure gestion des déchets informatiques, réduction des impressions inutiles, etc. Educateur, en second lieu, afin de sensibiliser des utilisateurs au combat environnemental. Une informatique plus écologique, consommant moins et polluant moins, s'appuie d'abord sur des gestes simples, mais quotidiens des utilisateurs. Il faut les aider à adopter une “ green attitude ” en mettant en place une “ charte verte ” pour réveiller efficacement la conscience de chacun. Des économies d'énergies en découleront inévitablement. Mais bien d'autres améliorations verront le jour lorsque chaque utilisateur aura réellement pris la mesure de l'impact de ses gestes quotidiens. ”
“ Le développement durable n'est plus une coquetterie pour DSI : le temps est venu d'agir. Pourquoi maintenant ? D'une part, les clients sont de plus en plus sensibles aux initiatives liées au développement durable, surtout si l'entreprise s'adresse au grand public. D'autre part, les collaborateurs, notamment les plus jeunes, recherchent des entreprises qui conjuguent performance et bien-être. Enfin, les actionnaires exigent de plus en plus des engagements en termes de développement durable. Bien optimisée, la technologie devient un levier de performance environnementale. Pour un DSI, le développement durable, c'est simplement privilégier le pragmatisme et le bon sens face au marketing des constructeurs et des éditeurs. Privilégier l'efficience à l'effet “ waouh ”. Privilégier un système d'information durable et structurellement efficace plutôt que l'obsolescence contrôlée par les acteurs du marché. Les chantiers ne manquent pas. A nous d'être force de proposition auprès de nos dirigeants pour contribuer à ce nouvel enjeu stratégique. ”
















