Trango, le VMware des mobiles

Avec son hyperviseur ultraléger, la société française Trango Virtual Processors ouvre de nouvelles perspectives aux fabricants de semi-conducteurs, et de terminaux mobiles et de paiement.
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Plusieurs systèmes d'exploitation (OS) sur une seule machine. Il y a là comme un air de déjà-vu. Sauf, quand la machine en question est un terminal mobile. Le Grenoblois Trango Systems, une filiale d'Elsys Design, propose, en effet, un hyperviseur d'un nouveau genre, puisqu'il est capable de faire tourner plusieurs OS sur un terminal embarqué. La société a d'ailleurs été rebaptisée cette semaine Trango Virtual Processors, en référence à son activité de codesign avec les fabricants de microprocesseurs mobiles, dont ARM et MIPS. Si son approche technique est comparable à celles d'un Xen ou d'un VMware, la virtualisation pour mobiles comporte, bien entendu, des différences.

L'architecture est adaptée aux processeurs dédiés aux terminaux embarqués. Il s'agit d'ailleurs de paravirtualisation, car cette approche (hyperviseur directement sur le processeur) est bien plus appropriée pour ce type de composants. D'autant plus que l'hyperviseur de Trango est ultraléger - l'empreinte mémoire ne dépasse pas 20 à 30 Ko. Il peut donc être intégré directement dans un circuit. Tous les types de système d'exploitation, que ce soit Windows CE, Symbian, Linux, ou des systèmes d'exploitation temps réel (RTOS), peuvent cohabiter. L'hyperviseur de Trango peut prendre en compte jusqu'à une centaine de machines virtuelles. Mais, en pratique, les clients n'en utilisent que deux ou trois.

Car les clients ne manquent pas. Même si Trango préfère en taire les noms. A l'image de ce qui se produit dans le domaine des serveurs, le potentiel de la virtualisation sur mobile est énorme. Ce marché cible les constructeurs de semi-conducteurs et de terminaux mobiles et de paiement. Trango n'est pas le seul à se positionner sur le domaine. D'autres, comme Virtual Logix ou Tenasys Virtualisation Software, (surtout aux Etats-Unis et au Japon, où Trango est aussi très présent) s'installent sur ce créneau juteux.

Optimiser l'architecture des terminaux mobiles

Et pour cause : la virtualisation pour mobiles génère de nombreux bénéfices. A commencer par la sécurité, car le partitionnement matériel isole les machines virtuelles. Une caractéristique dont se prévaut Trango, assurant que pas un de ses concurrents ne propose encore une telle étanchéité. L'avantage est clair : les fabricants de terminaux mobiles ou de paiement, tel Innova Card, qui vient de dévoiler ses terminaux équipés de Trango, peuvent ainsi isoler certaines fonctions propriétaires.

La virtualisation autorise aussi une meilleure intégration logicielle dans un terminal mobile. Sur un téléphone portable, en général, au moins deux processeurs cohabitent. L'un s'occupe de la partie téléphonie et de la gestion de la communication avec le réseau, et l'autre de l'interface, qu'il s'agisse de celle de Linux ou de Windows CE. “ Jusque-là, on ne savait pas intégrer cela sur un même cœur de processeur. La virtualisation le permet, réduisant ainsi de façon drastique le coût de production de ces terminaux, fabriqués à l'échelle de millions d'exemplaires ”, détaille Pierre Coulombeau, le COO de Trango. L'architecture multicœur d'un terminal peut aussi être utilisée pour partager les ressources selon les besoins d'une machine virtuelle. Les applications sont nombreuses. Au Japon, l'opérateur NTT DoCoMo a déjà publié une spécification, nommée Osti, qui préconise d'utiliser au moins deux machines virtuelles - l'une pour les fonctions de base fournies par l'opérateur, et l'autre pour les fonctions et applications apportées par des tiers. La virtualisation mobile va donc aussi changer la façon dont les acteurs du marché peuvent interagir.

k.frascaria@01informatique.presse.fr

Les paravirtualisation s'enfouit dans les terminaux

L'hyperviseur de Trango Virtual Processors tourne en mode privilégié dans le noyau des processeurs. Ce qui assure la sécurité de l'ensemble des machines virtuelles. Celles-ci tournent en mode utilisateur et n'ont donc pas accès aux instructions du processeurs permettant de configurer la sécurité. Pour la société, c'est un élément différenciateur sur ce marché.

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