IBM se met au vert
Avec son projet Big Green, Big Blue compte diviser par deux la consommation électrique de ses centres de données d'ici à 2010. Il commercialisera son savoir-faire sous la forme de logiciels et de services.
01 Informatique
le 18/05/2007 à 00h00
Selon le cabinet Gartner, l'informatique produit 2 % des rejets de dioxyde de carbone (Co2) liés à l'activité humaine. Un chiffre équivalent à celui de l'aviation ! Pour mener à bien son projet Big Green, IBM investira un milliard de dollars et embauchera 850 spécialistes de l'environnement. Objectif ? Diviser par deux la consommation électrique de ses centres informatiques - et ceux de ses clients - d'ici à 2010. L'enjeu est de taille pour Big Blue qui, après avoir soutenu le logiciel libre, souhaite se développer grâce aux “ green tech ”.
Loin d'être un effet de mode, ce projet répond à des contraintes économiques et à un formidable potentiel commercial. Le coût du kilowattheure a donc triplé en 20 ans, et pourrait encore être multiplié par deux dans les prochaines années. Or, la consommation électrique des centres informatiques a doublé ces cinq dernières années, représentant, aujourd'hui, 50 % de leur coût d'exploitation. “ Les problèmes énergétiques handicapent désormais la croissance de nos clients, explique Mike Daniels, vice-président d'IBM Global Technology Services. Avec Big Green, nous leur proposons d'optimiser l'infrastructure existante de façon à obtenir davantage de cycles CPU avec moins d'énergie. ”
Cesser d'alimenter les ordinateurs inactifs
Pour tenir cette promesse, IBM s'appuiera sur divers leviers. Il fera notamment la chasse aux pertes d'énergie, qui représenteraient jusqu'à 40 % de la facture électrique. Big Blue a rejoint le consortium Green Grid dans ce but, en février dernier. L'éditeur mise, en outre, sur ses logiciels de virtualisation pour augmenter le ratio cycles CPU/électricité consommée. Mais aussi sur ses outils de provisioning, qui contribueraient à réduire de 80 % la consommation électrique d'une infrastructure existante, en cessant d'alimenter les ordinateurs inactifs. Enfin, IBM développera des systèmes de refroidissement liquide plus performants.
Au final, Big Blue estime être en mesure d'économiser 42 % d'énergie pour un centre de données de 2 500 m2. Pour montrer l'exemple, il va donc doubler la puissance de ses centres d'hébergement d'ici à 2010, sans augmenter leur consommation d'énergie, soit une économie potentielle de 500 millions de dollars en trois ans.
redaction@01informatique.presse.fr
Le coût énergétique d'un PC
45 milliards de kWh : la consommation électrique des principaux centres de données dans le monde en 2005.
29 Md$ : la somme dépensée par les entreprises en 2006, pour alimenter leurs PC et les refroidir.
50 % du prix d'achat d'un PC : la somme totale dépensée durant la vie du PC pour l'alimenter en électricité.
+54 % : l'augmentation minimale de la facture électrique d'un PC durant les quatre prochaines années si aucune mesure technique n'est prise.