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Le navigateur, système d'exploitation du web 2.0 ?

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Pour intégrer les changements technologiques de ces deux ou trois dernières années, le navigateur devra fortement évoluer. Face à l'inaction du W3C, les principaux éditeurs de navigateurs - Apple, Mozilla, Opera - se sont réunis au sein du Web Hypertext Application Technology Workgroup (WhatWG) pour définir de nouveaux standards : HTML 5.0, support du mode déconnecté, support natif d'OpenID, etc. Microsoft freine le processus en ne participant pas au projet, et en préparant ses propres initiatives dans son coin. Vice-président de la fondation Mozilla, Mike Schroepfer nous décrit les avancées du WhatWG.

Pourquoi Mozilla participe-t-elle au WhatWG ?
Mike Schroepfer : Avec le W3C et l'Eema, le WhatWG est l'un des organismes susceptibles de faire évoluer les standards du web. Les internautes doivent pouvoir exécuter des applications vraiment riches quel que soit le navigateur qu'ils utilisent.

A quoi la prochaine génération de navigateurs web ressemblera-t-elle ?
MS : Grâce aux standards, le navigateur sera le point d'accès principal aux applications. Nous mettons tout en œuvre pour que les applications web soient impossibles à différencier des applications natives Windows, Mac, et Linux. Le navigateur doit évoluer et prendre en charge de nouvelles fonctions.

Quelles sont les évolutions technologiques qui aideront à atteindre cet objectif ?
MS : Brendan Eich, créateur du langage Javascript et directeur technique de la fondation Mozilla, conduit la plus grosse évolution historique de Javascript. Elle facilitera le travail en équipe, et accroîtra la rapidité de création d'interfaces riches, et les performances. L'évolution de Javascript à une conséquence directe et forte sur la prochaine génération de navigateurs.

La nouvelle génération de navigateur supportera-t-elle le mode déconnecté ?
MS : Oui, le support du mode déconnecté sera l'une des grandes nouveautés de Firefox 3.0. Pour s'assurer que toutes les parties de l'application - bibliothèques Javascript, feuilles de style CSS, code HTML, et images - sont disponibles, il suffira d'ajouter l'attribut “ rel=“ offline-cache ” ” à l'élément HTML LINK. Cela indiquera au navigateur que ces ressources doivent absolument rester dans le cache. L'accès et l'enregistrement de données en mode déconnecté s'appuient sur la spécification WhatWG DOM Storage, qui fournit un moyen de stocker des données en local via Javascript.

Cela signifie-t-il que Firefox 3.0 embarquera une base de données ?
MS : Oui. C'est d'ailleurs déjà le cas depuis Firefox 2, qui intègre SQLlite.

Comment gérez-vous la synchronisation des données ?
MS : Le WhatWG propose un nouvel attribut “ navigator.online ” et deux nouveaux évènements associés - offline et online -, qui serviront à préciser à l'application le statut du navigateur. L'application pourra ainsi modifier son comportement en fonction de l'état de la connexion. Un client de messagerie aidera, par exemple, l'utilisateur à travailler en mode déconnecté (pour écrire des messages, entre autres), puis les enverra dès qu'il sera reconnecté. Le comportement standard d'un client lourd au sein du navigateur peut ainsi être reproduit.

Qu'apportera le support natif d'OpenID ?
MS : OpenID est un vrai progrès pour l'utilisateur, car il propose un mécanisme d'authentification unique. Mais, dans sa phase actuelle, il a un gros défaut : celui d'ouvrir la porte au phishing. Il est relativement facile d'imiter une page web de service OpenID et de pousser l'utilisateur peu expérimenté à confier son identité à un site illégitime. En intégrant l'identification OpenID directement dans le navigateur, on comble cette faille, et l'on bénéficie des avantages d'OpenID en toute sécurité.

Peut-on d'ores et déjà considérer Firefox comme un socle de client riche ?
MS : Oui. En France, de nombreuses entreprises, comme Renault F1 Team, Le Monde, Linbox, Speed. info, Wengo, Hachette Multimédia, Skyrock, et le loueur de voitures Sixt, s'appuient sur les propriétés spécifiques de Firefox (XUL, système d'extension) pour créer des applications. Ce sont des clients riches de bureau (RDA). Toutefois, nous pensons que la plupart des applications web reposeront demain sur une architecture de client riche internet (RIA), et donc sur DHTML et Ajax. Tout l'objectif du WhatWG est de standardiser les navigateurs RIA.

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