Deutsche Telekom abaisse les salaires de 12 %
En perte de vitesse sur son marché domestique, l'opérateur veut réduire les salaires de 50 000 salariés sur trois ans, en échange d'une garantie de l'emploi. Son syndicat s'y oppose.
01 Informatique
le 27/04/2007 à 00h00
Dans un marché européen des télécoms atone, Deutsche Telekom peine à mettre en place sa cure d'amaigrissement. L'opérateur a proposé la semaine dernière d'abaisser de 12 % les salaires de 50 000 salariés allemands en échange d'une garantie de l'emploi jusqu'en fin 2010 et de la création de plusieurs postes. Cette proposition a été rejetée par Verdi, l'un des plus puissants syndicats en Allemagne (près de 3 millions d'adhérents). Elle prévoit un transfert d'une partie des salariés de la division de la téléphonie fixe vers une filiale extérieure, baptisée T-Service. Cette structure verra le jour cet été. Au programme, une renégociation des contrats d'embauche et un allongement de la durée de travail de 34 à 38 heures hebdomadaires, sans compensation de salaire. Les salariés de cette filiale ne bénéficieront plus de la convention collective des télécoms. Pour l'instant, après un mouvement de grève d'avertissement, les négociations avec le syndicat sont au point mort.
Jusqu'à 900 millions d'euros d'économies espérées
Confronté à l'érosion de son chiffre d'affaires en Allemagne pour ses trois divisions (T-Com, T-Mobile, T-Systems), l'opérateur compte réaliser entre 600 et 900 millions d'euros d'économies. Comme les autres opérateurs historiques, l'Allemand souffre sur son marché domestique. Ses parts de marché ont chuté en 2006, et pas seulement dans la téléphonie fixe. Son activité large bande et téléphonie mobile a diminué de, respectivement, 15 et 5 %. En fin 2010, Deutsche Telekom devra, selon les analystes financiers, procéder à une nouvelle restructuration pour réduire ses coûts de production. Quitte à prendre le risque d'un conflit social. Cependant, l'opérateur, dirigé par René Obermann, le responsable de la téléphonie mobile, continue de mener ses affaires. Il est en négociation exclusive pour vendre Club Internet, sa filiale spécialisée dans la fourniture d'accès à internet en France, à Neuf Cegetel.
c.burger@01informatique.presse.fr
Avis d'expert : Stanislas de Bentzmann (SSII Devoteam) : “ l'opérateur exige de ses salariés des efforts relativement sévères ”
“ Les opérateurs européens historiques doivent repenser leur modèle économique, et passer d'une logique de service public et de monopole à une logique de marché très concurrentiel. Dans des métiers structurellement en baisse, les réductions de coûts s'avèrent nécessaires. Forcé de diminuer ses coûts de fonctionnement, Deutsche Telekom exige de ses salariés des efforts sévères. Mais le confortable marché dont bénéficiait l'opérateur allemand n'existe plus. Les opérateurs européens sont confrontés aux mêmes difficultés : des revenus de téléphonie fixe en chute libre, une rentabilité en baisse, et des marges contraintes par la concurrence. ”