











Sur le terrain social, HP fait de nouveau parler de lui. Après le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de l'automne 2005, c'est au tour de la prime collective de participation aux bénéfices d'être sur la sellette. Baptisée Cash Profit Sharing, puis Company Performance Bonus, celle-ci était versée sans discontinuité depuis 1962, excepté en 2001. Après cette année blanche, son montant a été revu à la baisse alors qu'il représentait, selon Myriam Martinet de la CGT, “ l'équivalent d'au moins la moitié d'un salaire ”.
Ces deux remises en cause ont conduit, en fin 2006, quelque 920 salariés de HP, dont 560 réunis sous forme de “ class action à la française ”, à se pourvoir devant le conseil des prud'hommes. Des dossiers pouvant potentiellement atteindre un versement total de 9,4 millions d'euros.
En fait de “ class action ”, il s'agit d'une action en substitution, qui autorise les trois syndicats parties prenantes - CFDT, CFE CGC et CGT - à mener une action collective auprès des juridictions où HP est présent. A savoir Grasse, Vienne, Grenoble, Longjumeau et Boulogne-Billancourt. L'intersyndicale peut s'appuyer sur un arrêt de la Cour de cassation du 14 juin 2006 confirmant que le versement de cette prime correspond à “ un usage, par son caractère de constance, de fixité et de généralité ”. Elle ne peut donc être supprimée “ sans une information individuelle des salariés ”.
Pour échauffer les esprits, l'intersyndicale note que les hauts responsables ont reçu, en janvier, un bonus correspondant à cinq mois de salaires. Le budget des augmentations a été limité à 1,7 % de la masse salariale. Enfin, HP a annoncé mi-mars - sur fond d'excellents résultats trimestriels - le rachat supplémentaire de 8 milliards de dollars d'actions du groupe après un programme de 6 milliards approuvé en août 2006.
De son côté, Pierre-Yves Tilly, DRH, rappelle que “ le montant de la prime est proportionnel aux performances de l'entreprise ”. Ce qui explique le trou de 2001 et, inversement, le montant de celle accordée en 2006 - année faste - oscillant entre 5 et 10 % du salaire annuel. Par ailleurs, avec un salaire moyen de 4 000 euros net, les rémunérations pratiquées ne seraient pas en deçà du marché. De fait, le taux de démission sur les six derniers mois serait inférieur à 1 %.
