Foire d'empoigne dans le monde du graphisme
Adobe et Microsoft tentent de s'imposer hors de leurs marchés respectifs. Et ce n'est pas gagné, tant l'inertie dans les domaines de la 3D et du web design est grande.
01 Informatique
le 06/04/2007 à 00h00
Rififi dans le graphisme ! Adobe se met à la 3D et déborde largement sur le pré carré d'Autodesk. Tandis que Microsoft fait son entrée dans l'illustration et le web design, chasses gardées d'Adobe, qui a racheté Macromedia. On n'a jamais vu pareille foire d'empoigne. Selon le segment de marché, chacun se pose en leader ou en challenger.
Ainsi, Adobe lance sa très attendue Creative Suite 3 (CS3). Au menu : intégration des logiciels de Macromedia (Flash, Dreamweaver, et Fireworks), compatibilité avec les Mac Intel, optimisation pour les processeurs multicœurs, ainsi qu'une série de fonctions plus ou moins spectaculaires selon les logiciels. Avec cette solution, Adobe en profite pour s'attaquer à de nouveaux marchés. L'incontournable Photoshop est décliné dans une version “ Extended ”, qui courtise des professions aussi diverses que les concepteurs 3D, les architectes, les médecins, ou les vidéastes. Cette version autorise la manipulation de modèles 3DS, Maya ou Collada pour retravailler les textures. Elle sait aussi éditer une vidéo image par image, s'interfacer avec Mathlab, ou publier des scans IRM médicaux au format Dicom. Enfin, une fonction de mesure et de statistiques facilite la manipulation des échelles, ainsi que le comptage des aires et des volumes…
Adobe espère que son hégémonie sur la retouche d'images lui ouvrira les portes de marchés jusqu'ici tenus par des spécialistes. Même s'il ne compte pas ajouter un modeleur 3D à sa panoplie, il veut en découdre avec Autodesk. Il entend encercler son nouveau concurrent avec le prochain Acrobat 3D v.8. Adobe se positionnera donc à la fois sur la conception et la collaboration 3D avec PDF.
Se forger une légitimité
Microsoft tente aussi d'élargir son marché, quitte à mordre sur les plates-bandes d'Adobe. Il sort les premiers outils de sa gamme Expression qui entrent en concurrence frontale avec Dreamweaver, Flash, Illustrator, Imageready/Fireworks, voire Photoshop. Expression Web n'a plus rien à voir avec le mal-aimé Front Page. Il repose sur les standards web du moment (CSS, XHTML, web 2.0), ainsi que sur les scripts serveurs ASP.Net 2.0 (pas de PHP, JSP ou Coldfusion). Il mise d'ailleurs sur son intégration à Visual Studio, avec lequel il partage de nombreux outils. Microsoft sait qu'il a une mauvaise réputation auprès des designers, notamment à cause de Front Page et de l'indisponibilité de ses outils sur Mac. Il va donc s'appuyer sur Visual Studio pour les amadouer.
Adobe comme Microsoft essaient donc de se construire une légitimité en se reposant sur leur produit phare. Mais l'opération séduction demandera plus que de bons produits, tellement l'inertie est grande dans la 3D ou le web design. Pour preuve, il suffit de se rappeler la difficulté qu'a rencontrée Adobe pour ébranler Quark sur la PAO.
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