Juniper met la pression sur ses concurrents
Des modules logiciels surveillent les sessions des utilisateurs et allouent les ressources réseaux correspondantes. Leurs règles seront exécutées sur une carte au sein des routeurs M et T.
01 Informatique
le 30/03/2007 à 00h00
L'IMS (IP Multimedia Subsystem) constitue l'architecture des réseaux télécoms de demain, et chacun s'y prépare. Juniper n'échappe pas à la règle. Il vient d'annoncer SRC (Session and Resource Control), une solution de surveillance des sessions des utilisateurs et d'allocation des ressources correspondantes dans le réseau. Il s'agit de quatre modules logiciels remplissant des fonctions de base. Le premier, Soap, fait le lien entre les applications développées par Juniper ou par ses partenaires et le réseau ; De son côté, Diameter contrôle les applications fournies par le réseau IMS jusqu'à l'utilisateur ; Policy Engine, quant à lui, est un moteur de règles d'allocation des ressources réseau en fonction de l'application ; enfin, AAA (Authentication, Authorization, and Accounting) gère l'accès au réseau et facture les services. Cette famille de logiciels tourne sur des serveurs spécifiques, les C-Series Controllers, conçus par Juniper pour fonctionner dans un environnement opérateur avec les performances requises.
Les modules SRC sont dérivés de la plate-forme SDX (Service Deployment System), dont le rôle était limité à la fourniture de services multimédias (Triple Play). L'évolution des réseaux vers l'architecture IMS a conduit Juniper à muscler cet équipement et à l'intégrer au plan de contrôle de l'architecture IMS. Ce dernier constitue la couche intermédiaire entre les infrastructures de transport (fibre, DSL, 3G, câble, etc.) et les applications.
Une carte pour les routeurs haut de gamme
En fournissant quelques-unes des briques du plan de contrôle, Juniper concurrence d'autres équipementiers. Pour le cabinet d'analyses Current Analysis, la sortie de SRC, jugée “ très positive ”, met sous pression ses concurrents, dont Alcatel, Cisco, ou Redback, récemment acquis par Ericsson. Une situation délicate dans la mesure où certains d'entre eux, tel Ericsson, sont des clients de Juniper. Pierre Bichon, ingénieur consultant Consulting au sein de Juniper Europe, minimise cette menace. “ SRC est très lié aux équipements réseaux et Juniper reste le mieux placé pour piloter les siens. ”
Parallèlement, le constructeur a lancé le programme Open IP Service Creation (OSCP). Celui-ci accueille des partenaires développant de nouveaux services et applications. Parmi les derniers arrivés, New Acme Packet garantit la qualité de la voix sur IP, et New Bitband Technologies gère la vidéo à la demande.
Enfin, Juniper n'oublie pas son cœur de métier : les routeurs à hautes performances. Pour les modèles T et M, il a conçu la carte Multiservices Physical Interface Card (MS-PIC). Dotée de puissantes ressources processeurs, elle accélère les performances matérielles des routeurs et exécute les règles définies par les modules SRC. Elle héberge également des services de pare-feu et de détection d'anomalies, de translation d'adresses (NAT), de terminaison de tunnels IPSec, GRE et L2TP LNS, de multiliens (MLPPP), et de facturation.
j.soules@01informatique.presse.fr