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Querelle de clocher entre VMware et Microsoft

VMware reproche à Microsoft de verrouiller le marché avec des pratiques peu loyales. Ce grief ne conduira peut-être qu'à orienter les clients vers une troisième voie, Xen.
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Il est parfois surprenant de voir combien les situations vécues dans la vie réelle rejoignent celles du monde virtuel. Par exemple, en matière d'élection présidentielle, les médias ne nous abreuvent que de la confrontation entre deux candidats, occultant tout autre postulant. L'analogie est facile à faire avec VMware et Microsoft, qui se disputent, eux, le marché de la virtualisation. Masquant ainsi le possible couronnement du troisième larron, Xen. A l'heure où l'on demande aux services informatiques de faire des économies, cette rivalité risque d'inciter certains à se tourner vers les logiciels libres (comme Xen) ou de donner des idées à des Sun ou autres HP.

Il y a deux semaines, VMware a publié un livre blanc, dénonçant les pratiques anticoncurrentielles de Microsoft, surtout en termes de licences ou d'utilisation des machines virtuelles avec ses systèmes d'exploitation. La manœuvre fait plutôt penser à une empoignade entre deux acteurs de mauvaise foi. Il s'agit aussi d'une manière d'occuper au mieux l'espace médiatique, à mesure que VMware, leader sur ce marché, se sent menacé par un concurrent d'envergure.

Un affrontement sur le segment juteux des PME

Après s'être attaqué au segment du haut de gamme avec ESX et avoir mis sur le marché les outils gratuits Server et Player, VMware a en effet enfoncé le clou en déclinant une suite logicielle, appelée Virtual Infrastructure for SMB, à un prix compétitif. Et ce, pour pénétrer le segment juteux des PME-PMI. Ce qui n'est pas du tout du goût de Microsoft. Lequel, pour reprendre la main, annonce qu'il n'autorisera le fonctionnement de ses futurs logiciels d'entreprise que sur le format maison, VHD, exploité par Virtual PC et Virtual Server. A noter que, aux termes de l'accord signé entre Novell et Microsoft, il n'est pas exclu que le couple Suse Linux-Xen supporte VHD. Même si l'éditeur de Redmond perdrait la bataille, il assure ses arrières en n'autorisant la virtualisation que de ses logiciels les plus coûteux, telle la version Enterprise de Windows Vista, au détriment de la version basique.

Quoi qu'il en soit, les revendications de VMware sont de bonne guerre. Même si elles semblent parfois abusives. Il y a fort à parier que l'éditeur a choisi de se poser en victime, car se sentant dépossédé de son bien. Mais si tous ces griefs se justifiaient, cela voudrait dire que plus rien n'est possible dans le monde du serveur virtuel. A quoi bon virtualiser si c'est pour se retrouver dans l'illégalité ? Microsoft tuerait donc, du même coup, la poule aux œufs d'or. Pour le bien de tous, cette somme d'éléments conduira VMware à porter cette affaire devant la justice en mettant en avant le sempiternel “ abus de position dominante ”. Mais Microsoft a l'habitude. Et ces allégations ne semblent pas l'affecter. Au final, on peut miser sur un prochain rabibochage sous la forme d'accords de développement croisés. A l'image de ce qui s'est passé il y a quelques années entre le même Microsoft et Citrix au sujet du client léger Windows, pour ne pas enrayer le marché.

Les sept revendications de VMware

Postulat : Microsoft s'est engagé à fournir un service de support à ceux qui virtualisent Windows seulement si le client paie le niveau Premier. La plupart des grands éditeurs du marché font de même.

Impact : cela n'est pas gênant pour ceux qui ont payé pour le service Premier, mais s'avère problématique pour ceux qui achètent directement du VMware, et qui installent un Windows sur un hyperviseur VMware.

Postulat : Microsoft restreint l'utilisation de son format de machine virtuelle VHD à Virtual Server ou à Virtual PC, alors que les solutions de VMware savent utiliser le VHD.

Impact : la possibilité de pouvoir faire tourner une appliance virtuelle avec Windows inclus est intéressante pour le client. Limiter l'utilisation aux seuls produits de Microsoft tue la compétition. VMware a annoncé un format ouvert, VMDK.

Postulat : certaines machines virtuelles VHD sont maintenant configurées pour s'autodésactiver si elles tournent sur tout autre produit de virtualisation que Virtual PC ou Virtual Server.

Impact : c'est un mécanisme agressif pour forcer les utilisateurs à n'exécuter des machines virtuelles que sur des produits Microsoft.

Postulat : le format VHD interdit aussi la conversion d'une machine virtuelle dans un autre format. Cela circonscrit les utilisateurs de VHD ou les ISV à un écosystème donné.

Impact : Microsoft essaie ainsi d'enrayer l'adoption et l'innovation des ISV. Faute de pouvoir utiliser d'autres formats, les autres solutions sont évincées du marché.

Postulat : la possibilité de migrer une machine virtuelle ou une appliance virtuelle d'un serveur vers un autre est un atout. Des changements dans le mode de licence de Microsoft la restreignent.

Impact : les clients doivent payer pour obtenir des licences supplémentaires de Windows Server ou des licences de Windows Server Datacenter Edition. Cela même si le client n'augmente pas le nombre d'instances serveur. L'intérêt de la virtualisation s'en trouve réduit.

Postulat : Microsoft ne permet de déplacer un OS d'un PC vers un autre que si le premier est désinstallé. En outre, Vista n'autorise cette opération qu'une seule fois. En devenant virtuels, les PC ne peuvent être migrés vers un serveur. Pire : les versions les moins chères ne peuvent être virtualisées.

Impact : Microsoft bride la virtualisation du poste de travail, alors que c'est l'une des évolutions cruciales. Si le client veut veut s'orienter vers ce choix, il devra payer cher. Ce qui enlève à la virtualisation beaucoup de son attrait.

Postulat : Microsoft a développé des API propriétaires pour Longhorn. Lequel permet la communication entre Windows et son hyperviseur. Microsoft n'autorise pas l'utilisation de ces API par d'autres éditeurs que Novell-Xen, avec qui il a conclu un accord.

Impact : en interdisant l'accès de ses spécifications aux ISV ou aux fournisseurs de matériel, Microsoft bloque l'innovation.

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