A la différence du .eu construit autour de l'Union européenne, le .asia ne s'appuie pas sur un projet politique. L'idée de ces nouveaux noms de domaine est portée par un consortium d'extensions locales
asiatiques qui souhaite se doter d'une identité Web commune. A ce titre, la nature du .asia est assez particulière.
Une extension générique
La classification des extensions tenue par l'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) distingue les extensions génériques (.com, .net, .org, .mobi...) des extensions rattachées à un territoire (dites
ccTLD : « Country Code Top Level Domain »). Or, la création du .asia a été entérinée comme une extension générique et non géographique à l'instar du .eu ou du .fr !
Mon .asia grâce à Chypre
Si le commun des mortels peut déduire que le .asia sera réservé aux Asiatiques, il sera peut être étonné du nombre de pays éligibles pour cette extension. Pour obtenir des noms de domaine en .asia, il faudra disposer au minimum
d'un contact local (titulaire du nom de domaine ou contact administratif, technique, facturation) dans un des 73 pays de la communauté DotAsia définie par l'ICANN.
Parmi ces pays, on retrouve l'Australie ou la Nouvelle Zélande. En effet, le .asia représentera l'ensemble de la région asiatique, Océanie comprise. Plus cocasse (l'Icann aurait-elle besoin de géographes ?), on
retrouve parmi ces 73 pays éligibles, Chypre, pays membre de l'Union européenne !
Avec cette vision géographique « large » (on compte également Israël, l'Arménie, la Jordanie, le Liban...), le .asia couvrira plus de 3 milliards de clients potentiels, soit la moitié de la
planète !
Comme tout nouveau lancement d'extension,
le registre met en place des périodes d'enregistrements prioritaires
(dites « sunrise period« ») pour les différents ayants
droit afin d'éviter les dépôts abusifs dE type cybersquatting. Si il n'y a qu'une demande sunrise pour un nom de domaine, le nom sera alors enregistré.
Des enchères pour départager les ayants droit
En cas de demandes multiples, le registre introduit une nouvelle méthode pour départager les requérants : des enchères ! L'attribution du .asia se fera alors sur la base du plus offrant. Le registre justifie ce procédé
pour éviter la loterie du « premier arrivé, seul servi » qu'on avait pu connaître pour le .eu (280 personnes déclaraient être titulaire d'un droit antérieur sur sex.eu...). Le récent .mobi utilise ce
système d'enchères pour des noms dits premium (bank.mobi, video.mobi...), mais trancher l'attribution d'un nom pour lequel les deux parties ont des droits antérieurs selon le plus gros chèque, c'est une
première !
Cette formule évitera toutefois aux demandeurs de multiplier leurs commandes chez des bureaux d'enregistrement (dits « registrars ») pour accroître leur chance comme on avait pu le voir sur le .eu. Après
ces enchères, le .asia s'ouvrira aux personnes morales et / ou physiques présentes dans un des 73 pays éligibles, sans droit au nom.
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