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C'est au Cebit, la semaine prochaine, que Quantum devrait annoncer son désengagement de la technologie DLT, sur laquelle reposent ses gammes DLT-S, SDLT, et DLT-V. Une décision tardive mais sage, qui ne surprend guère un cadre de Quantum interrogé. Pourquoi le DLT (Digital Linear Technology) s'éteint-il au bout de dix ans ? Simplement parce que le LTO (Linear Tape Open) a pris le dessus. En fait, sur le segment des dérouleurs de milieu de gamme, une technologie a toujours fini par remplacer l'autre. Retour sur les treize dernières années de la bande magnétique.
En 1994, Quantum récupère le DLT en acquérant, pour 360 millions de dollars, la division stockage de DEC. Un achat motivé par l'activité disque dur du constructeur, et non par son format de bande. Au final, c'est le DLT qui connaît le succès. Il balaie le 8 mm, qui a fait les choux gras d'Exabyte (vendue à Tandberg l'an dernier) au début des années 90. En 2000, l'explosion du DLT est telle que Quantum cède à Maxtorson activité disque dur. Un marché où il occupe pourtant la deuxième place.
Mais la même année, l'horizon du DLT s'assombrit : HP, IBM, et Seagate créent un format concurrent, le LTO. Quantum perd alors peu à peu ses deux plus gros partenaires OEM (HP et IBM). En outre, il a le tort de garder jalousement sa technologie propriétaire. Ce qui profite au LTO, multi-constructeur. Ce dernier va devenir le standard de facto de la sauvegarde. Sentant le vent tourner, Quantum reprend en 2004 (pour 60 millions de dollars) Certance, la filiale de Seagate en charge du LTO. Les deux technologies ont beau être très comparables, les clients de Quantum privilégient le LTO.
Preuve du déclin du DLT : le montant des redevances perçues par Quantum sur la fabrication de ses cartouches de bande (par Fuji, Imation, Maxell, et Sony) ont chuté de 209 à 129 millions de dollars de 2001 à 2005. En 2005, Freeman Reports estimait que le LTO représentait 82 % des lecteurs de 100 Go et plus. Ce taux est encore plus élevé aujourd'hui. Sur les six constructeurs de lecteurs de bande encore présents, quatre font partie du consortium LTO depuis que Tandberg l'a rejoint.
La qualité de la technologie DLT n'est ici pas en cause. Le principe de la piste optique au verso du support magnétique aidant à guider la lecture avec précision était unique. En outre, le plus récent modèle de Quantum, le DLT-S4, avec sa capacité de 800 Go par cartouche et un taux de transfert de 60 Mo/s, surpasse l'actuel LTO-3 (400 Go et 60 Mo/s), en attendant sous peu un LTO-4 (800 Go, 120 Mo/s).
Si l'on exclut celles qui semblent condamnées (Travan de Quantum, AIT de Sony, et SLR ou VXA de Tandberg), seule une poignée de technologies de bande magnétique subsiste : le LTO pour les environnements ouverts, et les cartouches du type 3480 pour les mainframes, où se battent IBM et Sun/Storagetek avec des produits propriétaires. Le vrai concurrent du LTO est désormais le disque magnétique, dont le prix au gigaoctet dégringole à la même vitesse que grimpe sa capacité. Il devient un média de protection de données autrement plus rapide et pratique que la bande. Quantum peut regretter de l'avoir abandonné.
redaction@01informatique.presse.fr
Le 8 mm a été détrôné par le DLT, lui-même en voie d'être remplacé par le LTO.
“ Quantum va se concentrer sur la technologie de bande LTO. Le moment est bien choisi, car la société aurait dû dépenser beaucoup pour finaliser le développement de la prochaine génération de produits DLT-S5 et DLT-V5. Elle prévoit cependant d'introduire dans les prochains mois un DLT-S4 avec chiffrement natif pour certaines de ses bibliothèques. Au final, le DLT existera pendant plusieurs années encore. Mais comme les formats Travan et DDS, ses parts de marché continueront de s'effriter faute de plan de route. ”
















