Réalité virtuelle pour arrêter de fumer
Selon Evelyne Klinger, chercheur spécialiste des thérapies assistées par la réalité virtuelle
01 Informatique
le 02/02/2007 à 00h00
Alcoolisme, tabagisme, prise de cocaïne, troubles comportementaux… Saviez vous que la réalité virtuelle peut constituer un moyen de lutte efficace contre les addictions ? Intéressant à savoir en ce début de mois de février, où la cigarette est définitivement bannie des bureaux. Le principe de cette réalité virtuelle au service de la neuropsychologie peut s'énoncer simplement : analyser les réactions du patient, et lui apprendre à résister à la tentation en l'immergeant dans un environnement virtuel, qui crée les conditions de sa consommation addictive. “ Les consommateurs de drogue (médicaments, tabac, substances illicites – NDLR) ressentent une augmentation de leur désir de consommer quand ils sont exposés aux stimuli relatifs à la drogue ”, précise Evelyne Klinger. Docteur en informatique et spécialiste des thérapies assistées par la réalité virtuelle, elle raconte ainsi comment une équipe de chercheurs est parvenue à recréer tout un environnement virtuel. “ Ils ont questionné 64 fumeurs pour définir le lieu et les objets les plus évocateurs du tabagisme. ” Bars, boissons alcoolisées, paquets de cigarettes, briquets, verres de bière : un bar virtuel a été développé, et peuplé d'agents virtuels au comportement de fumeur. Sur les 22 fumeurs ayant participé au test, une moitié a été immergée dans l'environnement virtuel, et l'autre soumise à une exposition classique d'images. Résultat : l'environnement virtuel est “ significativement plus efficace que l'exposition classique pour générer le besoin de fumer ”. Surtout appliquée aux maladies neurodégénératives et aux dysfonctionnements cognitifs, cette thérapie a pour objectif de rendre le patient actif, de le motiver, et de l'inciter à poursuivre son traitement : “ Les environnements virtuels utilisés à des fins cliniques présentent auprès des participants une attractivité voisine à celle des jeux vidéo. Même si leur graphisme est plus pauvre. ”
a.muller@01informatique.presse.fr