











Les start-up du Web français démarrent l’année sur les chapeaux de roue. Pas une semaine ne passe sans que l’on annonce une levée de fonds. Une vague qui a bénéficié, entre autres, à Exalead et Wikio. En cela, 2007 suit et amplifie un mouvement initié l’an dernier avec les levées emblématiques de Netvibes (12 millions d’euros) et Dailymotion (7 millions d’euros). A dix jours d’intervalle, deux études – celles de Dow Jones Venture One, puis de Library House – confirment la santé florissante du capital-risque français, deuxième marché européen derrière la Grande-Bretagne.
“ Après l’éclatement de la bulle, le capital-risque a hiberné pendant quatre ans, se souvient Christophe Chausson, fondateur de Chausson Finance. Puis, les cessions opérées sur les valeurs de la première vague ont aidé les investisseurs à réaliser de belles plus-values. Un multiple de cinq pour Kelkoo, et de huit pour Meetic. ” De l’argent susceptible, aujourd’hui, d’être réinvesti auprès de net-entrepreneurs, dont beaucoup sont des récidivistes.
Le “ buzz ” autour du Web 2.0 n’est pas étranger à la dynamique. A la différence de la génération précédente, le ticket d’entrée est bas, et les fonds prennent donc moins de risques en soutenant les nouveaux entrants. “ Le contenu est généré par les utilisateurs, et la propagation par voie virale permet de se dispenser de marketing. ”
Autre différence de taille avec la période passée, les capital-risqueurs disposent aujourd’hui, selon Maurice Khawam, président de Next Fund Capital Partners et de l’IE-Club, de “ métriques non contestables ”. “ Il existe des données fiables sur le nombre d’abonnés ADSL ou les comportements d’achat sur internet, qui nous aident à évaluer un site de média, de commerce électronique, ou d’intermédiation. ”
Quant aux sites à forte audience, la publicité n’est pas leur seule source de revenus possible. “ Un fournisseur d’outils comme Netvibes peut proposer sa plate-forme en marque blanche. A l’image de ce que fait, par exemple, Expedia pour Voyages-Sncf.com. ” Pour autant, le capital-risque n’est pas une science exacte, et la sélection naturelle joue son rôle. “ Pour exister sur un secteur aussi concurrentiel, une société doit s’imposer parmi les cinq premières de son marché. ”
Rédacteur de Techcrunch.fr et directeur général du fonds israélien Lightspeed Gemini Internet Lab, Ouriel Ohayon pose un regard plus mitigé sur le paysage français. “ Vu d’Israël, des Etats-Unis, ou de la Corée du Sud, les investisseurs français restent frileux. ” Les levées hexagonales oscillent, en moyenne, entre 1 et 5 millions d’euros, alors qu’elles dépassent souvent les 10 millions de dollars outre-Atlantique. “ En France, on réplique beaucoup ce qui a été fait ailleurs. ” Et quand les sociétés innovent, comme Netvibes ou Wikio, elles sollicitent des fonds étrangers. Les réussites françaises deviennent vite des proies faciles, à l’instar d’iBazar et de Kelkoo.
Enfin, selon Ouriel Ohayon, les fonds d’amorçage comme Quick Start ou Y Combinator aux Etats-Unis, qui financent rapidement et sur de petits montants des sociétés naissantes, manquent. “ Les business angels français connaissant Internet se comptent sur les doigts des deux mains. ” La médiatisation de figures symboliques d’un certain succès à la française, comme Tariq Krim (Netvibes) et Benjamin Bejbaum (Daily motion), pourrait changer la donne.
















