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Immerger davantage les étudiants dans les formations internationales

Selon Christian Margaria, président de la Conférence des grandes écoles, les entreprises apprécient les compétences de ceux qui ont obtenu un double diplôme.
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01 informatique : Quel est l'avenir des doubles diplômes ?
Christian Margaria : L'obtention d'un double diplôme implique de prolonger ses études durant un semestre, voire parfois deux. L'une de nos pistes de travail consiste à passer d'une logique de double diplôme à celle de diplôme conjoint. L'étudiant sera alors en mesure de suivre tel ou tel semestre en Virginie ou en France avec une valeur équivalente. Au bout du compte, le diplôme final sera un même parchemin, signé par deux chefs d'établissement.

Faut-il obligatoirement instaurer l'international dans les cursus des écoles d'ingénieurs ?
On ne peut pas prétendre former des ingénieurs si on ne les immerge pas dans des formations internationales. C'est la raison pour laquelle désormais la plupart des écoles d'ingénieurs ont soumis l'obtention de leur diplôme à un séjour minimum à l'étranger – pratique instaurée depuis la fin des années 80, sous la forme de stages en entreprises tout au long de la scolarité, ou de complément d'études donnant lieu à un double diplôme. Le temps de séjour obligatoire est, actuellement, d'au moins deux mois. Il passera bientôt à un semestre pour la majorité des écoles. Et c'est logique : si un ingénieur ne bénéficie pas d'une ouverture internationale à 25 ans, il ne l'aura pas plus tard !

Les entreprises n'ont-elles pas des réticences face à l'allongement du cursus des jeunes alors que leurs besoins en termes de recrutement sont urgents ?
D'un côté, les entreprises a apprécient particulièrement la démarche ainsi que les compétences des jeunes qui ont suivi ces cursus. De l'autre, leurs difficultés à recruter sont telles qu'elles contactent de plus en plus souvent les jeunes avant même l'obtention de leur diplôme. De ce fait, nos statistiques concernant le premier emploi montrent que, depuis deux ans, la durée moyenne de recherche baisse régulièrement, et que les salaires d'embauche augmentent. Mais, dans le même temps, le nombre d'étudiants – et donc celui des diplômés – diminue.
La plupart des entreprises manifestent une certaine inquiétude pour l'avenir. Elles se demandent comment elles vont recruter. Et, finalement, le fait que les jeunes prolongent leurs études génère chez elles quelques réticences – le double diplôme implique, en effet, un allongement d'un semestre, voire d'un an.

En raison de la tension du marché de l'emploi, cette situation peut-elle faire infléchir ou remettre en cause le double diplôme à l'étranger ?
Absolument pas. Bien au contraire. Nous avons justement observé que la crise n'a pas favorisé les départs à l'étranger des étudiants pour des prolongations d'études. En effet, elle a conduit les jeunes à rester en France pour ne manquer aucune occasion d'entrer dans une entreprise. Nous pouvons donc penser que l'amélioration très nette du marché de l'emploi les encourage à s'éloigner de l'Hexagone en toute sérénité. Ils savent qu'ils trouveront un poste en rentrant. Sans compter qu'ils obtiennent souvent leur premier travail à l'étranger, dans le pays de leur stage ou ailleurs.

Les Etats-Unis demeureront-ils parmi les destinations phares ?
Les Etats-Unis et le Canada sont resté longtemps des destinations phares. Aujourd'hui, l'Europe de l'Ouest est très appréciée. Demain, les étudiants s'orienteront de plus en plus vers la zone asiatique : Singapour, Taïwan, l'Inde, et la Chine. Lorsque les étudiants partent à l'étranger, ils ne recherchent pas forcément le même type de formation qu'en France. Ce qu'ils veulent surtout, c'est étudier dans une langue étrangère et acquérir des méthodes de travail différentes, internationales. Nos écoles se sont bien implantées en Chine. En particulier l'intergroupe des Ecoles centrales et le réseau des Insa, qui y ont noué des accords avec les universités. N'oublions pas qu'une partie de leur enseignement est dispensée en anglais.

Les programmes de formation en ligne ont-ils ou peuvent-ils changer la donne ?
Non, je ne crois pas que l'e-learning remplace un jour l'enseignement traditionnel. Tout au plus, l'enseignement à distance améliore la visibilité des établissements. Cependant, il permet, et dans certains cas, d'opérer une mise à niveau afin de faciliter l'intégration d'un cursus pour lequel l'étudiant n'aurait pas les prérequis.

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