











Intranet, morne plaine… Dans la grande majorité des cas, l'accès au portail s'effectue depuis un frontal web (Internet Explorer ou Firefox) n'offrant qu'un niveau d'interactivité minimum. “ L'ergonomie n'est pas une priorité dans un projet de portail, note Marc-Eric Trioullier, consultant architecte en systèmes d'information chez SQLI. Au mieux, un quart du développement est consacré au poste client. ” Ce sont les problématiques d'intégration et d'interaction qui priment. Le travail sur l'interface homme-machine (IHM) n'intervient que lors des versions 2 ou 3 du projet. Ce qui ne manque pas de léser, dans un premier temps, des utilisateurs qui ont pu être habitués, avec les architectures client-serveur, à des interfaces riches - multifenêtrage, glisser-déplacer à la souris, etc. Pourtant, nombre de solutions permettent désormais d'accéder à un portail. Au-delà de l'affichage du seul HTML dans le navigateur, quatre typologies d'IHM existent : l'application bureautique, le widget, ou gadget, la RDA (Rich Desktop Application), et la RIA (Rich Internet Application).
Avec l'approche RIA, les informations liées au portail se logent toujours dans le navigateur. Mais avec des techniques d'affichage dynamique, comme DHTML, Flash, ou Ajax. DHTML ? Ejecté en raison d'un manque de portabilité sur les navigateurs et de sa maintenance cauchemardesque. Flash ? Boudé par les développeurs et les DSI, qui considèrent encore - et à tort - la technologie d'Adobe comme un dada de graphiste. De fait, Flash reste cantonné aux images vectorielles et, depuis peu, à l'affichage de vidéos. Ajax, lui, est systématiquement requis dans les appels d'offres. Mais son utilisation débute à peine.
Contrairement à la RIA, les trois autres typologies s'affranchissent du navigateur. Le client RDA était déjà en vogue durant la bulle internet. Mais les techniques d'alors (applets Java et réseaux à bas débit) en ont sonné le glas. Les utilisateurs continuent de réclamer le mode déconnecté.
Cette approche renaît donc aujourd'hui sous la houlette des spécialistes de l'infrastructure, comme IBM (avec Expeditor) ou Microsoft (Windows Presentation Framework Everywhere), qui cherchent à y placer leurs briques - base de données embarquée, miniserveur d'applications. Elle mobilise aussi des éditeurs d'applications comme Salesforce.com, qui devrait proposer un tel client dans un futur proche. Pour l'instant, celui-ci se contente d'un exécutable fonctionnant dans un navigateur. “ Le programme pioche ses pages HTML et ses formulaires XSLT dans une base de données XML embarquée ”, détaille Khalid Lach Gar, directeur technique France de Salesforce.com.
Une autre approche, plus moderne et plus ciblée : le widget, ou gadget. Celui-ci est l'équivalent d'un portlet, mais il s'affiche en dehors d'un navigateur. L'Américain Hyperion l'utilise sous le nom de Smart Spaces. Ils affichent, pour chaque salarié, les indicateurs clés qui l'intéressent.
Dernière option, le client lourd, constitué par l'un des éléments d'une suite bureautique. Excel et Outlook sont déjà couramment utilisés. Le lecteur de fichiers PDF pourrait aussi jouer ce rôle en étant étendu à tout type de données. Ce qu'imagine Adobe avec son prochain moteur d'exécution, Apollo.
Une réglementation européenne liée à l'accessibilité des sites web pourrait cependant freiner l'essor de certaines technologies. Ajax n'est pas compatible avec le Web Content Accessibility Guidelines 1.0 du W3C, et les frameworks de développement de clients riches sur poste de travail n'ont pas encore pris en compte cette nouvelle contrainte.
Hyperion prépare un client riche. Baptisé Smart Spaces, ce gadget affiche des indicateurs personnalisés pour chaque utilisateur. Il propose aussi des fonctions de travail collaboratif via la messagerie instantanée et la détection de présence.
