Quaero continue sans les industriels allemands
Les entreprises allemandes ont déclaré forfait pour Quaero. Ils emprunteront la voie du web sémantique dans le projet Theseus. Les Français, eux, continuent.
01 Informatique
le 19/01/2007 à 00h00
Fin décembre, le secrétaire d'Etat à l'Economie allemand, Hartmut Schauerte, confirmait le retrait des industriels de son pays du projet de recherche franco-allemand Quaero. Pour François Bourdoncle, PDG d'Exalead, l'un des participants français, rien de surprenant à cela : “ Ils ne sont pas sortis de Quaero. Ils n'y sont jamais entrés. ” Selon lui, les entreprises allemandes n'ont jamais accepté de suivre le processus imposé par un projet européen. Dans sa version en ligne, le quotidien Der Spiegel évoque une autre explication. Le projet aurait été déclaré comme relevant de la recherche fondamentale. Ce qui aurait pu induire l'attribution directe de financements européens à des industriels comme Thomson ou Bertelsmann. Aux yeux de la Commission européenne, ceux-ci risquaient ainsi d'enfreindre les règles antimonopole.
En France, Quaero poursuit son chemin. Déjà couché sur papier, il attend l'approbation de Bruxelles, qui déclenchera les financements. Les Allemands - Deutsche Telekom, SAP, et autres Siemens - suivront un autre fil d'Ariane dans le cadre du programme Theseus. Celui-ci se focalise sur le web sémantique, tandis que Quaero conserve une plus vaste plage de recherche.
Des divergences technologiques
Qualifié, dès son annonce en 2005, de Google européen, Quaero devait réunir industriels et laboratoires des deux côtés du Rhin afin de développer “ de nouveaux systèmes de gestion des contenus numériques multimédias pour des applications grand public ou professionnelles ”. Au programme, non pas un seul moteur de recherche, mais bien un ensemble de technologies de pointe autour des contenus multimédias : indexation de contenu vidéo par génération automatique de descriptif textuel, stockage de très grande quantité de données, mais aussi recherche sémantique. Les divergences d'intérêt technologique entre les deux pays pourraient aussi être à l'origine du divorce.
Cependant, toute collaboration n'est pas écartée. Deux laboratoires allemands restent impliqués, dont l'université de technologie RWTH à Aix-la-Chapelle. De plus, le gouvernement allemand n'exclut pas de nouvelles formes de collaboration industrielle…
e.delsol@01informatique.presse.fr
Les acteurs de Quaero
Entreprises : Thomson, Exalead, Jouve, LTU Technologies, Synapse, Bertin, Vecsys.
Laboratoires français : Limsi (Laboratoire d'informatique pour la mécanique et les sciences de l'ingénieur) au CNRS, INA, Inria, Inra, Ircam, GET, Irit (Institut de recherche en informatique de Toulouse), Clips (Communication langagière et interaction personne-système) à Grenoble, etc.
Laboratoires allemands : université technologique d'Aix-la-Chapelle et université de Karlsruhe.