











“ Ce qui a fait la différence c'est la convivialité de la machine, sa rapidité d'installation et de désinstallation ainsi que son prix ”, commente Paul Subrini, premier maire-adjoint d'Issy-les-Moulineaux. Entre les trois systèmes de vote électronique accrédités par le ministère de l'Intérieur, cette ville technophile des Hauts-de-Seine a fait son choix et jeté son dévolu sur iVotronic, une solution développée par la société ES&S.
Pour la prochaine élection présidentielle, les quarante bureaux de vote de la localité dirigée par André Santini seront équipés d'une soixantaine de machines à voter électroniques. Cette solution technique sera déployée simultanément dans sept autres villes françaises, dont Saint-Malo, Wissous et Noisy-le-Sec. “ Après plusieurs expérimentations pilotes réussies, nous avons opté pour le vote électronique, pour plusieurs raisons, souligne Paul Subrini, des raisons financières, même si l'économie exacte est aujourd'hui difficile à chiffrer. En achetant le matériel la ville va bénéficier des subventions prévues par l'Etat pour ce type d'équipement. Par ailleurs, cette solution représente un gain de temps manifeste en particulier pour le décompte des voix. ”
L'accent a également été mis sur l'accessibilité pour tous. La machine à voter électronique est ainsi utilisable par les aveugles et malvoyants grâce à un système de casque audio et une navigation en braille. De même, la solution est accessible aux handicapés moteur car la machine peut être déposée sur les genoux de l'électeur. “ Voter de cette manière, c'est plus simple que de retirer de l'argent dans un distributeur ”, affirme Paul Subrini. Malgré tout, avant le jour J, une camionnette équipée d'une machine à voter va parcourir assidûment la localité sur les marchés pour informer la population et notamment les personnes âgées des changements en cours.
Cependant, et c'est une question classique quand on aborde la thématique du vote électronique, quid de la sécurité et de la confidentialité du vote ? De ce côté-là, la machine à voter électronique est officiellement présentée comme garantissant “ un niveau de sécurité maximal grâce à un système d'exploitation qui lui est propre et donc non piratable, et à plusieurs mémoires indépendantes ”.
Auxquels vient s'ajouter “ un dispositif de scellement de la machine avant et après les élections ”. En pratique, “ l'activation d'un boîtier déporté permet à chaque électeur de voter. Ce boîtier est contrôlé par les responsables du bureau via une clé électronique propriétaire ”, explique Denis Muthuon, directeur commercial Europe du prestataire ES&S.
“ Par ailleurs, pendant la journée, chaque vote est enregistré dans la machine comme un bulletin dans l'urne, détaille Denis Muthuon. A la fin des opérations, le dispositif est bloqué pour éviter toute manipulation. On effectue le dépouillement en quelques secondes et pour un éventuel recomptage, un fichier est disponible pour une vérification manuelle. ”
Si en France, les procédés de vote électronique sont soumis à des organismes de vérification comme le bureau Veritas et, pour être agréés, doivent répondre aux 114 spécifications techniques définies par le ministère de l'Intérieur, aux Etats-Unis les procédures de contrôle sont beaucoup plus lestes.
“ Il y avait là-bas des systèmes où le vote pouvait être activé par Wi-Fi et était donc parfois très vulnérable ”, explique Paul Subrini. Lassé par les contestations chroniques de résultats électoraux, le pouvoir politique qui s'était lancé à corps perdu dans la mise en place du vote électronique après le cafouillage historique des élections de l'an 2000 (entre George W. Bush et Al Gore), fait aujourd'hui machine arrière.
Dans son édition du 2 février 2007 le New York Times publie une grande enquête sur le désamour dont ferait l'objet le vote électronique outre-Atlantique. Le quotidien rapporte ainsi que le gouverneur de Floride, Charlie Crist (successeur de Jeb Bush), vient d'annoncer son intention d'abandonner les machines à voter électroniques. Le sénat de l'Etat de Virginie vient également d'adopter une loi qui prévoit de mettre hors-jeu ces machines pour les remplacer par un procédé à scanner optique. Le Maryland serait dans les mêmes dispositions d'esprit, souligne le New York Times. Et serait suivi en cela par des états comme New York et le New Jersey.
Pourquoi tant de doutes ? Parce que l'impossibilité de recompter les opérations de vote à partir d'une trace papier avait fini par créer plus de problèmes qu'elle n'en résolvait. Heureusement, en France, une fois configurées pour une élection donnée, les machines à voter électroniques font l'objet d'une validation en préfecture. Ce qui devrait être de nature à rassurer les plus électeurs les plus sceptiques.
















