











Quel est le point commun entre Nicolas Sarkozy, Gilles de Robien, François Baroin, Pascal Clément et le maire de Ploërmel, Paul Anselin ? Certes, ils sont presque tous membres de l'UMP, mais pas seulement. Cette année, ils étaient aussi nominés au prix Orwell dans l'Hexagone, des récompenses décernées tous les ans dans quinze pays par les Big Brother Awards (BBA) sous l'égide de l'association de défense des droits de l'homme Privacy International, basée à Londres.
L'objet de ce happening, qui sera retransmis en différé, vendredi 26 janvier, sur la chaîne Téléplaisance (1), est de récompenser les “ plus fins prédateurs de la société de surveillance ”. Mais attention, aux BBA, comme aux Césars et autres Oscars, s'il y a beaucoup d'appelés, il y a toujours aussi peu d'élus.
Pour cette édition 2006, Nicolas Sarkozy ayant été in fine exclu par le jury (voir encadré), c'est le garde des Sceaux, Pascal Clément, qui a décroché un Orwell pour “ l'ensemble de son oeuvre ”. Par ce geste, le jury a récompensé “ l'ardent promoteur du bracelet électronique ” pour son “ acharnement à vouloir contrôler et enfermer, et pour son mépris des institutions et des droits de l'homme ”.
Dans une catégorie plus anecdotique mais tout aussi importante, les Orwell Localités, un hommage appuyé a été rendu à l'action de Paul Anselin, maire de Ploërmel dans le Morbihan, où l'on recense aujourd'hui plus de 50 caméras de surveillance pour 9 000 habitants. Et ce, “ malgré une délinquance zéro ”, soulignent les promoteurs des BBA.
A noter également, dans la catégorie Orwell Entreprises, le prix attribué à la maison de disques Sony-BMG. Le label a reçu cette distinction “ en raison de son 'rootkit', petit programme espion qu’elle avait installé dans les CD qu’elle vendait dans le commerce ” afin de contrôler l'usage que pourrait faire desdits CD les consommateurs-acheteurs.
(1) La diffusion en direct sur cette chaîne n'a pas eu lieu, en raison de problèmes techniques.
Nominé six fois en sept ans, Nicolas Sarkozy est la star incontournable des Big Brother Awards. De la Loi sur la sécurité intérieure (LSI) au projet de loi de prévention de la délinquance (PLPD) “ qui encourage la délation et le fichage des enfants et des familles précaires ”, le ministre de l'Intérieur en exercice est le chouchou du jury.
Cette année pourtant, ce dernier a décidé de l'exclure “ pour racolage actif et passif, exhibitionnisme et outrage à magistrat, (…) pour avoir revendiqué de multiples atteintes à la vie privée, et pour avoir activement promu la surveillance en général et le fichage en particulier ”.
Si Nicolas Sarkozy était poursuivi, précise l'équipe française des BBA, “ il serait passible de plusieurs années de prison (…) et pourrait se voir proposer le port du bracelet électronique ”.
















