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Cet article est extrait de : 01 Informatique

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[ EMPLOI ]
Informaticiens, passez en zone libre !
D'ici à 2010, le marché du libre devrait créer 50 000 emplois. Une aubaine pour les profils atypiques et les salariés de SSII en quête de mobilité.

Xavier Biseul , 01 Informatique, le 18/12/2006 à 07h00

En quatre ans, 50 000 emplois supplémentaires à pourvoir ? Selon une estimation de l'Association des sociétés de services en logiciels libres (ASS2L), le marché de l'emploi dans l'open source devrait être multiplié par six d'ici à 2010. Le libre représenterait déjà, a minima, 10 000 emplois en France. Soit 6 000 emplois directs chez les SS2L, les SSII généralistes et les éditeurs spécialisés, et 4 000 emplois induits côté utilisateurs. Une fenêtre de tir idéale. « Des places dans l'open source sont à prendre aujourd'hui, assure Alexandre Zapolsky, président de l'ASS2L et PDG de Linagora. Quand on aime l'informatique, c'est ici qu'il faut être. Les taux de croissance sont plus forts que lors du décollage Internet. Internet a changé la carrière des gens. On assiste à la même chose avec le libre. »

D'ores et déjà, le marché du travail connaît des tensions sur certains profils rares comme les développeurs PHP, J2EE, Ajax, Xul, ou Python, ou les spécialistes des architectures orientées services, des PKI, des annuaires openLDAP, des messageries open source, ou des outils de supervision tel Nagios. « Le marché a aussi besoin de professionnels capables de compiler et décompiler du code source afin d'adapter des applications existantes au monde libre », complète Alexandre Zapolsky.

Si les débutants sont recrutés aux conditions du marché afin d'éviter la surenchère salariale, les seniors justifiant de quatre à six ans d'expérience dans le libre ont vu leur cote grimper. Le salaire annuel d'un expert en SS2L peut ainsi atteindre 70 000 euros. Une surcote de 30 %. Ce qui ne fait qu'amplifier le passage des informaticiens d'une SSII généraliste à une société de services spécialisée. La pénurie est d'autant plus forte que la formation initiale a suivi le phénomène avec retard. Les cursus spécialisés proposés par certaines universités et grandes écoles comme l'Isima, l'Epita, l'Epitech, Supinfo, ou l'INT sont de création récente. « Les acteurs du libre doivent renforcer le dialogue avec le monde de l'enseignement afin de faire émerger les filières ad hoc. » C'est l'une des actions prioritaires de l'ASS2L, qui porte aussi l'idée d'un pôle de compétitivité dédié au logiciel libre.

Une « open source valley »

Faute de trouver suffisamment de jeunes diplômés formés, les sociétés de services se tournent vers les contributeurs des communautés open source. Des développeurs brillants, mais non professionnels. « Plutôt que de développer de façon bénévole et sur leur temps libre, nous leur proposons d'en faire leur métier, confie Alexandre Zapolsky. C'est un risque partagé. Les recrutements atypiques prennent plus de temps. Et il faut sécuriser au mieux les parcours. »

Pour Josselin Peyron, chef de projet chez Open Wide, l'image péjorative de « geeks » de ces développeurs ne reflète pas la réalité. « Les communautés se professionnalisent, et nombre d'éditeurs jouent le jeu en y participant activement ou en créant de nouveaux projets. » Par exemple, le projet Alfresco dans la gestion de contenu, lancé par des anciens de Documentum. Enfin, Alexandre Zapolsky évoque la piste internationale. « Une véritable open source valley s'est constituée en Ile-de-France, où se concentrent 250 acteurs spécialisés et de grands utilisateurs. » Le message est clair : si vous voulez faire du libre, c'est à Paris que cela se passe.

Retrouvez toutes ces adresses sur : www.01blog.fr/1881

Qui recrute ?

Le sociétés de services en logiciels libres (SS2L)

On peut citer Open Wide et Linagora, les deux principaux intégrateurs de solutions applicatives open source, mais aussi IdealX, spécialisée dans la sécurité et les infrastructures à clés publiques, ou Ingeniweb et Pilot Systems dans la gestion de contenu.

Les SSII généralistes

Atos Origin, Bull, IBM, Capgemini, EDS Answare, Steria, ou Unilog LogicaCMG... Toutes les grandes SSII se sont positionnées sur le logiciel libre - en direct, au travers d'une filiale spécialisée, ou d'un rachat.

Les éditeurs

Qu'il s'agisse d'éditeurs spécialisés dans l'open source comme Red Hat, MySQL, JBoss ou Novell, ou d'éditeurs traditionnels ayant ouvert leurs solutions au logiciel libre, comme IBM, CA ou BEA.

Les utilisateurs

L'Administration et le secteur public sont à l'origine des plus grands projets open source. On pense notamment au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (Minefi), qui a entrepris le plus important projet d'industrialisation de logiciels libres en France, voire dans le monde.



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