Quel développeur n'a jamais rêvé d'écrire en une seule fois une application qui fonctionnerait tout aussi bien sur Mac OS X, Linux et Windows ? Cette promesse n'a pas été tenue par Java qui peine à s'imposer sur le poste client. Après son rachat de Macromedia il y a un an, Adobe se lance donc à son tour dans l'aventure d'une machine virtuelle universelle. L'éditeur promet qu'il suffira d'installer son socle d'exécution Apollo pour pouvoir exécuter une application Flash, un site web HTML ou Ajax, ou un bien encore un formulaire PDF, sur n'importe quel poste client.
Adobe ne s'est pas contenté de réunir son lecteur PDF, le lecteur Flash et webkit (le moteur du navigateur Safari) dans un seul runtime de moins de 10 Mo. Il a en outre créé des ponts entre les différents modèles objets de Flash, HTML et PDF. Une application Apollo peut donc mélanger les trois technologies dans un même écran.
Le deuxième tour de force d'Adobe est d'avoir libéré Flash du navigateur. Le runtime Apollo fonctionne en effet en dehors du navigateur. Il accède au système de fichiers du PC ou du Mac hôte. Ce qui permet de mettre en oeuvre un cache de données pour supporter le mode déconnecté. « L'accès aux ressources locales est l'un des arguments de poids des RDA face aux RIA » souligne Frédéric Bon, fondateur du cabinet de conseil en architecture Clever Age.
Les applications Apollo se déploient en un clic de souris et se mettent à jour via Internet. Mais, pour l'utilisateur final, il est impossible de faire la différence avec une application Windows ou MacOS X native. « Cette conjonction entre une interface très ergonomique, le support du mode déconnecté, et un déploiement via le web sur tous les OS est la promesse de base du client riche. Or, seul Adobe la respecte aujourd'hui » rappelle Yves Dieterich, responsable département produits de l'éditeur Itesoft qui a opté pour cette technologie.
La portabilité n'est pas le seul point fort d'Apollo. Grâce à ses outils, à la concision de MXML, et à la présence d'une large palette de composants de haut niveau, il ne faut que 10 minutes pour développer un lecteur MP3 et 20 lignes de code Flex suffisent pour créer un lecteur de fils RSS. Reste « qu'il est urgent qu'Adobe évangélise, il n'y a actuellement quasiment pas de développeurs formés sur le marché. Par ailleurs, Adobe a l'habitude d'adresser le monde de l'infographie et il est peu impliqué dans l'informatique d'entreprise » estime Didier Girard, directeur technique de la SSII Sfeir.
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