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L'humanitaire mobilise de plus en plus d'entreprises. Une aubaine pour les collaborateurs volontaires, soucieux de sortir de leur quotidien et heureux de mettre leur savoir-faire au service des plus démunis. Dans certains cas, même, ils sont à l'initiative de cet engagement. Et ils apprécient vivement que leur employeur leur facilite les démarches, notamment à travers leur fondation. A cet engouement, plusieurs raisons. D'abord, c'est dans l'air du temps. Ensuite, les sociétés aiment s'afficher responsables sur les plans social et éthique. Une image qui séduit bon nombre de candidats à l'emploi. Enfin, en interne, c'est aussi un bon moyen de souder ses troupes et de les fidéliser.
Combattre la fracture numérique
Dans l'informatique, des entreprises semblent très intéressées par le mécénat de compétences. Rien d'étonnant pour Virginie Legrand, à l'origine de la création, en octobre 2005 - avec l'association les Enfants du Mékong et la fondation Accenture -, du Center for Information Systems Training (Cist). C'est une école d'informatique à Phnom Penh, qui forme des administrateurs de systèmes : « Beaucoup de jeunes informaticiens sont flexibles et habitués à bouger. Ils sont aussi fortement sensibilisés à la fracture numérique, et n'hésitent pas à interpeller leur entreprise sur ces questions », admet-elle.
Dans ce cas précis, la fondation Accenture a soutenu financièrement le projet. Mais pas seulement. Elle a permis à une cinquantaine de consultants de partir sur le terrain pour apporter leur expertise métier. L'opération a remporté un vif succès au sein de la société de conseil en technologies de l'information, avec trois fois plus de candidats que de participants retenus. Concrètement, les heureux élus sont partis, pendant leurs vacances, dans le cadre de missions courtes (de deux à trois semaines) ou plus longues (de six mois à un an). La fondation a financé leur billet d'avion. Sur place, ils ont mené diverses actions : formation des professeurs, études de marché sur le secteur informatique au Cambodge, etc.
Une expérience humaine et professionnelle très enrichissante. Selon Virginie Legrand, les volontaires d'Accenture sont fiers et heureux d'apporter leurs compétences aux jeunes Cambodgiens. « Sur le plan professionnel, ils montrent qu'ils sont capables de s'adapter à un nouvel environnement, même en quinze jours ! Ils ont pris conscience que l'on pouvait mettre l'informatique au service des populations les plus défavorisées. Et cela peut leur donner des idées pour développer plus tard d'autres projets », précise-t-elle.
Un projet fédérateur
De son côté, Salesforce, éditeur de solutions de gestion de la relation client, propose de nombreux programmes humanitaires à ses salariés, qui peuvent faire leur choix en ligne, sur le portail de la fondation. Isabelle Havrechillaud, directrice marketing Europe du Sud, a participé à plusieurs actions. Elle a repeint le bâtiment d'une association de soutien à des enfants malades avec d'autres collaborateurs du groupe. Elle est revenue emballée. « Sur place, il n'y a plus de liens hiérarchiques entre nous. Tout le monde travaille sur le même projet. Et comme nous vivons des moments difficiles au contact de ces enfants, cela crée forcément des liens forts entre nous », explique-t-elle. Finalement, tout le monde est gagnant.
Qui est concerné ?
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Une entreprise sur cinq, soit 18 % des organisations de plus de 200 salariés, font du mécénat. 53 % sont des PME. Des chiffres importants, qui laissent toutefois un fort potentiel de développement. Cette progression du
mécénat est due notamment aux effets de la loi du 1
er
août 2003, qui a clarifié ses mécanismes et offre une réduction d'impôts. Ces mesures incitatives ont, par ailleurs, favorisé la multiplication des fondations
d'entreprises. Sur les 180 existantes, 60 ont vu le jour depuis 2004.
Quelles sont les différentes formes de mécénat ?
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Il existe plusieurs façons de pratiquer le mécénat. Le mécénat financier prédomine (88 % des entreprises). Mais d'autres formes gagnent du terrain : c'est le cas des dons en nature (31 % des entreprises) - matériels,
produits, technologie, prêt de locaux, etc. - et du mécénat de compétences (31 % des entreprises). Ce dernier modèle séduit les sociétés, qui, par ce biais, encouragent leurs salariés à se mobiliser personnellement pour une cause humanitaire ou
culturelle. Cette expérience change (partiellement) la vie des collaborateurs, et parfois même l'image qu'ils ont de leur entreprise.
Quels sont les différents domaines d'intervention ?
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66 % des entreprises mécènes interviennent dans le domaine de la solidarité et 52 % dans la culture. Suivent le sport (22 %), l'environnement (19 %) et la recherche (11 %). De plus en plus, les sociétés
associent des actions relevant de ces différents champs d'intervention.
Source : étude de l'Admical (Association pour le développement du mécénat industriel et commercial), publiée en mars 2006. www.admical.org/
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