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[ DROIT ]
Les webradios en route vers une reconnaissance officielle
Les webradios indépendantes sont sur le point de passer un accord avec les sociétés de producteurs (SCPP, SPPF), sur les droits de diffusion de la musique en ligne.

Philippe Crouzillacq , 01net., le 27/11/2006 à 19h37

Vous ne les connaissez peut-être pas. Elles ont pour nom XStream80, Radio Blagon, Paris One, Bide & Musique, Click'n Rock, La Radio de Sebb... Aucune chance de les croiser sur la bande FM. Mais elles font les beaux jours de nombreux internautes. Longtemps considérées avec méfiance par les professionnels qui craignaient une diffusion sauvage de la musique, les webradios sont en passe d'acquérir la reconnaissance à laquelle elles aspirent depuis des années.

« Nous sommes actuellement en négociations très avancées avec les sociétés de producteurs (SCPP, SPPF)* et nous devrions parvenir à un accord sur les contrats de diffusion de titres de musique », explique Sébastien Petit, président de France Webradios. Cette structure, créée en février 2006, regroupe une quinzaine de webradios indépendantes des grands groupes de médias. A la fin du mois d'octobre, dans la foulée du vote de la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information (DADVSI), la SCPP a contacté les responsables de webradios pour mettre les choses à plat. Pour être en conformité, ces sites doivent en effet rémunérer auteurs et producteurs (via les associations qui les représentent) en contrepartie de la diffusion de leurs oeuvres sur Internet.

Les webradios ont également dû fournir des garanties sur la protection de la musique diffusée, pour éviter toute copie sauvage de la part des internautes. « Il faut bien être conscient que nous ne sommes pas les méchants pirates de la musique en ligne, précise Sébastien Petit. Il y a des règles. Il faut les respecter. »

Concernant les radios diffusant sur Internet, la SCPP aurait concocté trois types de contrats, l'un à destination des webradios commerciales (du type AOL Music ou Europe 2) et les deux autres pour les « petites » et « très petites » webradios, la classification dans l'une ou l'autre catégorie étant fonction de seuils d'auditeurs et de structures de coûts. Au final, une fois que tous les différends seront aplanis, les webradios devraient payer 600 euros hors taxes par an aux producteurs.

Un budget annuel moyen de 3 860 euros

Une fois cet accord en poche, l'association France Webradios devrait se tourner vers les représentants des auteurs, la Sacem, dont le barème de reversement établi il y a plusieurs années paraît aujourd'hui inadapté. « On nous demande de provisionner chaque année mais, depuis la mise en place de ce barème, la Sacem n'a pas été capable de facturer une seule webradio », commente Sébastien Petit. Par la suite, le débat pourrait prendre une tournure plus politique tant certains responsables de webradios réclament aujourd'hui d'être éligibles aux aides du FSER (le Fond de soutien à l'expression radiophonique), jusque-là réservées aux radios hertziennes associatives.

Mais pourquoi tant d'efforts et un tel besoin de reconnaissance ? Peut-être parce que la plupart des webradios ne sont en fait que de (toutes) petites structures qui peinent parfois à faire entendre leur voix. Selon une étude publiée en octobre 2006 et menée par l'association France Webradios auprès de ses membres, le budget annuel moyen d'une webradio se situe aujourd'hui autour de 3 860 euros, pour une diffusion moyenne de 300 titres par jour. Le règlement des droits d'auteur et bientôt des droits voisins représenterait à terme près de 21 % de ce budget.

64 % des webradios réalisent une audience inférieure à 25 000 visites mensuelles. Les 36 % restants se situant au-delà de 50 000 vistes. Mais encore s'agit-il des deux succès notables que sont Fréquence 3 et Bide & Musique. Si le public est limité, il est spécialisé et donc très qualifié. Un profil qui séduit légitimement les labels et les maisons de disques, qui fournissent désormais à huit radios sur dix de la musique en exclusivité (envoi de fichiers MP3, accès à la plate-forme MediaMusicCenter du Snep...).

(*) SCPP : Société civile des producteurs phonographiques ; SPPF : Société civile des producteurs de phonogrammes en France.


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